‹ L'extinction du paupérisme réalisée par les enfants, ou La commune telle quChapitre 6 sur 27 · LA SALLE D*ASILE · texte numérisé non relu

LA SALLE D*ASILE

OU Ecole primaire "dans la Gommime telle qu'elle pourrait être.

Déy0!o]^per dans l'individu toute la parution dont il est susceptible.

(Kant)

Pour arriver à connaître les en^* fants, il faut demeurer avec eux , se mêler à leur vie en s'efiEacatnt pour laisser leurs inclinations se trahir en liberté, (jfmo Pape née Marie Carpantier^

directrice de P Ecole normale des ealleê doHle.)

Le fondateur auquel , par une honorable supposition, nous ayons confié la réalisation de V Extinction du paupérisme y s'est occupé , dès la première année et pendant la fondation delà crèche, de l*établissement qui doit sertir de salle d'asile, pendant cinq ans , aux enfants qui auront accom-

pli lenr deuxième année et qui devront, successiyement faire place , dans la crèche , à vingt enfiints nouveaux-nés.

Nous croyons que ^ dans une création qui doit être , à perpétuité pour les enfants , la maison et rbéritage paternels , le nom de saUe d'asile doit être remplacé par celui d'Ecole primaire.

C*est là y «n effet , pendant ces cinq années si malhenreusanent perdues dans la vie ordinaire, que commence spécialement la première éducation et que doit particulièrement s'édifier , à Tabri d'une surveillance continuelle , sympathique et savante dans sa spécialité , la base de toutes les actions du reste de la vie.

Cette école primaire doit donc £tre <;onstruite pour une cesitaine d'enfants qui doitent éternellement, — de 2 à 7 ans et par essaims successifs de 20 enfants sortant chaque année de la crèche , — en former la population^

Elle aura, au rez de chaussée, comme toutes les salles d*asile , une grande pièce planchéiée , bien aérée , ayant , à une de ses extrânités , des gradins en amphithéâtre , au centre des bancs latéraux et tout le mobilier ordinaire de ces institutions.

Une autre saUe ^ en forme de longue galerie , garnie de bancs tout automr , destinée aux récréations pendant le mauvais temps , aura aussi pour destination, le dépôt et la mis<3 en ordre des chaussures .de rechange, des ustensiles et des

petits outils dont chaque enfant doTra se servir pour ses traTaux.

Cet objets rangés , par ordre des numéros eoiv respondants à chaque enfant , seront , — les chaussures — r placés , sous les bancs , qui lor* meront de petites armoires et les outils accrochés symétriquement en faisceaux le loug des murs;

Le premier étage, ainsi que le second, qui pourra être disposé en mansardes, seront partagés en dortoirs contenant chacun une dizaine de petits Mts et (diaque lit sera muni d*uue petite armoire destinée au mobilier de chaque enfant.

Entre deux dcurtoirs sera placé le lit d'une surveillante.

Du jour où les enfants passeront de la crèche à l'Ecole primaire , les sexes auront chacun leurs dortoirs: et des bancs distincts dans la salle d'étude.

De ce jour aussi il sera adopté dans le costume, un signe distinctif, en attendant l'époque où les gançons quittent le costume féminin.

Dans les exercices , dans les promenades , dans les travaux qui peuvent se faire en lignes régulières , les garçons prendront la droite et les filles la gauche.

Nous dirons ici, une fois pour toutes, que le but du fondateur étant la création d'une grande fàmiUe , d'une de ces familles patriarcales , dans lesquelles l'éducation reUgiense, inteUectuelle et industrielle s^a soumise à une direotioa uni*

taire ^ là, les enfants, sont tous, jusqu'à leur majorité , des frères et sœurs , qu'une suirveillançe paternelle et materneUe éclairée et inœssamment aidée de celle des aînés de la famille , préserve facilement des écarts d'esprit , de cœur et de conduite si communs dans la Tie ordinaire.

L'établissement et l'accroissement de cette grande famille ne se fait d'ailleurs (nous le répétons, car oda est capital dans notre œuvre) , que par essaims successifs de vingt enfants.

Ce nombre proportionné à la moyenne des naissances que peut donner par année une commune de quinze à dix huit cents habitants t ne pourrait être dépassé sans détraire les rapports ordinaires et nécessaires des âges et l'équilibre qui en résulte.

L'Etat, qui exerce sur cette famille un patronage supérieur, pourra toujours, facilement ainsi, en surveiller les développements, en constater les avantages ou les inconvénients et en indiquer ou même en ordonner les modifications qui lui sembleraient nécessaires.

Ainsi fondée , dirigée et surveillée , cette fajfnille ne tardera pas à fournir la preuve, déjà donnée d'ailleurs depuis longtemps ^i Suisse (1), que rédu>cation simultanée des deiûL sexes et leur réunion fraternelle dans les travaux offirent, au lieu de

(t) ' Etudes sur les colonies agricoles par MM. de LurUu «t Romundy 485lv

^aiid9 inconvénients dès longtemps reprodiés i ranciiBn mod€, de précieux avantages que ne produit jamais leur séparation.

Pendant la première année de TEcole primaire et successivement pour les vingt enfants de deux ans qui sortiront de la Gcèche , la vie de ces tout jeunes élèves tera^ pour ménager la transition I partagée entre les deux établissements. CeuxHd , contigus Tun à Tautre et se communiquant , permettront que la salle à manger et la salle des jeux leur soient communes et que, de temps en temps, les enfants d'un à deux ans, viennent se mêler à quelques-uns des exercices de TEcole primaire.

Fuis même , dans celle-ci , il sera facile de trouver , parmi les enfants de cinq à sept ans, de ces nataâres bienveillantes pour les petits et les faibles ^ dont Tintervention fréquente à la crèche sera d'une grande utilité et d'un précieux exemple.

L'administration de notre Ecole primaire ne pourra faire mieux que de suivre les pratiques adoptées dans les salles d'asile de Paris ; mais son but Tobligera d'en abréger quelques-unes et de les remplacer par des commencements d'études pratiques industrielles , dont la vie agricole lui offrira toujours une grande variété.

Dans un rapport présenté, en 1848, par M. Dumont , à la commission départementale de la Seine , on nous demandait « quelle seraU la nature du

travail des enfants de la salle d'asile et qm en eon-

sommerait les produits? »

Yoid ce que nous réponifions : ( I ) « A Fextériear , quand le temps est beao , le» petits enfants peuvent être et sont employés au ramassage des pierres , des copeaux , des bûehettes » des pommes de pin , des glands , des noix , des noisettes , des amandes , des diètaignes, des faines, des pommes de terre, des topinambourgs , des carottes , des betterayes , des pommes , des poires , des cormes , etc , et de toutes sortes de feuilles tombées.

« On J^ emploie aussi à la cueillette des prunelles f des mûres , des fleurs et des feuilles de plantes médicinales, des feuilles de mûrier pour les Ters à soie et de Therbe pour les bestiaux; au glanage^ au fanage, aux vendanges etc. « etc. « À Fintérieur, quand le temps est mauvais, on les emploie à faire de la charpie pour les blessés ; à efiSler de la soie , pour avoir de bons oreillers ; à coudre des surjets ; à tricoter des jarretières ; à festonner ; — k écosser des pois , des haricots , des fèves ; — à trier , de leurs coques cassées, les amandes de tous les fruits à noyau et des noix , des amandes et des noisettes ; — à trier des osiers pour Tatelier du vannier, qui fait et qui montre à faire

les petits paniers ; à trier de la paille pour faire

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( 4 ) Défense des enfants trouvés et de leur asile rural : In^a 4849.

« de& paiUasBons et de grands châpeaul; «— H « séparer par catégories de gro», moyens et pe« « tits tous les fruits qui peuvent être destinés « au commerce ; etc. «

Nous joignions à cette énumération la descrip-* tion d'une table dont les dispositions doivent faciliter ce dernier triage, en le rendant amusant pour les petits enfants et nous ajoutions:

« Il n'est aucun de vous , messieurs , qui ne « sache que je suis loin d*avoir épuisé la série « des petits trayau^^ des enfants, puisque j'ai « omis tout ce qui, dans les métiers, dans les < arts, dans l'industrie, peut utiliser, dans de « courtes séances , leurs nombreux moments per- « dus, en les amusant et en commençant ainsi « leur instruction pratique.

« Il n'est aucun de vous , non plus , qui ne « soit bien persuadé que tous ces petits travaux, « qui n'augmentent aucunement les dépenses de « l'école 5 ne puissent présenter au moins, par jour, « pour chaque enfant , un produit de cinq centimes.

« Permettez , je vous prie , messieurs , qm pour « l'auteur du rapport auquel je réponds, je pro- « duise ici quelques preuves :

« Un double décalitre de gland» se vend, en « moyenne , 7ô centimes, l'ai vérifié que des en- « fants, non pas de 4 à 5 ans, mais de 2 à 3 « ans, en ramassaient, en s'amusant, un litre en> « vingt minutes.

. • Qu'on répète deux fois par jour seulement

« an pareil exercice , et de même pour des noix ^ « des cormes, des pommes de terre, etc., notre « école primaire pourra donc ainsi, en moyenne, ga- « gner par joui', en s'amnsant, le modeste petit sou « auquel nous avons très-modérément évalué le tra- « vail quotidien de chacun: de ses élèves, et cela, en « n'évaluant qu'à cinquante centimes la valeur que « le ramassage ajoute en moyenne à la valeur intrin- <« sèque d'un double décalitre de ces divers produits.

« Une vache laitière consomme, en moyenne, « cinquante kilogrammes de fourrage vert qu'on « évalue , en moyenne aussi , à un franc. U suffit « donc que chaque enfant cueille, dans sa journée, « en deux ou trois séances, deux kilogrammes et « demi d*herbe ou de feuilles ^ qui, sans ce soin, « resteraientperdues,pour que le sou soit de même « gagné. »

Si on nous contestait ce modeste produit pour les enfants de 2 à 3 ans, on nous accorderait nécessairement, que de 6 à 7, la compensation pourra être largement obtenue.

Personne n*aura la pensée d'exiger que nous démontrions davantage, — par comparaison avec les cinq années ordinaires de vagabondage des enfants de deux h sept ans , — la supériorité , au point de vue intellectuel et moral , de leur éducation dans la salle d'asile ou Ecole primaire.

Ce que nous devons constater, c'est le produit de ces premiers travaux , en spéculant sur trois cents journées de travail ou 1 5 francs par enfant et par an.

Nous aurons donc à porter ea recette, pour notre Ecole

primaire^ pour yingt enfants et pour la première année* . .

Pour la subvention de Tadministration des hospices < •

Et pour le bénéfice des , fournitures afimentaires et de deux Taches ajoutées au chepteL •

A ce revenu opposons de suite la dépense :

L'obligation d'avoir, tous les ans, pour diaque groupe de vingt enfants nouveaux-nés, quatre nourrices nouvelles, donnera la possibilité de faire un choix éclairé parmi les nourrices qui devraient être mises à la réforme et qui désireraient ne pas quitter rétablissement.

Deuj( de celles-là passeraient donc , comme gouvernantes , à racole primaire avec la première division sortant de la crèche et sans diminution de leurs appointements, soit, y A reparler. . . .

Receitet.

«« «ce

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