TROISIÈME QUESTION
Comment les différents sujets décrivent-ils l'effluve 7
Dans les descriptions de Teffluve faites par différents sujets, il faut distinguer certains caractères communs et généraux, qui sont absolument constants ; et d'autres qui, variables suivant les individus, peuvent servir à définir la façon de voir dé chacun de ceux-ci.
a) Caractères constants, — Tous les sujets décrivent TefOuve comme une flamme sortant du corps soit par toute sa surface s'il présente une forme arrondie, soit par ses deux extrémités s'il a une forme allongée.
Dans ce dernier cas, chaque sujet attribue aux deux effluves deux colorations distinctes.
Cette flamme se comporte de deux façons, qui sont constantes pour tous les individus. Pour certains corps, comme les aimants puissants, qu'ils soient en forme de barreau droit ou de fer à cheval, elle sort dans le prolongement des branches, celles-ci étant horizontales ou verticales ou dans une position quelconque. L'effluve des doigts est aussi toujours dans le prolongement de ceux-ci. Pour d'autres corps, l'effluve est vertical ; son intensité est alors aussi beaucoup plus faible.
On peut encore obtenir un effet intermédiaire, provenant de la combinaison de ces deux-là, ce qui a lieu pour des effluves d'intensité moyenne.
6) Caractères variables. — La longueur et l'intensité de l'effluve varient suivant les sujets ; ces deux qualités dépen*
dent de la sensiUiite de l'individu et peuvent servir à la dé- . finir.
La coloratton de Teffluve est variable aussi ; on conçoit qu'elle doit être fonction de la perturbation apportée par rétathyjmotiqùe dans le centre de la perception visuelle et dans les organes intermédiaires qui transmettent de l'œil à ce centre Timpressioniumineuse ; cette perturbation dépend du tempérament de l'individu. Mais, lorsque nous disons que la coloration est variable d'un sujet à un autre, cela ne signifie pas que cette variation s'étend indifféremment sur toutes les couleurs du spectre. La plupart des sujets perçoivent surtout le bleu et le rouge, plus ou moins purs, et peu ou pas les couleurs intermédiaires ; îls voient le plus souvent, dans les corps allongés, un effluve bleu à l'une des extrémités et un effluve rouge à l'autre extrémité. Pour d'autres sujets, mais beaucoup moins nombreux, le rouge est remplacé par le jaune ou par le vert, et le bleu parle violet.
11 faut bien remarquer que ces trois éléments : longueur, intensité et coloration d'un effluve déterminé varient aussi chez un même sujet dans certaines limites, d'après son tempérament^ et d'après l'état hypnotique où il est amené.
Cette impression caractéristique personnelle de chaque sujet pourra être établie : 1° pour la longueur et l'intensité de l'effluve, au moyen d'un effluve constant servant d'étalon, comme celui d'un aimant déterminé; 2® pour la nature des colorations, au mojen du spectroscope, qui permet d'analyser une radiation composée et de déterminer la longueur d'onde de chaque radiation simple d'après l'endroit du champ où elle apparaît.
Gomme exemple, nous allons indiquer la caractéristique du sujet L., amené à l'état ordinaire d'hypnose dans lequel il a servi à nos expériences.
Il attribue à chacun des deux effluves du gros aimant dont nous avons parlé une longueur de 20 à 30 centimètres ; c^est une sensibilité très modérée, car d'autres sujets voient ces deux effluves se projeter jusqu'à 4 et 5 mètres.
Dans certaines conditions, il voit à leur place normale les couleurs du spectre (lampe à gaz), par projection sur un écran ou par vision directe dans le spectroscope. Le bleu et le rouge prennent pour lui plus d'importance que pour nous, et il voit plus loin que nous dans Tinfra-rouge et Tultra-violct.
Mais il arrive souvent aussi qu'il inverse les couleurs du spectre, c'est-à-dire qu'il voit en rouge le bleu et le violet, et en bleu l'orangé et le rouge, le jaune restant sans modification sensible.
Nous nous sommes assurés d'ailleurs que ce phénomène ne tient pas à un renversement de l'image du corps, en faisant dessiner à L., au moment où il inverse ces colorations, des objets de formes très dissymétriques. L'inversion porte uniquement sur la coloration.
De même, dans certains cas, il attribue: 1** une coloration bleue au pôle nord du gros aimant, au pôle positif de la machine électrique, à la portion de fil reliée au pôle positif d'une pile dans un circuit fermé, etc. ; 2° une coloration rouge aux pôles opposés, etc.
Ou bien il inverse ces colorations, le bleu précédent étant changé en rouge, et le rouge en bleu.
Mais il existe des impressions lumineuses pour lesquelles l'inversion ne se produit pas dans l'état ordinaire d'hypnose, qui nous occupe seul en ce moment ; ce sont celles qui proviennent des couleurs d'aquarelle dont L. se sert pour peindre les représentations des effluves. Cette exception est très remarquable ; car on voit ainsi L., à un moment
OÙ il inverse, peindre dans Tordre inverse des couleurs, comme il le perçoit, le spectre qui est projeté devant lui sur un écran.