CHAPITRE PREMIEB
La Commune tbue qu'elle est.
Nous disons tous que la commune doit être l'image de la famille.
( Af. le tieomte d» Melun à U chamhr» des Représentants le 7 amH 851).
En donnant , à la commune , la famille ponr modèle , la pensée de M. le Tiocnnte de Melun planait assurément sur une de ces famillea dans lesquelles Tabcord des sentiments , des idées et des intérêts produit , ayec le développement et la juste satisfaction des aptitudes natives y l'harmonie en toutes choses.
Quelque part , hélas ! que nous arrêtions ;Ia nôtre, il nous est impossible de ne pas reconnaître avec douleur combien la commune est loin encore d'avoir pris la famille pour modèle.
^ Une des aptitudes le plus généralement répaîi* dues est celle qui inspire , à des degrés différents, Tamour des spectacles de la nature ; Tamour des fleurs 5 des arbres , . des eaux , des prairies , des forêts et des champs et aussi l'attrait vers les Boins et les travaux qu'exigent toutes ces choses pour satisfaire aux désirs de l'homme.
Aujisi est-il bien peu d'habitants des villes qui rêvent le bonheur ailleurs qu'à la campagne ; et le but de toutes les aspirations comme de tous les travaux est de s'y créer une retraite quelconque sous un peu d'ombrage et au milieu des fleurs.
D'où vient donc que les campagnes se dépeuplent (1) tous les jours davantage au grand embarras et au grand détriment de l'agriculture? D'où vient que leurs habitants aflDiuent et se pressent de plus en plus dans les villes , où ils multiplient , avec les misères de la concurrence , les difficultés et les dépenses de l'AdmiMistration ?
Cela vient , à n'en pas douter, de ce qu'ils en soat chassés par les conditions défectueuses que le travail y trouve , par l'ennui et par tous les dégoûts que traîne avec lui le paupérisme.
Si les inondations étaient étudiées et si les eaux étaient dirigées, à partir de la source des fleuves
( 1 ) Noua pouvons citer une commune rurale , — et un grand aoinbre 'd'autres lui ressemblent , — qui , il y a vingt ans » n'avait d'absents que neuf de ses enfants et qui, aujourd'huy , en. a pins de cent qui courent le monde et qui laissent sa population diminuée de plus d'un dizième.
m, ée- lÈmra affluents ^.aa Heu dft Tétxe seulement lalr le tIxéMre de leors^raY^âs, on aurait asau? rérnent bien ^mm de. sinistres à enregistrer , bien moins de difiicultés à yaincre et bien moins de dâpemses à faire^ .
r. C'est ^ donc à sa source, — « dans la eonuEune rurale , . — dans cet élément alvéolaire, de la so* ciété.et mon dans les plus grands centres, de po- {Hilfition qu'il faut étudier d'abord le Paupérisim et les mojens d'arriver à son extinction.
: Pour joindre la pratique au précepte, nous étudieroBs la commune depuis le berceau de ses eor fiants jusqu'au cimetière auquel elle confie la dépoiàtUe. mortelle de ses habitants et, à chacune des phases de cette existence telle qu'elle est y nous opposerons les institutions qui pourraient, la fair^ devenir telle que le voudrait la grande peusée de V Ea^linction du paupérisme ^ la plus grande peutêtre et assurément la plus sainte de toutes les pensées que notre siècle ait pu concevoir et formuler.
Le berceau dans la chaumière et la crèche; — la première éducation au village et la saUe d'asile ou école primaire ; — Vécole priinaire de campagne et la salle d'asile supérieure ou école secondaire^ — Vapprentissa^je et les écoles professionnelles ; — le travail isolé et uniforme et le travail sociétaire et varié; '^ Le salaire et le pirtage dans les produits du travail; — Le rrforcelîemeiU d'i la vropriété et son administration uniiiire ; — te cabaret et les délas^
iements intétteetueU ; — - te brecùnnage et les chaises mithodi^es ; et enfin le mariage , la famille et Us musurs comparés dans la commune actuelle et dans ta cité agricole»
Tel est le cadre qu'embrassera Fétude par laquelle nous entreprenons de compléter d'anciens trayanx honorés des pins hants encouragements (t ) et qu'un long voyage en Amérique ayait suspendus (2).
( 4 ) Le Conseil général de la Seine , dans sa session de novem« breiS47, accueilUt favorablement, à Funanîmité. mon projet d^AeUe ruraS fenfantSçirauvéseit le recommanda à i'attentention de M. le Préfet. ,
Au commenoemeBl >de 48ia , M. le comte de Rambuteau ,
Sréfet de la Seine ^ s'occi4)ait aTec une sérieuse sollicitude, e l'examen de ce projet, auquel, enfin, en 4852, r£mpereur, lui-môme, accordait une parole de bienveillance et d'encouragement.
(8) Un naufrage au Tea?a«, observations et impressions re-
■ " Il Texas et à Paris, 4858.
cueillies pendant deux ans et demi au Texas et à' travers les Et^ts-Unis d'Amérique; 4 v. in-42,
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