‹ L'extinction du paupérisme réalisée par les enfants, ou La commune telle quChapitre 20 sur 27 · CI · texte numérisé non relu

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Les 9 années suivantes mul-

tiples de la précédente . . <

ECOLE PaOFESSIOKjNEïXE,

1" année: Excédant de re-

cette

A reporter

toujours «t quand même , de nombreuses victimes à la démoraijfii^ion et au paupérisme.

Notre foudateur , lui , en rendant ses élèves cô-]^priétaires de leur maison et de la campagne environnante i les y retient par Tattrait qn'offire toujours-, sous une administration prospère ,. le sentiment de la famille, de la propriété et de rùnion communale.

Afin de rendre d'avance la répartition plus facile, il avait fixé , dans le bail primitif, le ehiffire de la valeui^ foncière de la terre qu*iL a consacrée à sa fondation. A Texpiration du bail • une expertise constate de nouveau cette valeur, qui est alors • divisée. en actions et en coupo];iS inscrits sur un registre à souche»

La somme d'actions représentant ila valeur pi;imitivQ de la terre est immédiatement détachée du registre ainsi que celle qui représente le tiers de la plus value et ces deux sommes sont remises au fondateur.

Le bail renouvelé alors pour une secondé période de vingt et un an, constate la nouvelle valeur de rimmeuble et le revenu proportionnel dont cette valeur doit être l'objet. Cette augmentation de revenu s^élève pour le propriétaire du fonds à 4,766 fr. 66 c. par an, somme formant le tier^ des 14,300 fr. indiqués au commencement de la page précédente.

Les deux tiers de plus value restants sont partagés en deux parts égales. L-une , — 4,766 f. 66 c,

Il y' a donc, on le voit, bien peu de chose à ajouter àuxi subventions de l'administration des hospices, pour que les enfants trouvés, — qui payent généralement, par des résultats si peu satisfaisants, la dépense qu'exige leul^ éducation isolée chez les habitants de nos campagnes, — reçoivent une éducation physique, morale et intellectuelle qui développe toutes leurs bonnes facultés , et qui en fas§è de bons travailleurs.

Et cette somme si modique, qui, au jour de la majorité de chaque enfant, ne s'est élevée, toutes subventions comprises, qu*à 2,300 fr., cette sonune n'a pas été complètement absorbée : elle laisse pour 75,000 fr, de constructions et pour 27,000 fr. de mobilier dont le capital, au moyen du fonds d'amortissement réservé chaque année, ne doit plus charger les budgets des génération» suivantes.

Si notre établissement , qui , au bout de vingt et un an , ofire un excédant de recettes annuel de 6,435 fr^, n'avait pas d'autre destination que les colonies ordinaires telles que celles de Mettray, du Mesnil St-Firmin , de Vaujours , de la Suisse et de la Belgique ; si , comme elles , il n'avait pa& d'autre destination que d'être une maison de passage pour ses élèves, il aurait du moins sur ces colonies l'avantage , en prenant ses élèves au berceau, de n'avoir point à les chercher dans les maisons de correction, de n'avoir point à les corriger, mais seulement à les préserver ides vices

qai, habitueltement , les dégradent de si bonne heure.

U aurait encore r&vantage j en gardant ses élëyes jusqir'à leur majorité, d'obtenir d'eux, avec le temps, l'acquittement de leur dette, n'eùt-il à espérer que ces 6,435 fr. de produit net annuel.

Mais notre fondateur a pour but, ne l'oublions pas ^ de transformer sa commune, d'y éteindre le paupérisme et d'en faire un modèle d^ordre et de prospérité'.

Les moyens qu'il a employés jusques-là, — une crèche, une salle d'asile, une école primait'e, une «^'^ole d*arts et métiers , — sont tous des moyens éprouvés dont l'efficacité n*est pas contestée.

Si ces moyens laissent encore actuellement beaucoup à désirer, il faut ^reconnaître avec les personnes qui se sont consacrées à leur création, que le défaut d'unité dans ^éducation en est seul la cause.

Ce défaut n'existe point chez nous.

l^ais comment concilier ce besoin d'unité dans l'éducation depuis la naissance jusqu'à la minorité, avec les droits de la famille et la nécessité sainte d'en conserver et même d'en resserrer les liens?

— C'est en continuant lès développements de notre œuvre et en faisant appel à la patience du lecteur que nous pourrons répondre d'une manière satisfaisante à cette trop légitime question.

Pendant les quatre années de notre école de maîtrise , nous avons conservé , à la fin de chacun

de nos bodgjete, sous le titre de fends de réserfe, une somme relatiTement assez forte» pour poaymr composer, à diaeim de nos élèTes, à Thenre de sa majorité, on petit pécule qae notre fondateur Yeot leur distribuer de la manière sniTante:

Beconnaissant que leur présence et leur traTatt ont augmenté de 14,30&fr. par an le revenu de sa propriété par raugmentation du dbeptel et les progrès de T^gncnlture, (voir p. 133 et 156 et ^e souvenir de Taugmentation beaucoup plus considérable et beaucoup plus rapide des revenus du sol de la colonie de Buysselëde en Belgique), reconnaissant , disons-nous , que, sans nos élèves , sa propriété ne serait point arrivée à un pareil degré de prospérité, notre fondateur, — au moment de renouveler le bail dont nous avons parlé p. 44,,— a résolu, — conformément aux prévi-t siens .et aux volontés insérées d'avance dans ce bail , — de faire trois parts égales de la plus value de sa propriété, d'en attribuer une au capital sans lequel la fondation n'aurait pu se réaliser et dont le concours, quoique passif, doit avoir aussi sa récompense, et de réserver les deux autres parts pour le travail.

Il sait qu'A défaut de cet acte de justice , sa fondation n'aurait pas plus de valeur que toutes celles qui , ne servant que de. maisons de passage aux enfants, les livrent ensuite, malgré le bon apprentissage et les sociétés de patronage, à une vie d'isolement et de .fluctuations qui fournit,

toujours «t qoAnd même , de nomblrenses ^iclunes à la déDicMrali&ation et au paupérisme.

Notre fôadateur , lui , en rendant ses élèves cô-propriétaires de leur maison et de la campagne environnante, les y retient par Tattrait qu'offre toujours-, sous une administration prospère j - le sentiment de la famille , de la propriété et de Tunion cçrmmunale.

Afin de rendre d'avance la répartition plus facile, il avait fixé , dans le bail primitif, le ehiffire de la valeur foncière de la terre qu'il, a consacrée à sa fondation. A l'expiration du bail , une expertise constate^ de . nouveau cette valeur , qui est alors* divisée en actions et en coupoQS inscrits sur un registre à souche.

La somme d'actions représentant la valeur pi;i' mitivQ de la terre est immédiatement détachée du registre ainsi que celle qui représente le tiers de la plus value et ces deux sommes sont remises au fondateur, ^

Le bail renouvelé alors pour une secondé période de vingt et un an, cpnst^te la nouvelle valôur de l'immeuble et le revenu proportionnel dont cette valeur doit être Tobjet. Cette augmentation de revenu s'élève pour le propriétaire du fonds à 4,766 fr. .66 c. par an, somme formant le tiers des 14,300 fr. indiqués au commencement de la page précédente.

Les deux tiers de plus value restants sont partagés en deux parts égales. L'une , — 4,766 f. 66 c,

-^ est destinée au fonds de réserve de l'établissement pour acquitter sa dette y pour rénumiérer , eu les associant ^eux-^mémes à la propriété , les divers fonctionnaires qui lui seront restés attaelles et enfin pour aider à son développement ultérieur. L'autre — 4,76d fr. 66 c. — est réservée à un partage en vingt et une parts, — soit 226 f. 98 c. — égales aux vingt et un groupes de vingt enfants que rétablissement a reeus pendant leH vingt et une ai^néesqui viennent de s'écouler.

Ces 226 fr. 98 c. de rente seront prélevés tous les ans sur le revenu général et répartis entre les vingt élèves qui viendront d'atteindre leur majorité et à chacùu desquels il doit retenir, en moyenne , 1 1 fr. 35 c. de rente.

Cette répartition doit être proportionnelle à la somme de travail dé chacun, calculée au point de Tue de la quantité et de la qualité. Le compte en est établi, en présence du groupé intéressé, par le conseil de la commune , composé du directeur, des chefs d'institution et des chefs d'atelier, d'après le dépouillement et la comparaison Aqs notes contenues au grand livre des comptes personnels (1).

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( 1 ) L69 U,300 fr. d'augmentation de revenu calculé à 2 1;2 «/o donneraient à partager un excédant, en capital, de S7âl,000 fr. qui , divisé par trois, comme bous venons de Tindiquer , donne 490,666 fr, 66 c. pour chaque co-partageant, — le fondateur, l'établissement et les élèves. Celle de ces sommes destinée à ces derniers doit être partagée entre les vingt-et-on groupes de vin^t enfants qui composent, notre population et donner à chaque groupe 9,079 fr. 36 c ou pout* chacun des vingt

Celte répartkioB , ne deirant se faire chaque année que par yingtièmes, donnera lieu à nn, excédant d/intécèts dont la ocNBmnnanté i)énéficlefa en grossissant le fonda de réserte.

Les partd des décédés sans héritière feront également retour à la masse.

Toutes ces parts donnent lieu à rémission d'autant d'actions ou coupons, qui, détachés du registre à souche , sont ternis à chaque intéressé , constituent son titre de propriété et son droit aux dividendes qui seront distribués chaque année après rapurement de la dette.

Nous objecterait-on que cette valeur foncière indivise , représentée par une feuille de pajMer, aurait peu de valeur aux yeux de nos jeunes ouvriers ?

— Qu'on se d^trctmpe : l'établissement des chemins de , fer et surtout les emprunts , par lesquels le gouvernement impérial a fait appel aux petites fortunes, ont opéré toute une révolution dans Tesprit npLême des habitai\ts de nos campagnes. Il y a dix ans aucun d'eux n'aurait voulu placer un centime à la caisse d'épargne et, aiyourd'bui,

membres du groupe 453 fr. 96 o. de capital foncier doat h revenu, à 2 4/3. p. «lo, sera, oouf venons de le dire , de M (r.^ c. Les fonctionnaires qui auront, pendant le môme laps de temps , concouru , dans quelque emploi que ce soit , à rédueatioh de> enfants , recevront , provenant du fouis de réserve, une part dans ce capital et dans le retenu , proportionnellement aux appointements dont. ils jouiront au moment du partage. -

graee.vÀ de semblablea placemettte, ito voient quelque peu dmiuuer leurs. dettes et leurs mis^^es. Leur ardeur de posseBsion de la terre ?tend à diminuer. La sécurité que leur oire la . fortune en poirtefeuiHe Içs dispose à ouvrir les yeux sur les tristes résultats de leurs e£Ebrts isolés et sur les avaptages qu'offrirait Tassociation pour Tadminis* tration et la culture des terres, j^ vérité a com-^ meaçé à se faire jour dans leurs esprits. Il faudra peu d^anuées désormais pour que eçtte salutaire révolution soit complète.

Cette action de plus value de la propriété communale sera non-seulement un titre de propriété donnant droit de partage dans les produits dont la i^partition sera faite chaque année , mais y sauf de graves circonstances qui ne pourraient être que d'infiniment rares exceptions ^ il constituera , potir celui qui Ta obtenu , le droit de cité dans la comitiiine. Là sera véritablement sa maison patèrneU e dont il pourra s'absenter sans doute,' mais dans laquelle — eût-il été Fenfant ]^rodigue , — 6n tuera; toujours le veau gras pour fêier son retour.

En recevant leurs actions de plus value, inscrites sur un livret en même temps que Vextrait de leur compte au grand livre du personnel, chacun de nos jeunes élèves a reçu de même le diplôme de son troisième grade, du grade de maître dans la fonction ou dans les différentes fonctions pour lesquelles, après examen, il aura, de l'aveu de «"^«^ maiitres , fait preuves de capacités suffisantes.

Le pécule oanservé sous le titre de fonds de réserve, (p. 152, 161 et 162), etquiibrme,àlaflE.de la ¥mgt>ie1ffii]iième umée , one sonmie de 14,6p&fr» sara partagé, tous les ans, par quarts; soit: 3,650 fr. ' .

La moitié de cette somme ^ — ],'825 fr., -^ sera employée à l'extinction de la dette géfiénde et ensuite à Faméiioration de 'la piTC^riété commune.

La moitié restante sefa, chaque /année , partagée entre les vingt élèves devenus majeurs et donnera, en moyenne , pour chacun , 9 1 fr . 25 c«

Chaque co*partageant aura le droit d'opter entro la remise en argent comptant et le placement de tout ou partie de cette somme à la caisse d*ér pai^ne ou : en coupons^ d'actions de la propriété^ communale.

Le» payement en argent sera surtout utile à ceux de nos jeunes gens que le sort aura désignés pour le service militaire^ Leur d^iart sera Tune des plus grosses afflictions qui puissent atteindre notre jeune famillef mais un juste ergueii lui donnera pour consolation l'espoir d'avoir fourni des hommes d'élite à Tatmôe non moins qu'à TagricuUure^ et à* Findustrie.

Ne pQuvons^nous donc pas , - à l'aide des faits dont flous entrevoyons ainsi Taccomplissement , envisager l'avenir avec quelque sécurité ?

Notre fondateur a plus que doublé son revenu dans Tespace de vingt et un an, ce qi^'il n'eût ja-

mais obtenu swis rofganisatiaD oonuBunale qu'il a Gréée. , .

lies calculs qui étabbssent cette augmentation de rcTenu ne peuvent que gagner à, un examen rigoureux, tant il est facile , pour les personnes qui ont, comme nous, l'expérience des choses de la campagne, de constater l'extrême et scrupuleuse modération de Tévaluation des t)énéfices.

On n'oubliera pas que nous n'arons strictement spéculé que sur ceux qui proviennent directement dé la consommation alimentaire faite par nos écoles. Nous avons complètemeut laissé en dehors tous les bénéfices éventuels que peuvent donner les divers ateliers. Notre imagination n'aura donc poiiit mérité le reproche ou même le soupçon de s'être laissé égarer au*delà des bornes de la plus froide expérience.

Nous avons constitué et groupé, pour l'éducation des enfants de la commune, depuis la crèche jusqu'à l'école de maîtrise , cinq écoles, partout désunies jusques^là, et dont la réunion nous parait iadispensable à la création de bons et sages ouvriers dans toutes les branches de F activité humaine.

Nos enfants y ont été élevés sans que leur esprit et leur cœur aient été exposés au contact des vides de langage . de pensée et de mœurs qui rendent la dasse ouvrière si malheureuse « parfois si dangereuse et, en général, si peu satisfaite et si peu satisfaisante à vo^r et à entendre.

Il nous rente à en feire d'honnêtes pères et

mères de famille. Nous nous plaisons à croire que cette tâche offre dorénavant, grâce à l'éducation qu'ils ont reçue, beaucoup moins de difBeultés qu'on ne le croit généralement.

Mais il est juste , que nous examinions le mariage, la famille et les mœurs dans la commune telle qu'elle est, avant d'en esquisser le tableau dans la commune telle qu'elle pourrait être.

MMriM*

CHAPITBE Xlt

CE MAKIAOE, LA FAMIIiLE ST LES bIoEURS DAI9S LA COMMUNE TELLE QU'ELLE EST.

Ce qu'on appelle l'esprit de famille eit souvent fonde sur nne illusion de Fégoïsme individuel. {de jyHiquefsiile),

Nous- avons une société protectrice des animaux — et la mère... et les enfanté,..

sont livrée à la brutalité d*un homme qui a nové sa raison dans le vin. ( M. Vtnbé Mullois. — nantie^ de charité ).

£e mariage est totijonrs , avant tout et de phis en plus , auTillage aussi bien qu'à la ville , l'objet d'une spéculation dans laquelle la dot et les espérances tiennent , à bien peu de chose près V tout^ la place.

Il doit être superflu de dire que les espérances sont, tout simplement, les écus sur lesquels on compte après le décès des parents. Telle est, — sauf la règle des exceptions que nous nous gardons bien d'oublier, — telle est la base, scrupuleusement étudiée d'ayance, des tendresses que les brus et les gendres apportent dans la famille en faveur des ascendants.

Autrefois, ces spéculations étaient surtout la préoccupation de^ pères et mères, et les ^ifants étaient sourent obligés d'y sacrifier les plus légitimes et les plus profondes sympathies.

Aujourd'hui les enfants, — les garçons surtout, ( il faut le dire à la louange des filles) , s'associent parfaitement bien à ces calculs mercantiles.

' La certitude, pour dmque famille, d'avoir à lutter seule, dans les temps d'insolidarité où nous vivons, contre toutes les difiBcultés de la concurrence et de l'isolement, font presque un devoir de ces tristes calculs.

Tout le reste , — l'accord des sentiments , des intelligences et des caractères, — tout le reste est abandonné à la Providence , qui , ne jugeant pas toujours nécessaire , sans doute , de diriger tous les détails de son universelle administration, laisse, à, rintelUgence dont. elle a doté l'homme, la responsabilité de tant d'uniçns qui, après avoir %it du bonheur pendant des lunes de miel plus u moins courtes , sont , à divers degrés , pour

fbttt le reste de la vie , des mines fécondes de douleurs , ^e Tiialheurs ef de regrets.

Préoccupé particulièrement , dans ce trarail , de la Tie agricole, nous devons dire quelles sont les qualités nécessaires à un couple d'agriculteurs quij récemment uni par le mariage , entreprend Tadministration d'un domaine rurd, quelle que soit son étendue.

Ces qualités soUt de trois sortes: celles que d(HYent posséder ensemble le mari et la femme \ et celles que chacun d'eux doit dérelopper en par^ ticulier.

Tous deux , le mari et la femme, doivent posséder:

1^ L'amour de leur profession ;

2^ L'intelligence sufisante ^ à la direction qu'ils ^ entreprennent;

3** La force physique ;

4® La santé;

5® L'activité nécessaire pour être habituellement , l'un ou l'autre au moins , levés les premiers, Couchés lès derniers et pour ne pas hésiter , dans certaines circonstances assez communes , à se re-* lever pendant la nuit ;

&^ L*esprit et ^a science:- de l'ordre en touteschoses ;

7* Le caractère ferme et doux j

8^ La constance dans les aflFections;

9^ La constance dans les goûts; t(y L'amour des enfants ;

11® Le soin de ne leur donner que de bonsexempies et de ne leur faire entendre que de lionnes paroles;

12*^ L'art de tenir des comptes justes en toutes choses ; 1 3® Enfin un capital suflBsant.

La femme doit en outre être:

1® Boulangère; T Cuisinière; y Lavandière;

V Raccommodeuse du linge et des vêtements ; 5® Bonne nourrice au point de vue de Fallaite* ment ;

6® Bonne nourrice au point de vue du gouvei^ nement des enfants au berceau ;

7® Intelligente et patiente dans Faccompiissenient des difiSciles devoirs de Téducation maternelle^ 8® Apte à l'élève et au soin des volailles ; 9® Apte à rélève et au soin du bétail ; 10® Apte à la laiterie ; 11® Apte à la fromagerie;

12® Habile au menu commerce et aux menus approvisionnements ;

13® Bouée enfin de Tamour d'une propreté générale et personnelle, qui n'est qu'une des formes du respect pour soi-même et pour le prochain.

Quant au mari, ministre des relations extérieures , il doit posséder :

1® L'art des labours; 2® L'art des semailles.;

3*^ La sœaee des assotonents;

4® La sdence des engrais et des amendements;

5® L& science des récoltes ;

6® L'art des chairois. -*• Ateler, charger et conduire ;

V L'art d'élever et de gQQyerner des cfaeyauz et des bœufs \

'8« L*art de soigner, d'entretenir le mobilier. agricole,;

S"" L'art d'entretenir les bâtiments; 10® L'art des approvisionnements généraux et de leur eonseryation ;

1 1 ® La science du commerce : achats et vente de tous les objets de l'agriculture;

12® La science de l'administration du caintal ar^ gent ; 13® Enfin la sobriété.

Personne , nous le croyons , n'aura la pensée de contester la nécessité de cette réunion de qualités dont l'absence n'est pas seulement une cause de perte pour l'agriculteur , mais pour la société tout entière qui manque alors d'une portion des pro^ duits qu'elle a droit d'attendre de chacun ; qualités dont la rareté , dans les ménages de campagne , expliqne si bien toutes les misères qu^on y rencontre et dont nous compléterons le taUeau par un coup d'œil rapide sur les mœurs.

Cette rareté ne donnerait-elle pas le droit de regretter la vie patriarehale , dans laquelle la fa« mille, non morcelée et non restreinte comme au-

jourd*hui , formait une trUm nooilNEeue dMis laquelle chaque membre^ àmé d'un pki& oa moios grand nombre d'aptitudes^ trouYait scm eomplément dans les aptitudes des autres, aa sanetion dans des critiques ou des approbations réciproques, ne se laissait point bercer par les ilhisions si communes et si trompeuses d'un amour-propre abandonné à lui-même et n'était point une cause de lacune, de désordre et de perte dans les opérations gêné*raies de la communauté.

Pour scruter les mœurs de la commune, il faut, outre une pratique longue et attentive des indi-r vidus, posséder une règle ^d'ap^éciation qui puisse être un guide sûr dans œ champ si vaste des passions et des actes. Cette règle se trouve toute tracée dans les commandements de Dieu, dans les principaux préceptes de TÉvangile et dans les commandements de TEi^ise. Nous ne croyons pas devoir en chercher d'autre.

GOWMAWDEMENTS DE DIEU.

Un seul Dieu tu adoreras Et aimeras parfaitement.

Cet amour d'un seul Dieu, cet amour parfait que nous prescrit le premier commandement, cet amour qui résume et fait pardonner tous les autres (1) , ce sentiment de l'unité dont la com-

(1) Il lui géra beaucoup pardonné, parce qu'elle a beaucoup aimé. (Si Ztec, C. m , u. iQ\.

préhension plas (m moins parfaite est la mesmie do plas on moins de terta; cet amonr là n'est nullement senti, est complètement inconnu dans nos campagnes. Sten y est Tobjet de niaises négations par d'ignorants esprits forts plus on moins avinés, ou bien il y est redouté sous la forme de ce vieUlard à longue robe et à longue barbe qui, les bras étendus, chasse Adam et Eve du paradis terrestre , lance sur la terre, pour la punition des méchants et souvent pour éprouver les bons, le tonnerre, la grêle, les torrents de pluie, les sécheresses brûlantes etjjette aux griffes de satan et aux chaudières de Fenfer ceux sur lesquels n^ont pas été prononcées, à l'heure de la mort, les paroles de Tabsolution.

On pense donc à Dieu surtout quand on est malade et^ comme chaque paroisse possède quelque image de saint réputée puissante pour telle infirmité ou pour telle maladie, c'est à cette image, h cette sorte de demî-dîeu, à laquelle on a soin de porter quelque petite offrande, que s'adresse la prière dont surgit la pensée dans les moments de détresâe.

'£?eàt done pour soi et non par amour de luimême qu'on adore Dieu dans ces circonstances et par l'entremise de semblables intermédiaires.

C'est donc le Dieu vengeur et non le Dieu de bonté et de miséricorde infinie devant leqnel, comme les matelots pendant l'orage , on se prosterne seulement dans tes temps de calamités, d'épreuve et de frayeur.

G*est le seul dont les prédicatears péuTent grarer quelque impression dans les esprits, et, s'il est Trai que la crainte de Dieu soit le commèntement dé la sagesse^ on a ce commencement là, mais on n'a pas daTantage.

Dieu en vain tu ne jureras Ni autre chose pareillement.

Cette prescription du décalogue , tout le monde te sait , est fort inexactement observée non-seulement dans les campagnes, mais partout ailleurs. Donnons-en une preuve.

L'instituteur d'une commune rurale avait été signalé, au comité d'instruction de son arrondissement, comme se laissant aller , beaucoup trop souvent , devant et contre ses élèves^ à la mau* vaise habitude de juret Dieu et autre chose pareillement.

Le magistrat qui, conformément à la loi, représentait alors, auprès du comité, le. parquet da tribunal, avait cru devoir excuser l'instituteur accusé et il le faisait en ces termes:

On lui reproche de jurer... mais^ en véfitéj messieurs ^ qui est' ce qui ne jure pas?... nous jurons tous... moi/... je jure beaucoup... je jure souvent . .

M. le curé était là qui ne protestait que par un sourire.

M. le sous-préfet seul prétendit que riionorâble magistrat se calomniait pour le besoin de sa cause.

Enfin il resta de cette petite histoire racontée

éem» la commune par rinspecteor des écoles, cette impresi^ion : que le second commandement de Dieu n'était pas d'une oUigatton très rigoureuse et, si Ton ne jura pas davantage, il est très-probable qu*on ne jura pas moins et qu'on ne se crut pas si fort obligé d'en faire pénitence.

Du reste, les gens timorés, sans se corriger tout-à-fait , emploient un biais : ils dénaturent les mots; ils disent sarché au lieu de sacré; nom d'un nom au lieu de nom de Dieu; fe diable m'emporte pas au lieu de diable m'emporte ^ etc., etc., et ils oublient, comme le révérend père Coton, quand il conseillait à Henri IV de jurer jarni Coton au lieu de jarni DieUj que le déguisement des mots prouve simplement une crainte hypocrite dont Dieu ne saurait être dupe ; ils oublient que le péché mortel est bien plus dans la ccdère qui fait jurer que dans les termes du jurement et qu'enfin le précepte défend de ne pas plus jurer en vain autre ehb^e que Dieu lui-même.

Les dimanches tu garderas En servant Dieu dévotemenL

Nous avons souvent vu des parcnsses momentanément veuves de leur curé , le dimanche , soit par vaisance, soit pour une quinzaine passée en retraite, soit pour cause de . maladie. Le seul regret que nous ayons entendu exprimer dans ces circonstances, c'^t'le regret dn silence de ladoehe qui a cessé

— TBD —

de fluaj^iier le jour et rheitre d'«ii ieiidez«-TQOi seul délaaseœeQt et la nemmnej dont Tbabiloée est deveiitte iiii de «ea befM>ins in^iérieax oomoie celui de boire ou de manger.

« Comment se liaient les affaires? Gomment ferait-on dn commerce? Gomment wmraH'-on dea. nouvelles ? Quand se v^^ait-on « si on n'avait, pas de curé 7 »

Et c'est là rimpression le plus généralement faite sur Tesprit de la population par un dimanche sans messe. Les cabaretiers^ les cafetiers, euxr mêmes , malgré le mauvais œU dont le pasteur regarde à bon droit leurs étddissements , ne sont pas les derniers à déplorer san d>senee.

Ce n'est point, en effet et en général, le sentiment religteux qui fait garder les dmûncheê dans la commine. L'église, o'est, avant tout, un point de ralliement; kt messe, une beure fixe que lea ékmhesi annoncent & tous; le prône, comme Toffice tout entier, une cérémonie totalement incomprise où l'on dort lO' plus souvent , où nous avons , un jour , entendu un curé fort spiritael dire du haut de la chaire:

*< M. l'adjoint, ne ronflez donc pas si fort, voua allez réveiller H; le maire; »

Où Ton n'éooute enfin que lorsqu'il est qnesticm des affaires de la paroisse, des mariages, dea décès, de& recommandations pour les malades ou poor les morts, ou, enfin, lorsque quelques allu* Sions que la charité ne voile pas toujours suflsam-

ment, iriesDeftit faire deràier quelques désordres partîenliers da&» la poronse et pféter ainsi à h médisance, pour tout le reste de la jonniéè, une pâture aTidemeiit décorée.

La meese dite, un offlder ummcq»! Ht, à la porte de Fé^se, le boUeCindet lois, les promesses de marîa§e et les cspeulaires administfatives , puis les cabarets finissent de s'emplnr et, le Tin du cru aidant 9 retentissent faientdt des coninentaires aux* quels donnent lieu toutes ees choses.

GeuY qui ne prolongent pas leur séjOttr ilans ees uniques lieux de distraction que possède la commune, sont tes traTaiilttirs les plus zélés. Ils ont hâte de retourner aux travaux urgents de la saison ou aux nombreux menus trayaux d'cmtré qu'exige une administration aussi complexe qne la leur et que les choses essentielles ont dû faire négliger pendant la SCTsaine.

La sanotiÉeatîon du fmanche par la pri^Pe, par le repos hbsioln et par d'honnêtes délassements n'est donc jaiMis dbserrée telle que l'enseigne Téglise. Le Âmanche, c'est, avant et après la messe, le jour des petits trayaux dont je viens de parter ; c'est le jour du commerce, des jeux de cartes et de billard et, surtout , c*est le jour du vin.

Pour -les femmes , c'est le jour de presque tous leurs travaux ordinaires, travaux tels qu'à trente ans une femme des champs est fanée, ridée , édentée, tellement vieillie enfin que pas un habitant des villes. ne manque.de la croire d'au moins

ans [dus âgée et 'qu'dtte porte «n toute sa per^* son&e les meilléiirs préBenrotils cootre le» séduc** lion» dti Htalin esprit. .

Quant aux jeunes filles^ ({ai ne YOttt point ordH nairement an cabaret et qui^ n'ost aucuns Ueux de réunion où , sous la sunreillanoe de quelques honnêtes parents, elles puissent se livrer à des plaisirs décents ^ ettes vont « isolément , après les offices , conduiiie , chacune sur le t^rain de sa famille , leurs bestittax aux pâturages. C'est là , derrière les haies, que, cherchées par les coqs du village, elles ébauchent leurs premières passions ^ pas toujours 9 nous le disons à regret, pour le bien de leur réputation; mais^ en conscience, est' ce bien à elles qu'il serait juste de jeter la première pierre ?

Enfin , le dernier acte de la journée du dimanche a lieu la nuit, à des heures plus ou moins avancées. On voit alors de malheureuses femmes, quelquefois même de petits enfants," venus de plus ou moins loin, rôder timidement autour des cabarets, chercher leurs maris , leurs frères , leurs enfants , leurs pères et s'estimer heureux quand ils ont pu, à^ force de sollicitations, au travers de discours plus ou moins grossiers et an prix de traitements pdus ou moins durs, les arracher à Fivresse, à'des jeux ruineux , aux querelles et aux batailles;

Seureux encore quand les pères n'ont pas alors la cruelle et stupide idée de faire boire aussi et Cenivrer leurs pauvres enfants et de faire sabir

à la nralheorease mère ce dooble eriHâfteiiieiit 1 Userait faicB encore possible de eontmiier cette dernière et misérable partie de Tfaisleire da dimanche jusqu'au lundi et mèn^ au-delà , mais à quoi b^n dépasser le jour du seigneur pour d'aMsi tristes exceptions...

Tes père et mère honorerai Afin de vivre longuement.

Ce n'est pas la réunion matérielle d'un homme, d'une femme et de leurs enfants qui constitue seule rinstitution sainte à laquelle on a donné le nom de famille; mais c'est l'accomplissement de tous les devoirs que cette réunion impose et que le quatrième commandement dé Dieu résume explicitement et implicitement.

Si l'accomplissement de ces deyoirs y si les effets de cette réunion laissent généralement beaucoup trop à désirer , le but du créateur n'est pas atteint et la société doit se préoccuper du perfectionnement d'une institution qui lui sert aussi essentiellement de base.

Parmi les inconvénients qiû s'opposent trop souvent à raccom{dissement des 4evoirs que le quatrième commandenient impose à la famille » tout le monde^ a pu constater les suivants :

Quels que soient les pères, intelligents ou idiots, instruits ou ignorants, polis ou grossiers , doux ou brutaux , bons ou méchants , laborieux ou fainéants ,

ëobreâi on îTrognes, écoiiomM ou proâigaes,^ relK gietax ou im]Bm , probes ou ûoprobes» vierges de pôar suites jadietaires ou forçats libérés , tous S08t , an mtoe titrer a^'v^ee les mèoies droits, les édu^ tsalenrs de leurs enfants e% les arbitres absêlss^ de leurs destinées.

Et quand ce sont les ^ices qui dominent dans le ménage ; quand Tenfant reçoit l'exemple du vol ; quand le maraudage deyient pour lui an enseignement et souyent même une obligation sous peine de coups ou de priyation d aliments; quand le père rentre abruti par le yin ; quand la mère , harassée de ses travaux sans délassements , fatiguée de son isolement, de sa misère et irritée des désordres qui en sont la cause , s^emporte en justes plaintes; quand les injures , les yociférations et les coups lui répondent; quand les meubles voient en éclats et quand de pauvres enfants s'enfuient frappés de terreur, peuvent-ils bien, après tout cela, (et ces faits ne sont pas rares), emporter avec eux les sentiments que leur impose le quatrième commandement.

Et quand nous aurons vu , par l'étude des autres commandements comme par les exemples cités p. 64 et 65 , les leçons que trouvent les enfiants ofaez leurs parents relativement à la décence, à la vérité et au respect pour la persoinne et pour te bien d'antrui , nous conviendrons que la famiUe est une institution pour laquelle il doit rester encore quelque chose à faire.

Quels sont en effet les prenuers froilg de cette édacatioQ patinette? — les plaiates unitendlest, las cris des mères contre Tesprit raisonnew , indécile et irre9pectiieux de leurs enfutts , malgiié la aoUicilude avec laquelle elles savent tes sonslraire aux corrections du père, dont elles eraignent avant tant les emportements et le défaut de mesure*

Puis, sans vouloir id. pasaer en revue toutes les phases de cette partie de la vie de famille, nous terminerons par un trait d*<^servation commune qui les résumera toutes:

£n général, quand le cultivateur a élevé ses enfants , ses forces sont devenues insuffisantes pemr lea durs travaux de la campagne et il est trèfirarement assez riche pour les faire exécuter pur des salariés. Il sait d^ailleurs que le salariat est loin d'exciter le zèle et que les travaux ainsi faits sont ou ruineux ou, au moins, sans profit pour celui qui les paye et qui n*a pas li^ force d'en prendre sa part.

Aussi , tant qu'il peut joindre l'action au coskmandement, les enfants sont intéressés à rester associés à son œuvre ; mais , quand il est bien constaté que le travail de ses mains ne peut plus le nourrir, il faut qu'il se résigne, ou à être abandonné, ou à faire le partage de ce qu'il pos* sède ; et ce partage est une impasse dans laqueUe il est forcé devenir achever son sacrifice.

Quand il laisse assez de bien pour . qu'il y ait

profit à lui garantir une rente qui puisse suffire à son existence, il se retire dans quelque réduit et, s'il souffre d'tin isolement auquel il n*est pas habitué , du moins il est chez lui ; 9 est libre , sauf les difficultés qu'entraîne fort souvent le reedn:vrement de la rente.

Mai» lorsque le bien n'offire pas ce profit qui permet d'assurer l'indépendance de celui qui en fait Fabandôn, il faut alors que le maifre se résigne à accepter sa retraite dans le domicile de ses enfants ; mais comme la vie de famille ne se continue pas entre frères et sœurs , qu'ils viyent séparés les uns des autres et qu'il faut partager également le fardeau entre eux, Tannée est alors divisée pour le père en un nombre de déménagements égal à celui des enfants.

J'ai longtemps connu et fréquemment vu une de ces pauvres victimes de l'organisation rurale du travail et de la familte.

Il avait quatre enfants que sa bonne réputation de fermier lui avait, relativement, permis de marier richement.

^11 lui avait fallu, un jour, n'en pouvant plû», accepter , pour lui et sa pauvre femme , cette vie d'alternance dont nous parlions tout à l'heure et qui, si elle plait à la jeunesse, est, en général, parfaitement antipathique à la vieillesse. Le mari et la femme n'y résistèrent que deux ans.

Je les Voyais souvent et jamais je ne venais à eux , moi qui les avais si longtemps connus dans

leur prospérité, sans qa'k Fiostant ils fondissent en larmes.

Le père me disait un jour : « J'ai mangé quel- « quefois de bien mauTais pain pour élever mes « quatre enfants; maisw. je ne sais pas comment « cela se fait... je ne Fai jamais trouvé aussi amer « que celcd d'anjoord'lmi >».

Ce pauvre homme, devenu paralytique, survécut deux mois à sa femme et c*était à qui, de ses enfants , n'aurait pas la corvée de son dernier soupir.

Quelques jours avant sa mort , — il s'en fallait de trois jours que le trimestre fût fini , -^ le gendre, chez lequel il avait passé ce trimestre, le pince dans sa diarrette , sur une botte de paille et le conduit ches le fils aine auquel revenait Td^ligatien du trimestre suivant; mais une querelle longue et violente s'élève entre les deux beaux-* frères qui ne voulaient l'un et Tautre, ni recevoir ni remmener le malheureux vieUiard.

L'intercession de la bru mit pourtant fin à cette scène cruelle à laquelle Je pauvre homme, reçu enfin dans la maison de son fils, ne survécut que quarante-huit heures.

Dans la même commune il y avait, il y a quelques années, une vieille femme de 9ô ans^ qu'on trouvait, tous les jours, accroupie le long des chemins où elle faisait paître une chèvre et où elle rongeait péniblement un morceau de pain noir et quelques bribes .de fromage. Ses trois générations

d'enfants, presque toas gens aisés, répétaient arec un singulier orgueil, en la montl^nt:

« Kegardez notre grand*mète, comme elle se « porte bien i et pourtant elle n*a , de sa ^e , « peut-être, fait un bon repas. »

Tels sent, en général, dans les campagnes, — et nous pourrions, à Finfini, en midtiptier les exemples, -«• les sentiments qae la Tieillesse tronre dans le cœur de ses deseendaifts.

Homicide point ne seras De fait m volontaireim^t.

Après les témoignages d*amour filial que nous Tenons de rappeler et auxquels toutes les espèees d'héritages donnent plus ou moins lieu , il ne se*rait pas difficile, peut-'élre, de faire un conmientaii^ sur le cinquième commandement ; mais nous préférons laisser le lecteur le cfaercber dans la Gazette des D/ibunttuxj où les matériaux ne manquent jamais.

Quant ^ ft rhomicide qui ne passe pas dans les faits et dont la volonté , le désir , le for intérieur est seul coupable , il est impossiUe de n*en pas apercevoir quelques traces dans ces expressions quasi proverMàles dont presque tous les vieillards sont l'objet: « Nous ne lui souhaitons pas la mort, « mais si le bon IMeu le prenait , il lui ferait une « grande grâce et à nous aussi. »

D'autresf — et nous l'avons phis d'une fois en-

t^a4a de mémey — diâent pla& simplement: « Sk « le b(m Jt^im en a bfBsaini fiiat pa& qu'il &*«& * jorive. *

VPetIX*.

Luswriitm p^int ne $trm

Si nous ne teniims p^s à œ que ee tnn^ puis^ être la par tout le OMMide, nous Eté mai^ queriens pas de matériwx. pou? écrire un, long chapitre sur ces deux conamaudemeutâ , et sur la mu* nière dont on y c^éit dans les campagnes; mata si Fou se souvient de ce que nous avons dit (p. 64 et 65) de Tabandon auquel sont condamnés les enfants dès leurs- premières années ; . de k t^uriasité avec laqaeUe ils ouvrent les yeux et les oreilles à tant de choses qu'ils ne devraient ni iK)ir , ni entendre ; de l'incurie inepte et coupable avec laquelle on les expose à cette pernieiettae) éducation, on comprendra sans peine et- sans qu'il nous faille en exposer les preuves, que des imaginations ainsi souillées et abruties dès le bef«< ceau., n'ayent jamais pu comprendre la sagesee deft commandements divins et retrouver assez de. dis»* c^nement pour les observ^ar,

VIP et X\

Le bien d' autrui lu ne prendr»

Ni retiendrai à ton esckfU,

Biem d'autrui ne convokems^

Pour les avoir injustement.

Les qualités que doivent ^sséder et les eon-

tBtions <iue doivent réanir tin père et une mère {Hmr radministration d'nn domaine roral et Féducation de leurs enfants, sont trop nombreuses et trop indispensables tes unes aux autres pour que celles qui manquent ne soient pas la cause de toutes ces misères dont les campagnes ofrent le triste spectacle. Obligé de lutter contre les difficultés sans cesse renaissantes d'une position dans laquelle les obligations sont toujours supérieures aux moyens, Thomme est forcément entraîné dons des capitulations de conscience qui, — la concurrence commerciale aidant, — ont fait, des relations générales de la vie entre parents et enfants, maîtres et domestiques , entrepreneurs et ouvriers,^ acheteurs et rendeurs , ont fait cette forêt de Bondy contre laquelle tout le monde se dépite et crié et que presque tout le monde défend, lorsque quelques voix s'élèvent pour parler de réformes.

Nous discutions, un jour, dans un conseil de fabrique paroissiale, sur cette question de probité dont la formule est contenue dans les T et 10* commandements, et là, parmi cette élite des hommes pieux de la commune, nous ne pûmes en amener un seul à confesser Tobligation de ne pas vendre un objet défectueux en laissant lacheteur ignorer ses défauts;

« Dans un marché j nous r^ondait^on, chacun « est pour son eompu et tant pis pour ceux qui h*y « voiont poj clair. »

Mous disions à l'un d'eux : « On vous a vendu

une : trës4)dle vadie; mais on tous a trompé , oar elle lie donne que de trè8^mau▼ais^ beurre. A T^re toar tous Toulez la revendre; ne préyiendrez-Tons pas l'aehetoir que «es qualités rédies ne répondent aucunement à ces qui^lés^ appairentes?

« Non assurément , répondàii-il ; je ne dirai rUn pour, tMns je ne dirai rien contre. Cesi une ^fatre à décider entre la vache et l'acheteur. »

A telles sont les règles de la probité parmi les hommes les plus consciencieux et les plus éclairés dans les campagnes; feut-il s'étonner, après cela , des denrées falsifiées; des quantités faussées ;' des bornes déplacées ; des cours d'eau peu-à-peu changés de direction ; des arbres patiemment amenés ou soustraits à la condition de mutualité; des dettes niées ; de la maraude et ' du braconnage de jour et de nuit, puis du vol et de l*assassinat et enfin de toutes les variétés d'infraction aux V et 10® commandements.

VHP

Faux témoignage ne diras Ni mentireLS aucunement.

Tout s'enchaîne dans œ monde : si, c(Hnikie nous venons de l'exposer, il résulte de Tantagonisiàe des intérêts que les hommes d'élite d'une paroisse se trouvent forcés^, sous peine d'être éternellement dupes ou victimes, d'habituer leurs consciences à de pareilles capitulations , comment seraitril i^cesr^

siMe que la vérité reslàt parloift ftiHeurs tataote an milieu de ee perpétuel eonflit? Et ne pouvcmsiHNis pas, en ép(At et eu raison ^ nous pireneneer pour la négative» quand nous trouvofns celte né-«^ gative si formellement confirmée par cette sentence proverbiale: omnis homo mendax (tout homme ^sf menteur).

Quelle est, en effet, celle des relations humaines dans laquelle la vérité n^ait pas, tous les jours, à subir de plus ou moins fortes atteintes : négociations de mariages ; rapports de^ époux outre eux^ euUure des hérUages à venir \ ventes et achats; déclarations à Tadministration et à la justice ; di* plomatie ; simples rapports de société enfin ; parto^ et toujours le mensonge, plus ou moins gros, plus ou moins effronté, plus ou moins nuisible et , de plus , trop souvent aussi la calomnie.

Citons un exemjpe :

Un domaine avait possédé , de temps immémorial, par titres et usage, un cours d'eau qui alirmentait une usine. L'usine, un jour, avait été abandonnée et le cours d'eau , peu à peu détourné de sa voie , avait fini par quitter la propriété à laquelle il appartenait.

Plus tar4 , le propriétaire voulut rétablir son u^e et reprendre son cours d'eau ; mais il s V gissait de prouver que la prescription trentenaire n'était pas. acquise et vingt témoins certifiaient , avec des circonstances positives, que, il y avïitt tout au plus vingt-huit ans, ils «raient, enâinlâs,.

jûtté daDB le ^coiu« d'ean primitif; mate une ia* fltteiftce supérieure ^taat venae peser sur leurs souvenirs, tous» coioiBe ua seul honMue, affinnèreAt , «1 momeiit décisif, qu*il devait y avok plus de treute ans que le cours d'eau s'était fait sa v«te nouvelle*

Cet exemjde ^ pris entre mille , prouve eombien est fondée cette opinion du barreau, des parquets et des tribunaux, qu'uae enquête est une loterie d'où, peuvent sortir et d'où sortent, avec des chances ^des, le mensonge et la vérité, malgré les sejcments dont la justice fait ses auxiliaires.

PRTKCIPAUX PRÉCEPTES DE L'ÉVAUGILE.

. Si les bornes de ce travail n'étaient pas restreintes , il y aurait matière à de longs et intéressants commentaires dans la comparaison des mœurs de l'homanité avec les préceptes de l'Ëvangile. Nous nous bornerons à trois points de vue : les devoirs envers Tautorité temporelle, l'amour et l'emploi des richesses et l'amour du prochain*

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