‹ L'extinction du paupérisme réalisée par les enfants, ou La commune telle quChapitre 9 sur 27 · ICK · texte numérisé non relu

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L'augmentation graduelle du revenu de sa terre et le produit du travail des enfants répondent à ses prévisions ; et leur progression est facile à entrevoir et même à calculer.

Mais le monde, habitué à la routine et si peu disposé À croire que les ornières dans lesquelles il se traîne puissent être comblées , — le monde qui a si peu compris encore les bienfaits des crèches et des salles d'asile ; le monde ne verra , dans ces cent quarante enfants, si bien élevés et si heureux, quand on compare leur sort avec les affreuses misères que subissent les enfants-trouvés et tant d'autres, — et auxquelles on n*a rien changé encore depuis que nous en avons tracé le tableau (1) — le monde ne Verra encore là , disons-nous , qu'une sainte fantaisie ou la folie d'un homme riche et non point une œuvre pratique applicable à la société tout entière.

Continuons donc, jusqu'au bout, notre démonstration.

Les personnes , trop peu nombreuses encore , qui savent apprécier l'heureuse révolution commencée dans l'éducation générale par les crèches et les salles d'asile, reprochent à ces dernières beaucoup de temps dépensé en marches, contremarches , évolutions et gestes improductifs , qui deviendraient doublement utiles , nous croyons de-

(0 Asile rural d'enfants trouvés^ 1848.

voir le répéter, s'ils étaient consacrés à l'apprentissage, h; r étude pratique des travaux réels.

Notre établissement, on le voit, ne mérite pas ce reproche. Nos directrices, qui toutes auront fait , nous Tespérons , leur éducation au cours ptatique des salles d'asile de Paris, sentent parfaitement leur bonheur de pouvoir appliquer , aux ceuvres utiles de la vie réelle, les enseignements précieux qu'elles ont reçus dans cette modeste et unique institution. Elles savent rendre le travail attrayant, en le variant, en n'y consacrant que de courtes séances, en l'entremêlant de jeux et de chants , et enfin en étudiant les aptitudes , les vocations , en aidant à leur éclosion et en les dirigeant, sans contrainte, par attrait, dans leurs justes développements.

IJn des puissants moyens d'aider à ces développements , est la création de cadres des occupations diverses et Tinscription , dans chacun d'eux, de tous les enfants qui en feront la demande.

Tous ces cadres, exposés dans la galerie, servent de points de ralliement aux enfants qui y sont inscrits, et qui se groupent autour aussitôt que l'heure des travaux a sonné. À chaque cadre est attachée uue bannière distincte qui, ainsi que nous l'avons déjà indiqué en nous occupant de la crèche , est confiée , comme récompense, à l'un des plus méritants ^du groupe, et devient ainsi, — en «réant , dès les premiers pas , la religion du drapeau , — un puissant moyen d'émulation.

Chaque enfant, pour cherdier et essayer luimême sa vocation, doit avoir la liberté dé se faire inscrire et d'alterner dans autant de groupes (pi'il le désire. Il est des natures dont les apti^ tades sont diverses et qui, faute de trouver satis^ faction pour elles» se font, dans le monde ordinaire, une fâcheuse réputation de légèreté, d'incapacité ou de paresse. Notre fondateur, persuadé que la plupart de ces mauvaises réputations ne sont que le fruit de mauvaises circonstances, applique toute son attention à réunir, autour de ses enfants adoptifs, le plus grand nombre possible des éléments de l'activité humaine.

A tous ces petits travaux de basse-cour, de cueillette i d'agriculture et de ménage ; à ces rudiments de musique, de dessin, de lecture, d'éeri^ tare et de calcul, il a joint les ateliers de confection de tous les objets les plus usuels et les élèves ont^ assez près d'eux pour pouvoir les visiter tous les jours, le charron, le menuisier, le charpentiCT, le maçon, le couvreur, le serrurier, le taillandier, le maréchal-f errant , le bourrelier, le tisserand; puis le vannier, le sabotier, le cordonnier, le tailleur, le boulanger, etc.; même le distillateur dont le laboratoire réunira plus tard les ustensiles de chimie nécessaires à l'analyse des terres, des eaux, des amendements et des engrais.

Toutes ces professions sont nécessaires dans la commune rurale, et notre fondateur a su leur donner d'honnêtes représentants dans sa colonie.

Mais avant tons ces ateliers que nous venons d'énumércr, la crèche, dès la première annéei avait créé Fatelier de lingerie à côté de la buanderie et tout près aussi de la cuisine; puis bientôt la confiserie et les conserves qui peuvent, avec la fromageriet devenir des industries nonnseulement précieuses pour l'alimentation de la colonie et pour la multiplication des moyens d^instructiont mais aussi comme ressources commerciales.

Enfin nous pouvons admettre encore Texistence ou la création d'un moulin à farine, à huile, à décortiquer, etc. Si le moteur existe, une administration intelligente et active saura lui faire rendre tous les services qui ne dépassent pas sa puissance.

Puisqu'il est question de machines, nous croyons devoir dire, en passant , qu'il manque, jusqu^à présent, dans les usines, de précautions bien simples, peu dispendieuses, qui auraient pour eifet d'empêcher ces accidents terribles qui brisent, qui mutilent et qui tuent si souvent les pauvres travailleurs attachés à la surveillance des appareils de transmission de mouvement. Nous ne doutons pas que, dans notre école, tous les engrenages, toutes les tirasses, tout ce qui peut enfin accroc cher, saisir et entraîner les vêtements et les personnes ne soit exactement enveloppé de cadres en toile métallique, qui ne doivent jamais être enlevés sans que le mouvement soit préalablement arrêté, et nous devons espérer que la sollicitude du gouvernement fera quelque jour, de cette précaution, l'objet d'une prescription légale.

Kong espérons aussi que, dès cette septième année, notre fondateur aura, poor première récompense de ses sacrifices, le bonheur de présenter à ses concitoyens, comme à Tadministration. des hospices qui lui aura accordé sa confiance y un petit troupeau d'enfants digne de senrir de modèle , digne enfin de la pensée de saint Vincent-de-Paul.

Il y a, dit Lavater, trois espèces d'hommes sur la terre, les rétrogrades , les stationnaires et les pro^ressifs. : il se trouvera , probablement encore à cette époque dans les deux premières de ces catégories, des personnes qui , en présence de cette œuvre, tiendront à son fondateur le langage qu'on tenait à Christophe Ciolomb après la découverte de rAmérique :

« Vraiment, dira-t-on, belle merveille d'avoir « bien élevé 140 enfants jusqu'à sept aus eu dè- « pensant pour eux 93 mille francs!

Et aucun de ces éternels détracteurs ne voudra compter, en compensation de cette dépense, les cinq ann<!*es que la société y aura déjà gagnées en instruction, en honorabilité, en moralité et en avenir.

Mais si notre œuvre est protégée dans ses développements, elle ajoutera bientôt, à ces considérations morales, des budgets, qui répondront heureusement à toutes les critiques et à toutes les exigences.

Examinons donc TEcole primaire telle qu'elle existe aujourd'hui dans les campagnes; puis mettons en regard celle, qui , dans notre colonie^ doit,

us le nom d'École secondaire^ succéder à notre î d'asile ou École primaire.

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