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SIXIÈME QUESTION

La perception de Teffluve peut-elle être influencée par la suggestion?

Pour rechercher si la suggestion peut influencer la muiilr i <> de voir l'effluve, M. de Rochas a montré à L., à rëuii ilveille, un barreau de fer, et lui a expliqué que ce barnaii. au lieu d'être aimanté comme les autres, qui ont un |hMi' à chaque extrémité, était aimanté de façon à posséder <l<u\ . pôles sur deux faces longitudinales opposées.

Le sujet, amené à l'état ^hypnotique, représente ^uv vv barreau, qui élait en réalité aimanté de la manière ordijin inavec deux pôles aux extrémités, un effluve à chaque exinmité, avec un léger retour le long des faces, comme s jl j

32 l'extériorisation de l\ sensibilité

avait en même temps aimantation partielle dans le sens suggéré. {Fig. 3 de la pi. III.) La suggestion avait donc agi partiellement.

Parmi d'autres tentatives, faites à Tétat de veille ou dans rétat hypnotique, les unes ont réussi, les autres ont échoué. Mais il suffit qu'une seule ait réussi pour que l'existence de la cause d'erreur soit démontrée.

11 est, par conséquent, absolument indispensable de ne rien manifester devant le sujet, en paroles ou en actes, qui puisse l'influencer dans ses descriptions, — et cela quelque soit l'éUt, de veille ou de léthargie apparentes, dans lequel il se trouve. Si on lui demande une description verbale de ce qu'il voit, il faut seulement lui poser la question : « Que voyez-vous ? > S'il dessine et peint, on doit l'abandonner à lui-même dans le plus grand calme. Nous croyons même qu'il est bon de limiter le nombre des personnes présentes aux deux seuls opérateurs, parce qu'un nombre plus grand détermine le plus souvent une agitation préjudiciable à l'expérience, ainsi que nous avons pu le constater plusieurs fois.

septième question

La production et la perception de l'effluve peuventelles s'expliquer par nos connaissances scientifiques actuelles ?

Nous croyofis avoir démontré que l'elifluve est un phénomène réel, perçu réellement par la voie de l'œil comme tout autre phénomène lumineux.

On est ainsi amené à penser que l'effluve doit être, comme toute source lumineuse, le siège de mouvements vibratoires

moléculaires envoyant à l'œil des radiations susceptibles de l'impressionner et de donner la sensation de ]a couleur. Cette surexcitation de Taciivité moléculaire de l'atmosphère en contact avec certaines parties du corps observé serait due à des radiations provenant des mouvements vibratoires moléculaires de ce corps. On conçoit que la forme même de celui-ci puisse déterminer un effet plus considérable dans certaines directions sur les molécules de l'atmosphère ambiante; nous reviendrons plus loin sur celte considération.

Voyons d'abord d'après quelles lois un mouvement vibratoire peut se propager du corps à la portion d'atmosphère qui est le siège de l'effluve, puis de celle-ci à l'œil, et enfm de l'œil au centre de perception.

On sait que les éléments caractéristiques de tout mouvement vibratoire sont : sa forme, son amplitude et le nombre de vibrations par seconde. L'intensité de l'effet produit sur l'œil, ou plutôt sur le centre de perception, est proportionnelle au carré de l'amplitude ; la nature de l'effet produit, c'est-à-dire l'espèce de la couleur perçue, ne dépend que du nombre de vibrations par seconde de l'ébranlement reçu.

De ces principes empruntés à la physique mathématique, nous tirons les conséquences suivantes:

Considérons un groupe moléculaire appartenant à un corps quelconque, solide, liquide ou gazeux ; à un moment donné, les mouvements vibratoires de ces molécules sont définis par une certaine forme, une certaine amplitude, et un certain nombre de vibrations par seconde. Ce groupe reçoit des radiations des corps voisins, et rayonne lui-même. Supposons qu'une radiation additionnelle, provenant de molécules voisines, vienne affecter le groupe considéré. Il

en résulte, dans le mouvement vibratoire existant antérieurement, une modification qui dépend des éléments de cette radiation additionnelle. La force vive mv* du mouvement vibratoire antérieur est augmentée ; comme la masse m des molécules du groupe n'a pas changé, il faut que la vitesse du mouvement augmente.

Or la vitesse d'une vibration ne peut s'accélérer que de deux façons : par augmentation de l'amplitude, ou par augmentation du nombre de vibrations par seconde. L'augmentation de vitesse portant sur deux quantités, l'une d'elles peut rester constante, ou même diminuer^ à la condition que l'autre atteigne une valeur suffisante pour que la force vive s'accroisse dans la proportion voulue.

Il y a donc à distinguer les combinaisons suivantes :

a) Augmentation d'amplitude sans que le nombre de vibrations par seconde soit modifié ;

6) Augmentation plus grande d'amplitude et diminution du nombre des vibrations ;

c) Augmentation d'amplitude et du nombre des vibrations ;

d) Augmentation du nombre des vibrations sans changement de l'amplitude ;

e) Augmentation du nombre des vibrations et diminution de l'amplitude.

Telles sont les modifications qui peuvent se produire dans le groupe moléculaire que nous considérons.

Pour la même raison, la radiation envoyée par ce groupe au corps voisin est modifiée aussi suivant une de ces combinaisons, et ainsi de suite de proche en proche, depuis le corps produisant l'effluve jusqu'au centre de la perception . colorée.

Perception de Veffluve. — On peut expliquer ainsi, en ;

(fojECTIVITÉ DES EFFLUVES 35

particulier, comment il se fait que la nature de la coloration perçue varie suivant le sujet, suivant son état et même suivant les caractères de la radiation que l'œil reçoit. Il ne s'agit pas ici de fixer en quels points du trajet, entre l'œil et le centre de la perception colorée, se produisent ces altérations, ni de chercher une explication de l'augmentation extraordinaire de la sensibilité au point de vue de la perception des effluves sous l'influence de l'hypnose; cette étude appartient au physiologiste. Il nous suffit de montrer que les modifications de la radiation, indiquées par l'expérience, peuvent être considérées comme une conséquence des principes qui régissent la transmissioji de l'énergie.

La sensation de la couleur dépend du nombre de vibrations par seconde de l'ébranlement reçu par le centre de perception, et ce nombre va en augmentant du rouge au violet. Donc à partir du jaune, par exemple, qui correspond à la sensation moyenne, la sensation colorée tendra vers le rouge si le nombre des vibrations est diminué, et vers le violet SI ce nombre est augmenté.

Quant à l'intensité de la sensation colorée, elle est proportionnelle au carré de l'amplitude. Mais cela s'applique à une même couleur; on sait, en effet, que les différentes radiations n'affectent pas le sens visuel et normal de la même façon, et que» dans un même spectre, le maximum a lieu pour le jaune.

Ces considérations montrent comment la manière de voir l'effluve peut varier d'un sujet à un autre, et chez le même sujet suivant son état.

Production de Teffluve. — Dans ce qui précède, nous avons considéré d'une façon absolument générale les molécules des milieux successifs traversés par la radiation, sans chercher îi distinguer les molécules de Téther des molécules

pondérables de ces milieux; le principe de la transmission de rénergie s'applique, en effet, aussi bien aux unes qu'aux autres.

Mais cette distinction devient nécessaire en ce qui concerne la portion de milieux gazeux qui est le siège de Teffluve, si l'on cherche à approfondir la nature de celui-ci.

Nous savons, d'après les travaux de Fresnel, vérifiés par l'expérience de M. Fizeau, sur Tentrainement des ondes lumineuses, que les molécules d'éther d'un milieu gazeux lancé avec la plus grande vitesse qu'on puisse lui imprimer, n'entraînent pas les vibrations lumineuses d'une façon appréciable. Si donc l'observation montre qu'un déplacement de l'air produit une déformation de l'effluve, c'est que les molécules d'éther du milieu où siège l'effluve ne sont pas seules intéressées, et que les molécules pondérables de ce milieu participent au mouvement vibratoire source de la radiation.

Il en est bien ainsi : une agitation de l'air peut déformer l'effluve, qui oscille alors à la manière d'une flamme (1).

Il semble donc que les molécules d'oxygène et d'azote qui constituent l'air, et avec lesquelles le corps est en con-

(1) Nous avons cherché à nous rendre compte de la manière dont se comporteraient les* effluves dans le vide ; mais nous n'avions pas alors à notre disposition Albert L. Le sujet était Mii« Andrée, pour qui Torientation de l'objet effluvant exerce une action prédominante dans la répartition des colorations rouge et bleue ; elles les voit disposées comme les autres sujets quand Tobjet forme un angle de 45<> avec le méridien magnétique ; mais, pour elle, la couleur bleue tend à envahir tout l'objet quand il est placé suivant ce méridien, et c'est la couleur rouge quand il est perpendiculaire an méridien. Reichenbach avait déjà fait des observations analogues.

Voici le relevé dé noire registre d'expériences à la date du 20 janvier 1890 :

L*aimant en fer à cheval est placé sous la cloche d'une machine pneumatique | le plan de ses branches forme un angle de 45* avec le méridien. Les deux flammes s'élèvent au-dessus de Taimant, le

tact, reçoit de celui-ci une surexcitation de mouvement vibratoire, dans certaines directions qui dépendent de la structure, plus ou moins homogène, plus ou moins complexe, et de la forme du corps, ainsi que de la présence de Certains centres de rayonnement d'énergie, comme cela a lieu dans les corps organisés. On peut alors expliquer pourquoi, dans un corps homogène et présentant une forme allongée, les effluves se manifestent avec plus d'intensité aux deux extrémités. Dans celte direction, en effet, l'influence subie par chaque molécule de gaz au contact du corps provient de la somme des influences de la longue série de molécules qui aboutit en ce point; les impulsions élémentaires de toutes ces molécules s'ajoutent en tension et donnent lieu, à la surface du corps, à une résultante qui tend à se propager en ligne droite dans l'air dans le prolongement de l'ébranlement donné par cette série de molécules.

Mais, d'autre part, il peut se faire que la modification communiquée au groupe de molécules d'air formant l'effluve détermine un écartement plus grand de ces molécules, par exemple par suite d'une augmentation de l'amplitude des vibrations ; la densité du groupe diminue alors par rapport

bleu au-dessus du pôle nord et le rouge au dessus du pôle sud, mais elles ne sortent pas de la cloche et semblent se réunir à la partie supérieure dans la boule de verre qui la surmonte. {Fig. 4 de la pi. IV.)

On fait le vide : à la pression de 4«»/™ de mercure, toute la cloche est colorée comme l'aimant, avec une séparation médiane qui est le prolongement de la séparation de l'aimant ; les deux parties colorées du verre semblent soudées l'une à l'autre. {Fig. 5 de la pi. IV.)

En faisant tourner l'ensemble de la machine, on amène l'aimant parallèlement au méridien; tout l'aimant et toute la cloche deviennent bleus (bleu sale, mêlé de rouge).

En amenant l'aimant perpendiculairement au méridien, tout l'aimant et toute la cloche deviennent rouges (rouge sale, mêlé de bleu).

à celle du milieu ambiant non influencé, et Teffluve tend à s'élever verticalement.

La direction de Teffluve peut donc varier entre deux limites extrêmes : le prolongement de la plus grande dimension du corps, supposé homogène, et la verticale. Elle se rapprochera d'autant plus de la première direction que l'impulsion rayonnée par le corps sera plus violente, et d'autant plus de la deuxième que la densité de l'air dans cette région sera plus diminuée.

Effets particuliers, — Il est intéressant de chercher comment on peut expliquer, dans cette théorie, le fait expérimental d'après lequel les deux effluves d'un aimant dépendent, non pas de la nature magnétique de ses deux pôles, mais de la situation de ceux-ci par rapport au sens de propagation du courant ou à l'aimant influençant.

On admet que le magnétisme détermine dans le fer soit des courants particulaires, d'après la théorie d'Ampère, soit des tourbillons, d'après celle de Maxwell, c'est-à-dire, dans l'une ou l'autre hypothèse, un entraînement des atmosphères moléculaires autour de certaines direction ou lignes de force. Le mouvement vibratoire des molécules de fer reçoit ainsi, par le fait de l'aimantation, en même temps une orientation particulière autour de ces lignes de force, et une augmentation de force vive. Celle-ci se traduit d'une des cinq façons indiquées plus haut.

De ces deux éléments : orientation et augmentation de force vive, le premier a pour eflét de déterminer la nature magnétique des pôles d'après le sens de la rotation, tandis que le deuxième agit sur le nombre de vibrations par seconde. Comme c'est ce nombre qui caractérise la coloration de l'effluve, on conçoit que la coloration de l'effluve

d'un pôle d'aimant dépende plutôt du deuxième éléiuenl que du premier.

Il résulte de toutes ces considérations, qui sont *{énérales et s'appliquent à toutes les formes de l'énergif, qu<* la production et la perception de Teffluve ne sont nullrimiii incompatibles avec les principes de la science aciUL'lIr.

Résumé

En résumé, nous croyons avoir établi les points suivriids :

!• L'effluve est un phénomène réel.

^ Sa perception s'effectue par la voie de 4a rétine.

3" L'effluve présente :

a) Certains caractères généraux et coexistants : sa rnirnr qui est celle d'une projection de flamme, et lalocalisaiioinhces projections aux extrémités des corps lorsqu'ils ont imi' forme allongée;

h) Certains caractères variables suivant les sujtMs : ssi longueur, son intensité et sa coloration; ces trois éléiîK ois constituent la caractéristique de chaque individu.

40 L'aimantation détermine des effluves aux extr< riniis d'une pièce de fer en forme de barreau ou de fer à cIk v:il 1 ces effluves sont passagers dans le fer doux et permaunKs dans l'acier; la coloration de chaque pôle dépend du ^i n^ de propagation du courant aimantant; elle est la mmaque celle de l'effluve du pôle aimantant au contact.

5° La caractéristique de chaque sujet est fonction de \('\\\\ de l'hypnose.

6° La suggestion peut altérer dans une certaine mesiii r lu description de l'effluve ; il faut donc employer les plus gnui dis précautions pour se mettre à l'abri de cette cause d'eninir,

7° La production et la perception de l'effluve peuvent s'expliquer par nos connaissances scientifiques actuelles.

Toutefois, nous ne saurions trop le répéter, il faut considérer nos expériences comme des indications que nous nous sommes efforcés de rendre aussi exactes que possible, mais qui sont soumises à des causes d'erreur spéciales et indépendantes de nous.

J'ai déjà dit que tous les sujets ne voyaient pas de même les effluves émis par les mêmes objets. Non seulement ils intervertissent souvent les couleurs, mais ils les indiquent quelquefois comme autrement distribués dans le détail, surtout pour le corps humain ; ce qui semblerait prouver qu'ils ne perçoivent pas tous les mêmes radiations dont plusieurs systèmes polarisés peuvent coexister, un système étant visible pour les uns et un autre pour les autres.

Il était donc nécessaire de ne baser nos conclusions que sur les impressions d'un même individu. Mais ici encore s'est présenté une difficulté : quand nous avons voulu coordonner nos différentes expériences, nous avons reconnu qu'il y avait des points douteux que nous aurions voulu éclaircir, des lacunes que nous aurions désiré combler ; malheureusement le sujet sur qui nous avions fait nos premières expériences n'était plus alors à notre disposition et nous ne pouvions nous servir pour ce complément d'enquête d'un instrument qui n'était point idenlique au premier.

Enfin il y a certains points pour lesquels nous n'avons encore trouvé aucune explication à peu près satisfaisante, telles sont les colorations rouges indiquées par Albert à la base de toutes les colorations bleues, comme on peut le voir dans les planches lithographiées qui reproduisent aussi fidèlement que possible les dessins originaux faits d'après

nature. Nous avons dû prendre le parti de négliger provisoirement ce phénomène, ainsi que le mode anormal de réfraction des effluves (voir p. 65) ; mais nos théories, qui n'expliquent point tous les faits observés, sont par cela même nécessairement inexactes ou au moins incomplètes.

Il résulte de ce que nous venons de dire que les effluves pourraient être uniquement dues aux vibrations constitutionnelles des corps (1) se transmettant à Tair ambiant ; mais je crois qu'il faut aller plus loin et admettre qu'il y a en outre émission par entraînement d'un certain nombre de particules se détachant des corps eux-mêmes.

Les expériences de M. Raoul Pictet ont en effet démontré qu'aux plus basses températures, les métaux émettent encore des vapeurs formant autour d'eux une sorte d'atmosphère.

(1) L*étade des isomères a conduit les chimistes à préciser le mode d'action du corps sur nos sens, en montrant par exemple que les quatre essences de térébenthine, de fleur d'oranger, de citron et de poivre, dont les noms suffisent à indiquer les actions physiologiques différentes, avaient une composition chimique identique : C^o H '6.

'( Ce n'est donc point, dit M. A. Gautier, la matière même, entant que substance, qui agit sur nos sens et nous influence, mais bien plutôt la forme, la structure de cette matière, ou mieux encore la nature du mouvement qui dérive de cette forme. En un mot, c'est le dispositif des masses ou des atomes qui vibrent dans cette matière et qui nous en transmet les impressions La puissance et le

mode d'action qu'exerce sur nous telle ou telle matière ne résident donc pas seulement dans la quantité de forces vives, mais aussi dans le mode vibratoire que cette matière transmet à nos organes. La force vive est liée à la nature spécifique de chacun des atomes de cette matière, mais le mode vibratoire est à la fois fonction dfts poids atomiques et de la structure moléculaire qui relie intimement ces atomes. » {Revue scientifique du 3 janvier 1885.)

Uii illustre savant du xvii® siècle, Sanctorius, a établi d'une façon indiscutable, par des observations sur lui-même prolongées pendant une longue série d'années (1), l'importance énorme de la transpiration insensible dans les corps vivants.

Voici quelques-uns des résultats qu'il a formulés en aphorismes :

Section I

Aph. III. — Celui qui entend bien jusqu'où va la transpiration insensible, quand il la faut exciter et lorsqu'il faut réparer ce qu'elle a retranché en trop du corps, est seul capable de travailler à conserver ou à réparer la santé des hommes.

Aph. IV. — Le poids de ce qui s'exhale du corps d'un homme par la transpiration insensible surpasse ce qui en sort par les évacuations sensibles.

Aph. VI. — Du poids de huit livres de nourriture que

(l) Sanctorius professa la médecine d'abord à Padoue» puis à Venise. Physicien distingué, mécanicien ingénieux, il inventa pour ses recherches un certain nombre d'appareils dont le plus connu est la balance qui porte son nom et qui est aujourd'hui conservée au cabinet de physique de l'Ecole polytechnique, à qui elle fut envoyée par le général Bonaparte pendant la campagne de 1798 en Italie. C'est dans cette balance que Sanctorius se pesait plusieurs fois par jour pour se rendre compte des variations de son poids sous l'influence du rayonnement cutané.

Boyle, qui appelait le livre de Sanctorius un petit livre tout cCor, déclare qu'il a eu la curiosité de vérifier sur lui-même ces expériences et il ajoute : « Mes observations jointes à celles d'un grand prince très curieux, qui avait une machine de statique (une balance) pour faire ses remarques sur la quantité de cette transpiration continuelle, lesquelles il avait la bonté de me communiquer, me font croire que Sanctorius n'a rien avancé que de très certain, comme chacun peut le vérifier, pourvu que l'on ait égard à la différence du climat qui peut faire varier les observations, car Sanctorius a écrit en Italie où la transpiration est plus abondante qu'en Angleterre où j'ai fait mes expériences. »

l'on prendra en un jour, il s* en perd bien cinq livres par la transpiration insensible,

Aph. XXI. — En hiver, il se transpirera d'un homme bien sain plus de oO onces de matière subtile dans Tespace de vingt-quatre heures.

Aph. XXIX. — Dans une nuit où Ton aura dormi bien tranquillement, il se fera une transpiration de plus de 40 onces.

Section II

Aph. XXIII. — En été on pèse trois livres de moms qu'en hiver.

Aph. XLI. — Depuis l'équinoxe d'automne jusqu'au solstice d'hiver, on transpire par jour une livre de moins que de coutume ; et au delà jusqu'à l'équinoxe du printemps, la transpiration devient toujours plus facile et plus abondante.

Section III

Aph. VIII. — La chair de mouton se digère aisément ; elle est vaporeuse, et dans l'espace d'une nuit, il s'en transpirera au moins 5 onces de plus que d'une autre viande.

Section IV

Aph. V. — Un sommeil inquiet dimmue de plus de 5 onces la transpiration.

Aph. XX. — Un homme qui dort transpirera en sept heures quelquefois 40 onces, et un homme qui veille, 20 onces.

Enfin les lois relatives à réchauffement des fils traversés par le courant électrique sont inconciliables avec Thypo-

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44 l'extériorisation de la sensirilité

thèse d'un simple mouvement vibratoire des conducteurs, de sorte qu'on est forcé de regarder le courant comme un véritable flux de matière dans le fil conducteur. Ce flux n'est pas uniquement composé de matière impondérable, il entraîne avec lui des molécules de matière pesante.

D'un autre côté, dit le D*" Fugairon (1) les actions chimiques doivent toujours être précédées d'une raréfaction, d'un mouvement, d'un expansion de la matière ; une certaine raréfaction de celle-ci est une préparation indispensable aux actions chimiques pour tous les corps. La diffusion ou la sublimation de la matière est facilitée par l'action chimique, cette dernière écartant, supprimant les parties dont la présence continue arrêterait la diff'usion des molécules en formant autour d'elles une espèce d'atmosphère qui empêcherait la désagrégation des molécules restantes.

« Or, dans les corps vivants, les combinaisons et les décompositions chimiques étant incessantes, la diffusion des molécules organiques doit y être très grande et le flux électrique doit transporter avec lui. une bien plus forte proportion de matière pondérable que dans les corps bruts. « On peut donc être certain que le courant électrique qui circule dans les nerfs est composé, en outre du fluide impondérable, d'une certaine quantité de matière organique portée à un haut degré d'atténuation. »

Les émissions de corpuscules ne peuvent avoir lieu que par les pores de la peau, et la photographie ci-jointe (fig. 1), que nous devons à l'obligeance de M. Norkiévics-Iodko, en fait sauter aux yeux le mécanisme.

On obtient ce genre d'empreintes delà manière suivante :

(Ij Essai sur les Phénomènes électriques des corps vivants ; Paris, Chamuel, 1894, p. 59.

Dans une chambre, on installe une bobine de RumkorH actionnée par une pile suffisamment puissante. L'un de ses

Fig. 1. — Pholographie des ellluves du doigt d'un individu en communication avec une bobine Rtiumiiorff.

fils est laissé en communication avec Tair ambiant; l'autre, beaucoup plus long, se termine par une éprouvette en verre dans laquelle son extrémité est scellée. Une personne placée dans une chambre voisine complètement obscure prend dans une de ses mains cette éprouvette et approche un doigt de Tautre main d'une plaque photographique que lui présente, du côté collodionné, une seconde personne sans communication directe avec la pile ; quand le doigt est suffisamment rapproché de la plaque, il s'en dégage un

l'extékïobisation m la sensibilité

flux éleutriqaB quî s'inscrit de lui-mome sur la pellicule sensible et quî ressemble tout à Ml aux effluves que les sensilifs voient se dégager des doigts d'un iodividu à l'état normal .

Les savants du xvu" siècle avaient pressenti rémission

de ces corpuscules, et on verra, par la suite de cet ouvrage, qu'ils en avaient fait la base de leur explicatiou de Tex tenon s ati on de la sensibilité. Quelques rêveurs étaient allés plus loin et avaient osé concevoir que ces corpuscules pourraient bien jouir d'une vie propre» hypothèse vers laquelle tend la science moderne [Noie D, La vie des alomes et les rêveries scientifiques) et quî expliquerait mieux encoi'e les phénomènes que nous allons exposer.

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