‹ L'Extériorisation de la sensibilité étude expérimentale et historique: étudeChapitre 2 sur 26 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Avant d'aborder Texposé des phénomènes extraordinaires qui font Tobjet de ce livre, je ne crois point inutile d'appeler l'attention du lecteur sur la nécessité de se dégager d'abord de tout préjugé scientifique.

Puisque l'expérience nous montre chaque génération répudiant les théories des générations qui l'ont précédée, nous devons supposer que les théories admises aujourd'hui subiront le même sort et nous rappeler ce judicieux conseil de sir John Herschell : « Le parfait observateur, dans quelque branche que ce soit de la science, aura toujours les yeux ouverts pour ainsi dire sur ceci, que l'on peut se trouver à l'improviste en face de telle occurrence qui, selon les idées reçues, ne doit pas se présenter et que ce sont ces faits qui servent de clefs aux nouvelles découvertes. »

C'est là une opinion qui a été exprimée bien souvent et qui cependant a bien de la peine à entrer

VI l'extériorisation de la sensibilité

dans Tesprit des masses ; si Pascal, dans sa Préface sur le traité du vide, croyait devoir y recourir (voir la note A de l'appendice) pour faire excuser la hardiesse de ses propositions relatives à la pesanteur de Tair qu'on pouvait très aisément vérifier, combien bien plus en avons-nous besoin lorsqu'il s'agit de phénomènes rares et fugitifs, difficiles à reproduire, et de la réalité desquels on a, en général, pour garant, non pas le témoignage de ses propres sens, mais seulement celui de personnes étrangères dont on est tenté de suspecter les affirmations, surtout quand on y voit un péril pour ses croyances philosophiques ou religieuses? Or c'est vers la solution des problèmes si troublants de l'existence de l'âme et de la nature de ses rapports avec le corps qne tentdent les études dont je n'expose aujourd'hui que le début. •

Jusqu'ici les philosophes ont envisagé la question du côté métaphysique ; j'essaie de l'aborder par la méthode expérimentale et de fournir ainsi le genre de preuves auxquelles notre éducation nous a particulièrement rendus sensibles. Cette méthode nous a du reste, depuis quelques années, ouvert des horizons à peine entrevus par nos prédécesseurs sur la possibilité de substituer une volonté étrangère à la personnalité propre du sujet, en s'emparant, par certains procédés, de l'agent qui sert d'intermédiaire entre son esprit et sa chair.

Dans ce livre, quand j'ai rapporté mes propres ex-

Page 1