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CHAPITRE PREMIER

DE L'OBJECTIVITÉ DES EFFLUVES PERÇUS SOL'S FORME DE LUMIÈRE DANS L'ÉTAT HYPNOTIQUE

De tout temps on a signalé Texistence d'eflliives lumineux se itcgageant de certaines personnes exceptionnellement (louées ; l'abbé Ilibet en rapporte un grand nombre do cas dans sa Mystii/ue dioine (t. Il, cli. sxix), et l'imagerie religieuse en a consacré la tradition avec l'auréole des saints et les rayons qui s'ùchappent des doigts de la Vierge ou du front de Moïse.

Lors des premières observations relatives au magnétisme animal, on reinan|ua que la plupart des somnambules, doués d'une hyperesthésie sensorielle générale pftr rapport & leur magnétiseur {!], constataient chez lui un phénomène analogue, invisible pour les autres i>ersonncs.

La plupart des somnambules voient, dit Delcuse (2), un fluide lumineux et brillant environner leur magnétiseur et sortir avec

(1) Voir U note II {Rapport de U. JusHeu tur le magnétisme animait.

(2) Histoire du magnétitme animal, 1813. p. 84.

2 L'EXTËHIORISATIOn DB LA SE?iSlB[LlTJ^

plu3 de force de sa l^te el de ses mains ; ils reconnaisscnl que rhoninie peut le produire à volonté, le diriger, et en imprégner diverses subslances. Plusieurs le voient non-seulement pendant qu'ils sont eu somnamliulisme, mais encore quelques minules après qu'on les a réveillés ; il a pour eus un goût qui est (rès agréable, et il communique un goût piuticulter £i l'eau et uu<c aliments. Quelques personnes aperçoivent ce fluide lorsqu'on les magnétise, quoiqu'elles ne soient point en somnambulisme ; j'en ai même rencontré qui le voient en magnétisant, mais ces cas sont eitrémement rares.

Vers le inilicu de ce siècle, le D' Despine à Aix-les-Bains et le D' Charpignon à Orléans confirment les obser\'ations précétlentes et établissent en outre par de nombreuses expériences que certains somnambules pouvaient percevoir, comme un brouillard plus ou moins lumineux, non seulement les radiations, obscures pour nous, de l'électricité statique ou dynamique, mais encore les effluves qui s'échfi|ipaientde quelques corps et notamment des aimants, de l'or, de l'argent.

A peu près à la môme époque, un savant chimiste autrichien, le baron Reichenbach, découvrait que l'état sonmambulique n'était pas nécessaire pour déterminer la perception des sensations lumineuses dont je viens de iiarler, et il reconnut que, pour certaines personnes, elles se produisaient après un séjour de plusieurs heures dans une proionde obscurité.

Doué d'un esprit scientUique remarquable et d'une ténacité rare, jouissant en outre d'une très belle fortune, il n'épargna ni le temps ni l'argent pour utiliser le nouveau procédé d'investigation dontil était l'inventeur ; il publia le résultat de ses rcclierches dans plusieurs livres, malheureusement trop peu connus en France, dont j'ai donné

OBJECnVITÉ DES BPFLUVBE 3

an ^lerçu sommaire dans une publication récente (1).

(1) Le fluide des magnétiseurs. Précis des expériences du liaroii de Reichenbach sur ses propriétés physiques et pliysiologiquea. — Paris. Carré, 1891.

Cbi trouvera daus la note C le rapport fmt eu 1846 par Serzéliua A rAcadémie des Seieuces de Stockholiu, sur quelques -unes des expérieur«B de lleicLenbach.

L'action physiologique de l'aimant a été récemment GonEta(«e du nouveau & Kew-York par M. W. Hunond [Annalei de pat/chiatrie et d:hypnologie ; Dovemhre 1894). Yoioi une des expériencea rapportées par cet observateur :

B Un monsieur âgé de trente ans et d'une nature nullement impressionnable, découvrit son braa droit, â ma requête, relevant lu manche de sa cbemise jusqu'à l'épaule, et l'étendit de loute ea lon- ^eur sur une table. Je pris alors un mouchoir et lui bandai étroitement les yeux, lui exprimant le désir qu'il voulilt bien me diri: quelles aensalions il éprouverait nu cours de l'excérience. L'iiyant ainsi induit â concentrer sou attention sur cette partie de sa personne, je liuE un [ort aimant, en forme de fer à cheval, en contact presque immédiat au-dessus de sa nuque et h. environ un pouce d'intervalle avec la peau.

• Au bout ds 32 secondes à ma montre, il dit ; Je ne sens rien du tout au bras, mais ] éprouve une étrange sensation d'enpooidis sèment derrièrele cou. — Dix secondes après, il s'écriait : 11 semble maintenant que vous me promenez un verre ardent derrière le cou J'enlevai l'aimant et lui demandai .s'il ne sentait rien au bras. — Kon, répliqua-t il, je ne crois pas.

« Tandis qu'il parlait, j'amenai vivement l'aimant au-dessus du 8a tète, et en même temps je lui frappai le bras avec un cou|)epapier. — Je sens, dit-il, que vous me Irappez avec quelque chose, mais l'engourdiEsement que je sentais au cou a disparu et se trouve être maintenant juste au-dessus de ma tète,

» J'éloignai alors l'aimant et je le fis mouvoir au-Uessus du bras <le l'épaule an bout des doif^ts, à la distance d'un pouce ou à peu prés de la surface de la peau. Après deux ou trois passesde lasortc, 11 dit : Maintenant je sens quelque chose au bras ; j'éprou\~c UJie sensation telle que si vous me piquiez le bras avec des épingle», quoique cela ne me blesse nullement. Maintenant, il me semble que le verre ardent me brûle légèrement tout le long du bras.

" D'autres modifications de l'expérience furent faites, toujours avec un résultat semblable. Il était évident que l'aimant produisait des sensations irritantes sur les parties du corps où sa proximité n'était pas soupçonnée. >

Les observations relatives h l'action curalive des aimants sur cert^nes personnes se comptent par milliers depuis deux siècles et ne laissent aucun doute sur la réalité des elOuves qu'ils émettent.

Je me bornerai ii citer ici quelques cxtrails de l'un d'eux (1) où il expose les phénomènes dout j'ai repris l'étude sous une autre îorme.

(londujsez un sensilif dons l'obscurilô, prenez avec vous uu cliut, un oiseau, un papillon, si vous pouvez vous en procurer ua el piusieurs pots de fleurs. Après quelques heures d'obscurilé vous l'entendreï dire des choses curieuses : les fleurs sortiront de l'obscurité et deviendront perceptibles ; d'abord elles sortiront ilu noir de l'obscurité générale sous la forme d'un nuage gris isolé ; plus tord il se formera des points plus eltùrs; à la fin l'haifue fleur deviendra distincte, et les formes apparaJtront de plus en plus nettement. Un jour je posai un de ces vases devant M. Endlicher, professeur distingué de botanique, qui était un sensitif moyen ; il s'écria avec un étonnementmélé de frayeur : u C'est une fleur bleue, c'est une gloxinie. h C'était effectivement une Glovinia speciosa, var. i-.n-rulf.a, qu'il avait vue dans i'oliscorité nlisolue et qu'il avait reconnue par la forme et la couleur.

Mais sans la lumière, on ne peut rien voir dans l'obscurité ; il a fallu la présence de la lumière pour apercevoir la plante avec une telle évidence qu'on a non seulement pu reconnaitre la forme, mais encore la couleur. D'où arrivait cette lumière ? Elle sortait de la plante elle-même qu'elle éclairait : germes, anthères, pistils, corolles, tiges, tout apparaissait finement illuminé ; ou pouvait même apercevoir les feuilles, quoique plus sombres. Tout paraissait comme dans une douce incandescence : les parties génitales étaient les plus brillantes, puis la tige et enfin les feuilles.

Votre papillon, votre chat, votre oiseau, tous apparaîtront demême dans l'obscurité, certaines parties de ces animaux deviendront lumineuses. Bientôt le sensttif déclarera qu'il vous voit vous-même... Fixez son attention sur les mains; d'abord elles auront une faible ressemblance avec une fumée grise, ensuite elles ressembleront àuncsilbouette sur un iondfaiblemeut éclairé,

.(/) Lettres odigats et tnagnétiquet. Stuttgart!. I85G.

ITÉ DHS EFFLUVES 5

enfin les doigts paraîtront avec Icar [ii'opi'e lumière; il verra ù chaque doigl un prolongement luisant, gui pourra parfois paroilrc aussi long que le tioigt lui-nulme. Lorsque le premier étonnement relatif àla facuité lumineuse de tous les hommes, restée inconnue jusqu'ici, sera passé et que vous voudrez, diriger l'attention de votre sensitif sur le détail de ces lueurs, vous lui entendrex peul-étre dire avec une nouvelle surprise que les couleurs dans les différentes parties du corps ne sont pas semblables ; que les mains droites luisent d'un feu bleuiitre, pendant que les mains gaucbes apparaissent jaune rouge et que par suite les premières semblent plus somLres que les secondes ; que la mi'mc différence existe pour les deux pieds ; que môme tout le càté droit de votre figure et mûme du corps entier est bleuâtre et plus sombre que le gauciie qui est jaune rougeâtre et parait sensiblement plus clair qne l'autre. {Leilre ti.)

Je fis mon premier essai sur les aimants avec M"" Nowstuy à Vienne en a\ril lïit et ji le répétai ensuite [wr centame-- de fois avec <l autres scnsitifs dons la chambre obscure — De chaque bout du barreau aimante se dégage une flamme lumineuse, ardente l imante et jetant des étincelles bleue au ixMi nord, jaune loufre an pôle sud — Si aous posei le barreau ver tlcalement le pôle bud en haut le sensitif vous dira que lu flamme grandit. Si l'aimant est d'une force suffisante, la flamme s'élèvera jusqu'au plafond et y produira un cercle lumineux de i, 2, jusqu'à 3 pieds de diamètre, si clair que le sujet, s'il est assez sensible, pourra vous décrire les détails du plafond.. Hais, je vous en préviens, ne négligez aucune des précautions que je vous ai indiquées pour obtenir une obscurité absolue ef prépare^! les yeux de votre sensitif pendant des heures entières ; sans celu il lie verrait rien, vous travailleriez inulitement, et l'exactitude de mes affirmations courrait le ris((ue d'une suspicion imméritée. {LHtre i.)

Les expériences de Reiclieiibach furent répétées, i l'aide des mêmes procédés, par un magnétiseur de profession, M. Durville, qui les précisa par des observations nouvelles dont il a douué le résultat daus un ouvrage de propagande in--

6 l'extéhioîiisatio:* de l\ sensibilité

titille: Traité expériynental et thérapeutique il u m ([»|t. 99 à liîi; Paris, 188fi}; il enseigne, comme le sa\'aiit autrichien, ((ue le cùté droit du corps humain est bleu dans son ensemble et le côté gauche jaune, avec des effluves de couleurs correspondantes lancés par les or^neït des sens (yeux, oreilles, narines, etc.).

Quelque temps après, je fus amené par mes études sur les états profonds de l'Iiypnose à reconnaitre que :

1° La facilité de vision attribuée par les premiers magnétiseurs aux soranaaibulesn'apiKuratssait engénéral que dans l'état que j'ai appelé l'état de rapport et disparaissait quand le sommeil s'approfondissait ;

2° Chez des sujets très sensibles, on pont déterminer l'état de iBpport d'un membre quelconque, et en particulier des yeux, en agissant magnétiquement sur les organes pendant que le reste du corps reste à l'état naturel ;

3" Dans ces conditions, certains sujets acquièrent une hyperexciial>ilité momentanée tic la vue qui leur pennet do voir en pleine lumière les effluves, objet de celle étude.

Je rencontrai dans le service du D'" Luys, à la Charité, un sujet nommé Albert \i. , qui jouissait â un haut degré do celi«demiêrefaculléetqui, de plus, était dessinateur de professiiHi, de sorte que, grâce à robllgeancc du D' Luys à qui je l'évélai cette singulière propriété, nous lûmes l'un et l'autre en possession d'un iustrument de travaU de beaucoup supérieur à celui dont se servaient nos prédécesseurs, puisque, au heu d'être obligés de nous en rapporter comme eux à des descriptions plus ou moins vagues, nous pouvions (ditenir des dessins et même des peinture auxquels le sujet avait lu facihté li'apporter toute la précision désirable, moyennant la simple précaution de remettre de tempe en tamps ses yeux a l'état convenable, état dans lequel M. Luys

a iajt constater, au moyen de l'optitalmoscope, que Le fond de tœil présente un phénomène d'èréthisme vasculaire extraphtfsio logique (1) et que les vaisseaux sanguins y ont presque triplé de volume.

Les quatre planches coloriées qu'on trouvera à la tin de ce chapitre reproduisent quelques-uns de ces dessins ; nous les avons donnés aussi exactement que possible pour leur conserver leur caractère document^re dans des ctudes oii tout est encore loin d'être expliqué.

D'après les observations de M. Luys laites à l'aide d'Albert L., le côté droit du corps humain présente, en général (i), une coloration bleue. Les yeux, les oreilles, les narines, les lèvres dégagent des irradiations de mâme couleurs, et cas irradiations sont d'autant plus intenses que le sujet est plus vigoureux. Le côté gauche dégage des effluves rouges par les organes des sens, et leur intensité varie pareillement avec l'état du sujet.

Poussant ses expérienr-es dans la voie de ses occupations professionnelles, le D' Luys obsrava que, chez les sujets hystériques masculins et féminins, la coloration des effluves du cùlé droit devient violette et que, dans les cas où il y a

(1) Comptes rendus de la Société de biologie; séance du 17 juin 1893,

(2) On verra, pnr ta suite de cette étnde, que les si^ets inversent souvent les colora tione qu'ils attribuent aux eftlovcs; mais alors ils les inveivent loates de la même Diaaière, quelle qoe soit leur origine.

C'est aiiuî que. dans la ligure 1 de la planche II, le côté droit est indiqué ronge et le côtii RaucLie bleu ; mais alors le sujet inverse également les eouleui-» qu'il attribue anx pôles d'un aimant; il voit rouge le pâle nord et bleu le pôle sud.

De lit viennent les contradictions et les discordances qu'on a relevées dans les affirmations des dittérenla aaleare et même dans celtes du mJme observateur. M. Luys. pai exemple, attribue aux effluves du pôle nord, tantôt la coloration bleue (.innales de jjsychiairie, juillet 1853,., tantùt la coloration rouge (mêmes Annalei, Miobre 1863).

8 l'extériorisation de la seksibilitk

paralysie par- disparition de l'activité nerveuse, les colorations lumineuses de la ijcan sont parseini'es de points noirs. Il conslala également que les effluves oculaires subsistent pendant quelques heures après la mort, et que, si l'on ouvre le cn\ne d'un animal vivant, le lobe droit du cerveau paraît d'un beau bleu et le lobe s^iiiche d'un beau rouge, jusqu'à ce que la vie disparaisse complètement, ce qui montre qu'Q n y a pas entre-croisement iKiur ce genre d'action de l'encéphale comme pour ses actions motrices et sensitives.

Quand l'oreille est dure, c'est-à-dire quand la personne observée est plus ou moins sourde, la radiation lumineuse de loreille diminue considérablement. Un poisson vivant hors de l'eau émet des radiations analogues à celles des autres animaux ; mais quand il est dans l'eau, les radiations deviennent invisibles, probablement parce qu'elles se dissolvent. Des effluves bleus se dégagent égulement du pôle nord d'un aimant et du pôle positif d'une pile, tandis que les paies négatifs d'un aimant et d'une pile donnent des effluves rouges; les bobines d'induction se couvrent d'une hieur jaune quand elles sont fraversées par un courant.

Toutes ces observations ont besoin d'être vérifiées bien des lois avant qu'on puisse les admettre sans réserves, d'autant plus que j'ai reconnu, par des expériences poursuivies méthodiquement depuis plus de quinze ans avec de nombreux sujets, que les descriptions que ces sujets donnaient des colorations n'étaient pas toujours concordantes, le même sujet variant même quelquefois dans ses affirmalions d'un moments l'autre, soit sons l'influence d'une modification de son état hypnotique, soit même sous celle d'une orientation différente de l'objet qui émet les effluves {!).

(1) Je viens de recevoir (8 juin 1397) le procès-veTbal d'une

Cd qui est constant, Od qu'on doit conaidàrer comme prouvé au même titre que tel ou tel fait historique dont nous n'avons pu être témoin nousmème, c'est l'existence d'une sensation lumineuse perçue par un grand nombre de personnes dans les conditions que nous avons indiquées.

■ Celte sensation est-ollc purement subjective, c'est-à-dire le simple résultat de rimagiiiation du sensilif ^ ou est-^le objective, c'est-à-dire l'action d'une cause matérielle externe? et, dans celte dernière hypothèse, quelle peut être cette

série de Béancea tenues boub la direction de M. le capitaine de L. ETvec un jeune homme de 21 ans, d'apparence robuste, d'inlelligeaco vive, qui est devenu depuis quelque temps un médium voyitnt, écrivain et à incHmation.

Voici comment on me le décrit:

< Sa couleur prélérée est le bleu ; il déteste le iauue, et le vert lui cause une impression désagréable qu'il ne peu) délinir. U ressent l'influence de l'orientaUon et se contracture lacilemeut quand on se pl€ice près de lui en position isonô'me.

« Il voit les efUuvesd'une personne étrangère sous l'apparence d'une lueur d'autant plus vive que la personne s'approche plus de lui- Çette Ineur, bleue à droite et jaune-orangé b gauche, enveloppe le corps entier et ne loi paraît pas définie comme contour. Elle est plus vive aux yeux et aux mains. Quand un magnétiseur concentre sa volonté dans son regard, l'effluve qui s'écliappe des yeux n'est pas plus long, mais il est plus brillant, comme si le fait de vouloir e accélération dans le mouvement moléculaire de l'et-

« Ces mouvements moléculaires sont visibles pour le Bujet. — Ce sont, dit-il, des molécules qui tournent très vite autour d'ellesmêmes et les unes autour des autres. — 11 prétend que les mouvements varient eu direction et en intensité suivant le caractère et l'état d'flme de la personne.

1 Si deux personnes se placent l'une devant l'autre se fusant lace, le sujet dit que les effluves ne se mélangent pas et qu'il distingue parfaitement le bleu derrière le jaune-orangé et réciproquemeot....

Les esprits évoqués lui apparaissent entourés d'une lueur analogue aux effluves odiques mais d'une très faible inleusilé Cliez les médiums U volt les lueurs renforcées à la partie supérieure du corps et allant en se dégradant jusqu'à disparaître dans la partie inférieure. >

10 L'EXTËBIORISATlOn OB LA

cause ^ Tels sont les termes du problème que je me suis proposé de résouiirc en employant les ressources que fournissent les connaissances physiques actuelles et les précautions qu'exigent des reelierchcs aussi délicates.

J'ai eu la bonne fortime de pouvoir m'associer comme tûUaborati'ur un pliysicicn distingué, M. C. ; il a bien voulu rédiger lui-même le compte rendu de nos travaux, mus, occupant comme moi une i>osition officielle, il préfère ne [las être nommé pour éviter les appréciations malveillantes de ceux qui sont complètement étrangers au genre de r&- (dierches qui nous occupe.

Dans ce compte rendu on a évité de taire des rapprochements avec ce nm avait été trouvé iMir d'autres expérimenlatours ; M. C. ignorait du reste tout à fait rinstorique de la question, et nous avions convenu que je n'y ferais aucune allusion pour éviter d'influencer sa manière d'opérer ; quand il parle de ce que voient les sujets, il ne r'agit c[ue de ceux sur lesquels nous avons opéré ensemble.

C'est au lecteur à comparer nos résultats avec ceux qtû out été décrits en détail dans les ouvrages que j'ai cités plni haut.

Le problème tel qu'il vient d'être posé demande une solution nette pour les sept questions suivantes :

Première question. —Y a-tril perception d'un phénomène réel, ou bien la description faite par le sujet est-elle

OBIBCTIVITÉ DBS EFFLUVES It

due a sa mauvaise En oti à tm travail de son imagiDation f S'il u'y a là que tromperie ou hidluciDation, la came s» trouve immédiatement jugée, et il n'y a pas besoin d'aller plus loin. Si, au contraire, on parvient à constater que les descriptions du sujet correspondent à quelque chose de réel, qui persiste d'une laçon indubitable dans de nombreuses expérient-cs où l'on excerce sur le sujet un contrôle rigoureux, fondé sur des procédés scientiRqncs dont il ne' peut avoir connaissance, on dispose alors d'un terrain solide pour asseoir la base de l'édifice.

Deuxième question. — La deuxième question vient alors immédiatement à l'esprit : S'il y a phénomène réel, i>ar quel organe se lait sa perception ? 11 ne fandrait pas, en effet, trop se presser de conclure que, puisqu'il s'agit d'un phéDOmène appartenant à la catégorie de ceux «juc nous appelons lumineux, la perception doit forcément en être effectuée par la voie de la rétine ; il est possible qu'elle s'effectue, dans certaines conditions, imr une autre voie (on peut citer le phénomène de l'audition colorée) ; — et, lorsqu'il s'agit do l'hypnose, c'est-à-dire d'un état qui apporte de si profondes modilications dans la sensibilité des différentes parties du système nerveux, il n'est pas hors de propos de chercher à fixer l'organe par lequel s'elfectue la perception de l'effluve.

Troisième question. — Cet organe de perception donne à chaque sujet une sensation qui peut dépendre de la nature même du phénomène et du tempérament propre de chaque individu, n est indispensable de savoir comment ces différentes influences sont susceptibles d'agir sur les deacriptJbns données par chaque sujet.

12 l'e.YTIJkIORISATION de la SHNSlBlLITâ

Quatrième question. — Il est naturel de penser aussi que l'effluve, s'il existe, peut encore présenter certaines propriétés variables suivant le genre de force qui le produit ; on est ainsi amené à déterminer l'influeucc des différentes formes de l'énergie.

Cinquième question. — L'iiypnose comporte un certain nombre d'états différents ; la perception de l'effluve, si elle est réelle, varie-t-elle si l'on place le sujet dans tel ou tel de ces états ? 11 est nécessaire de résoudre cette question pour qu'on puisse placer le sujet dans les conditions les plus convenables à l'expérience.

Sixième question. — Une question très grave dans l'influence qu'une suggestion pourrait excércer sur la façon dont le sujet décrit l'effluve. Nous entendons ici par suggestion une idée dirigeante et persistante imprimée dans le cerveau du sujet par des actes ou par des paroles antérieurement au moment où il donne les descriptions de l'effluve. Ue la réponse à cette question doit résulter l'indication des précautions à prendre, s'il y a lieu, pour se mettre à l'abri d'une sérieuse cause d'enviur.

Septième question. — Enfin on doit se demander s'il n'existe pas quelque difficulté ou même quelque impossibilité d'interprétation de la production et de la perception de l'eltluve au point de vue théorique. Autrement dit, la production et la perception de l'effluve peuvent-elles s'expliquer par nos connaissances scientifiijucs actuelles ? C'est par l'examen de cette question que nous terminerons ce ti-avail.

Le programme de notre étude étant ainsi bien défini, nous allons exposer les réponses que nos expériences et le raisonnement apportent à ces différentes questions.

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