CHAPITRE VIL
l'école SEG0I9DA1RE DÂKS LA COiyiMUIÎE TELLE QU'ELLE POURRAIT ÊTRE.
Quand j'ai tracé l'histoire de la première enfance , je me suis surtout attachée à préparer la moralité de l'âge suivant. (M^^ Decker de Saussure,)
Les vingt enfants qui, au commencement de leur huitième année, quittent TEcole primaire ou salle d'asile pour faire place à vingt enfants de deux ans qui sortent de la crèche, trouvent, on n'en doute pas, dana notre établissement, et tout prêt à les recevoir, un bâtiment contigu ou trèsvoisin de celui de notre Ecole primaire ou salle d'asile.
La prévoyance de notre fondateur a préparé d'avance, conformément à son plan général, cette habitation nouvelle qui, destinée, comme la précédente, à une période d'éducation de cinq années pour chaque enfant et à cent élèves, doit ofirir les mêmes dimensions et les mêmes dis-
positions.
Comme elle aussi elle aura coûté de construction 15,000 .
Et, quoique le mobilier doive présenter quelques modifications, il devra de même ne pas exiger plus de. 5,000 «
Dont il serait superflu de copier ici les détails.
Total . . . 20,000 .
Pour la première et pour la seconde année de notre école secondaire* une seule institutrice sera nécessaire, et nos trois directrices, formant dès lors un petit conseil d'instruction élémentaire et d*administration du ménage, pourront non-seulement s'éclairer mutuellement et se donner d'utiles . conseils , mais encore s'aider, se suppléer au besoin dans leurs fonctions, et former, le soir, le noyau des réunions des fonctionnaires de la colonie.
Une seconde institutrice de l'école secondaire viendra en partager les travaux, mais en sousordre, au commencement de la troisième année.
Les gouvernantes continueront, autant que possible, de suivre leurs enfants, deux la première année et trois pour les quatre aiinées suivantes.
Le travail des enfants, que nous avons évalué en moyenne à cinq centimes par jour dans TËcole primaire, peut être, sans crainte d'exagération, doublé de valeur dans TËcole secondaire. éDe sept à douze ans, les services que peuvent rendre les enfants ne sauraient plus être contestés. Les heures destinées à les délasser des études de la classe sont avec bonheur employées par eux, — tous les instituteurs de campagne le savent et en profitent, — à tous les travaux d*un établissement comme le nôtre, pourvu que, toujours, la liberté de choisir leur soit laissée et que les séances soient courtes.
La liberté, que nous réclamons pour Tenfant, de suivre sa vraie vocation exclut, on le conçoit, l'uniformité ordinaire du régime intellectuel adopté dans les écoles. Notre but n'est donc point de faire de petits savants , mais de faire utilement produire à Fenfant tout ce à quoi Dieu Ta réellelement destiné, sans vouloir dépasser la mesure de cette destination providentielle, que trop de parents et trop d'instituteurs, par un excès de sollicitude, n'ont pas toujours la sagesse de respectctr.
La seule liberté contre laquelle nous protestons d'avance, est la liberté de ne rien faire, parce qu'aucun ne peut-être tenté de la réclamer qu'en cas de maladie. Si, par impossible, il s'offrait dès exemples contraires, nous invitons d'avance nos institutrices à bien faire leur examen
<de ooBsdeBoe, car l'erreur^ dans ce eas, ne pourrait yenir que d'elles-mêmes, c'est-à-dire de ^is^que appréciation et de quelque direction er« romées.
Parmi ces exceptions, qui peuvent quelque- €(»s mettre en défaut la sollicitude maternelle et la sagacité de nos institutrices, il faut compter surtout certaines vocations natives et exclusives qui poussent instinctivement et irrésistiblement <ie malheureux enfants vers des spécialités plus ou moins excentriques. Ces enfants, faute d^tre mis en 'présence des objets de leurs préoccupations intuitives et de pouvoir les indiquer eux« mêmes et faute aussi de pouvoir s'attacher aux travaux ordinaires, sont classés parmi les êtres vi« cieux et le deviennent souvent , si Ton persiste à les contraindre au lieu de les comprendre. 'J*ai connu le fils d'un pauvre bûcheron, qui, forcé , par la misère de sa famille , de suivre la profession de son père, ne travaillait qu'avec le dégoût le plus prononcé et* s'était acquis ainsi une réputation de fainéantise incontestée; bientôt cette réputation s'aggrava: il manquait fréquemment, dans les maisons où le pauvre garçon était reçu , des limes , des ciseaux , des tournevis , des pinces, des tenailles, et enfin tous les petits outils qui se trouvaient , disait-on , sous sa main^ Il est certain qu'il devint possesseur d'une collection d'instruments de petite serrurerie et de
petite menuiserie et que le métier de bûcheron