‹ L'extériorisation de la motricitéChapitre 99 sur 108 · IV. — La lévitation du médium · texte numérisé non relu

IV. — La lévitation du médium

Le médium est fréquemment enlevé en l'air pendant les séances ; mais cela arrive plus souvent à un de mes amis, M. C, sculpteur, qui est aussi médium. Une fois, celui-ci nous dit qu'il était enlevé avec sa chaise. Nous entendions en effet le son de sa voix qui changeait de place. Notez qu'il avait de gros souliers et qu'on n'entendait pas le moindre bruit de pas ; enfin ayant allumé, il se trouva assis sur sa chaise et celle-ci sur le lit. Une autre fois, ayant maladroitement allumé pendant qu'il était lévite sur le tabouret du piano, il tomba lourdement d'une hauteur de 30 à 60 centimètres, si lourdement que le pied du meuble fui cassé. Trois ingénieurs, MM. Labro, Th. et M. en furent témoins.

EXI». DE 00.^AL1) MAC-NAB A l'AlUS, 1688 'Ô'M

Il me semblait important d'avoir des preuves plus palpables de cette Icvilation et voici ce que j'imaginai. J'étendis par terre un carré d'une étoffe très peu solide qu'on appelle andrinople ; c'est une espèce de calicot teint en rouge. Au milieu nous mîmes une chaise et nous fîmes as" seoir M. G. dessus. L'autre médium, M. F., n'était pas là. Nous tînmes chacun un coin de l'étoffe et, comme nous étions cinq, un des coins était tenu par deux personnes. J'éteignis et presqu'aussitùt nous sentîmes lu chaise s'enlever, rester quelque temps en l'air, puis redescendre doucement. L'étoffe n'était pas même tendue et, au moindre effort, elle aurait été déchirée. Celte expérience remplissait M. C. de frayeur. Les personnes présentes étaient M. R., M. C, deux dames et moi.

Je ne crois pas qu'on puisse rien objecter à cette expérience de la lévitation du médium constatée au moyen d'une étoffe tendue sous la chaise. Il était déjà installé sur sa chaise quand nous avons éteint; le soulèvement a eu lieu presqu'immédiatement : nous étions cinq autour de lui et il lui était impossible de descendre puis de remonter sans que nous nous en apercevions.

La lévitation n'est pas ime force nécessairement verticale comme beaucoup de personnes le croient. Par exemple, en présence de M. de Rochas, se produisit le fait suivant que j'observe à presque toutes les séances.

« M. G. était assis à côté de moi contre la fenêtre dans l'obscurité ; tout d'un coup il fut enlevé et posé contre le piano avec sa chaise tout près de M. Gaboriau (1). Cela se

(i) M. Gaboriau dit h ce proijos dans une note. — « M. Mac- Nab ayant allumé brusquement, comme toujours, j'ai vu le médium qui était très essoufflé et en sueur, comme s'il venait de monter un fardeau ; il fut quelque temps à se remettre. Autant que je me le rappelle, il a dû passer par-dessus la table pour venir tomber à côté de moi sur sa chaise. Je me rappelle parfaitement l'air ému et effrayé de M. C. et je suis persuadé qu'il

fit si rapidement que nous entendîmes presque simultanément le bruit que fit la chaise en s'enlevant et celui qu'elle fit en se posant ; et pendant le transport elle avait tourné de 180" car M. C. avait le dos tourné contre le piano, tandis qu'un instant auparavant il l'avait contre la fenêtre.

Dans une séance M. Montorgueil, et dans un autre M. de Rochas passèrent leur main sous les pieds du médium pendant son ascension et purent s'assurer qu'il n'employait aucun des procédés ordinaires de la gymnastique.

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