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Taial des exeédant$ de dépenses
dis 12 années * . ; , , ^ .
Les constructions ont coûté.
Le mobilier
Total dxs avances des 12 an-
liées . ■■••!■••
Notre fondateur a donc avancé, en douze années 215,590 fr.
Mais il a prélevé sur cette somme, pour intérêts, 28,200 fr.
Mais aussi , pendant ces . douze années , nous avons porté, comme recettes, les bénéfices réa-
lises pai:* rëxpMtation rcu^ale sur les fournitures diverses qu'elle a pu faire à la colonie et ces bénéfices, qui ont diminué d'autant les dépenses, s'élèvent à 38,500 fr. et auraient pu être tout aussi bien attribués au capital ayancé. (p. 46).
A la fin de la 12' année, ces bénéfices s'élèvent à 3^000 fr. pour l'exercice courant.
Ce produit net , (liteau de l'administration rurale^ n'a évidemment pas d'.autre& causes que. la préaenoe de nos 240 enfants sur le domaine et l'ei^istenoe de oe marché continuel sans déplace-» ment et sans aucune des chances- ordinairea de la baisse des valeurs et de l'absence des acheteurs.
Nous n'avons admis (p. 44,),. le revenu du domaine que * ponr sa valeur de locatîoii et nous ne l'avons fait figurei^ dan& nos comptes pour aucun bénéfice, afin de ne pas compliquer notre exposé ; mais nous devons raj^eler ici que , si des adqpjinistrations rurales mal conduites se sol* dent souvent par des pertes , il en est aussi qui^ en aoiéliora^it notablement le fonds d'exploitation^ donnent de beaux béaéfices*
Nous poui^ous donc supposer, après douze an*
nées .d'cxi^eçce, que notre administration rurale
mérite, au même degré ^ ^'approbation dont uQtre
école est l'objet et que les bénéfices nets, et pror
gressifs que nous venons de uoter ne s^ronl;
pas contesté^.
Nous pourrions d'ailleurs invoquer des exemples ,
qui, tels que la colonie d'enfants de,BuysseIede
et Beraeim , en Belgique , montrent des béné^ fiées beaucoup plus considérables et une aogmen* tatioH de revenus beaucoup plus rapide /dus à la seule présence des enfants et à leur concours dans les travaux.
Le mode d'éducation suivi dans l'Ecole secondaire ne difi&re de celui de l'Ecole primaire que par l'extension du progMoime des éludes.
Les vingt enfants qui ont accompli leur don* zième année et qui vont passer dans une autre école , ont fait leur première et leur seconde comibunion. Ils savent bien lire et Inen - écrire. Ils ont pu apprendre, non mbiiis que dans les écoles communales, les éléments de géographie, d'bfsiCHre, d'arithmétique^ de géométrie» de tenue des livres ; ils peuvent eonnaltre en physique , en chimie et en histoire naturelle ce qui peut être nécessaire à la bonne pratique de Tagri'* culture et des arts agricoles , et ils sont famili^^B avec le de:ssin linéaire.
Ils ont) pendant leurs cinq années , participé à tous les travaux de l'exploitation rur<de et à toutes les industries qui les entourent.
Grâce au mode adopté dès notre Ecole primaire et que nous avons indiqué p. 57 et 100, -cette par* licipation, toujours volontaire, toujours produite par un sentiment d'émulation sagement dirigé ^ et mesurée de manière à u'ètre qu'une récréation et jamais un objet de satiété et d'ennui, cette participation a permis aux vocations de se ma«>
nif ester et^ sauf de rares exceptions, diaqne enfiint a déjà indiqué la profession qni de^ra fûre dorénayant la base de ses occupations.
Le grand livre du personnel, dont nous ayons indiqué les dispositions^ p. 41 à 44, et dont les inscriptions comprennent exactement, jusques-là, toute la yie de l'enfant, contient, pour chacun, des indications qui donnent aux institutrices le moyen dé rectifier les erreurs que quelques-uns pourraient commettre dans le choix d'un état.
Nous pouyons donc, ayec quelque sécurité, passer à notre quatrième école, l'École professionnelle; mais nous deyons, auparavant, donner une idée de Tapprentissage dans la eammuM t0fi^ f tt'tflte est
CHAPITBE Vm.
L APPBEimSSAGE DANS LA COMMUNE TELLE QtJ*ELLE EST.
< J'ai commencé par être un enfant de la rue ; « plus tard on a voulu m*envcyer à la classe; mais < cela ne m'ai lait plus, les Frères, la mutuelle^ « tout cela m'embêtait. On me mH en apprentissage, « mais j'attrapais le patron. Pauvre patron ! en voilà a un auquel j'en ai rail avaler de dures! il me jeta « à la porte: et puis voilai» (Réponse d'un jeune détenu à M. Vabbé JUullois. — Manuel de charité.)
Nous avons dit les misères qui, dans la commune telle qu'elle est, entourent l'enfant pendant les deux premières années de sa vie. Nous nvons dit l'espèce d'abandon auquel il est livré pendant les cinq années suivantes. Nous avons montré les obstacles qui s^opposent à son éduca-
tion et à son instroction pendant les cinq années qui, de sept à douze ans, sont ordinairement consacrées à FEcole primaire communale. Personne ne doutera, après cet exposé, qu'il ne puisse j avoir une immense différence , à Tâge de douze ans , entre les enfants élevés sous Tinfluence de ces Yieilles routines et ceux que notre crèche et nos écoles primaire et secondaire pourraient présenter en concours au commencement de la treizième année.
C'est alors que , dans Tun , comme dans l'autre ordre de choses, commence l'apprentissage.
Dans la commune telle qu'elle est, le choix d'un état — nous ra\ons déjà montré p. 101 , — dépend le plus souifent du hasard: Faute d'avoir TU d'autres professions, ou faute de pouvoir payer les frais d'un apprentissage, Tenfant est forcément destiné à continuer la profession de son père. Celui-ci, ne se doutant aucunement qu'il puisse exister des dispositions contraires si souvent déterminées d'avance par la Providence^ a tout naturellement spéculé sur les huit ou neuf années de concours gratuit que ses enfants lui doivent jusqu'à leur majorité ; mais trèâ^ouvent , — le plus souvent peut-être, — ses calculs se trouvent faussés par des inaptitudes contre lesquelles se développent tous les vieux systèmes de compression , de contrainte et de répression et qui conduisent trop souvent aux actes d'insubordination les plus repréfaensibled.
G'efit-ainsi que, dans les cam|»agnes^ la phipafC des enfants entreprennent le métier d'agricidtearsy sait clié% leurs parents, soit chez d'untres en qus^té de domestiques; mais l'agrieulture est^ {vesqoe partout encore, tellement arriérée et si peu productive, que la vie qu'on lui consacre n'est qu'une vie de misères. Aussi les travaux des ifôines et des chemins de fer , ainsi que la domesiieité dans les tilles, lui enlèvent-ils de plus en plus les bras qui lui sont nécessaires.
Il en est de même desr professions mécaniques les plus usuelles : le ^fils succède ordinairement à son père et, le plus- souvent, sans vocation détermîinée ; et c'est ainsi ^ sans qu'on en sache connaître la cause , que se peuplent les cabarets , tant ce qu'on fait sans attrait augmente le besmn ordinaire du repos et des distractions.
Quand Tapprentissage fait sortir un enfuit de chez ses parents, les difficultés s*augmenteat de toute la diSérence qu'il y a entre raffeetion pa^ ternelle et la bienveillance d'un maître. Celui-ci a pris un apprenti par spéculation: il fout que la spéculation se résolve par un bénéfice et les moyens de le réaliser sont l'économie dans la nourriture et l'assiduité au travail ; mais si l'enfaut , auquel on a fait contracter , À douze ans , un engagement pour plusieurs années, vient à trouver que les exigences du maître sont par trop oppressives , et qu'on s'est trompé sur sa vocation , il devient nécessairement alors un révolté ou
nne Tictime. En yain les deiroirs et les cUroits respectifs des parties ont été soignensement déter-minés par la loi, de nombreux procès entre les maîtres et les apprentis et de nombreux dissentiments entre les pères et les enfants prouvent que Finstitation est loin d*être parfaite.
Souvent aussi, dès l'apprentissage, des rivalités haineuses s'élèvent entre les divers ateliers et produisent déjà de ces conflits, dé ces guerres acharnées dont est remplie l'histoire du compagnonnage. Enfin beaucoup d'upprentis , tentés par les libertés de la vie nomade, s'enfuient, avant le terme, de la maison de leurs maîtres et il n'est pas sans exemple > (nou& pourrions en citer) , que quelques-uns échappent , par le suicide , aux mauvais traitements et à l'ennui.
Laissons donc ce tableau si peu . satisfaisant^ malgré le soin que nous avons eu de Pabréger et voyons encore â'il n'est pas réservé à notre Ecole professionnelle de produire de meilleurs résultats pour la classe ouvrière et pour la société.