‹ L'extirpation du cancer du seinChapitre 16 sur 48 · R) LES PECTORAUX · texte numérisé non relu

R) LES PECTORAUX

l°Halsted, W. Clieyne, Binaud et Braquehaye, Rotter font l’ablation du faisceau sterno-costal, laissant à demeure le faisceau claviculaire. On se demande si l’utilité hypothétique de cette conservation compense suffisamment les risques de récidive que peut faire naître ce faisceau, peut-être déjà lui-même infecté.

Forgue n’enlève que la portion de muscle qui répond à la ligne d’incision cutanée. « C’est là certainement un désavantage dit Chavannaz; nous préférerions une extirpation plus étendue, une dissection au niveau même des points d'insertion des fibres musculaires. » ( loc . cil. j

Monod et Jayle1 sectionnent le grand pectoral pour évider l’aisselle, puis le reconstituent par une suture. Verneuil faisait de même dans des cas de curage particulièrement difficile, pour se donner du jour.

Gangolphe n’emporte avec le fascia que les couches superficielles et récline fortement en haut le corps musculaire.

Enfin Monod et Yanverts2 font simplement la section temporaire du muscle, ou bien le soulèvent par un écarteur.

Championnière pense aussi que l’ablation du grand pectoral est inutile en principe ; à peine enlève-t-il, lors d’une indication spéciale, la partie inférieure du muscle. (, Médecine moderne , 31 déc. 1902).

1 Monod et Jayle. Cancer du sein. Collection Charcot-Debovc, 1894.

2 Monod et Yanverts. Traité de technique opératoire, p. 951, 1902, t. I.

w. M. Banks1 est égale me ni très parcimonieux du grand pecloral qu’il respecte presque invariablement, se contentant de le faire récliner fortement.

Toutes ces sections partielles sont notoirement insuffisantes. On a vu, en effet, plus haut, que Heidenhain émit l’aphorisme qu’il suffit de l’existence d’un noyau dans un muscle pour que le muscle soit bientôt envahi dans son entier, et cela, grâce aux contractions musculaires, qui font progresser les cellules cancéreuses. Rotter attribua plutôt l’altération du muscle à la propagation lymphatique2 or, malgré que la portion sternale seule du muscle soit en continuité lymphatique avec la partie postérieure du sein, il est prudent d’étendre à la portion claviculaire le conseil de Rotter et de Heidenhain.

M. Cestan conseille aussi l’ablation de deux faisceaux du grand pectoral « regardant celle de la portion sternale seule comme un minimum dont il est prudent de ne pas se contenter. »

Ln résumé, tant au point de vue de la propagation possible du cancer dans le pectoral que de la mise à nu des organes de l’aisselle et du creux sous-claviculaire, il y a lieu de ne pas approuver les réclinaisons, sections temporaires ou partielles définitives du grand pectoral.

2° De plus l’ablation du grand pectoral se fait tantôt du thorax au bras (llalsted) tantôt du bras au thorax (\Y . Meyer, Kocher, Rotter, Ghavannaz). Il est préférable

AV. M. Banks. The British Med. Journ., 1902, p. 9.

« Je ne connais pas de meilleur terrain pour la propagation du cancer que le tissu musculaire ». (Le Dentu.) Cancer du sein.

■138 L’EXTIRPATtON DU CANCER DU SEIN

de seclionner d’abord le muscle au ras de son insertion humérale, puis le rabattre de dehors en dedans pour terminer par sa libération sterno-costale.

3° Quant au petit pectoral, que Halsted sectionne puis laisse en place pour protéger les vaisseaux et nerfs axillaires et que Braquehaye et Phocas conservent à leur tour, on s'explique difficilement la raison de cette réserve.

Ce muscle peut, en effet, être atteint au même titre que le grand pectoral, puisque W. Meyer a dit que le cancer envahit souvent le tissu cellulaire placé audessous de ce muscle. Pour cette raison capitale, et pour la facilité que donne sa section à l’attache coracoïdienne au point de vue de l’évidement du creux sousclaviculaire, triangle clavi-pectoral, il convient d’adopter cetLe exérèse totale. Au surplus, sa résection n'a jamais dans les cas que j’ai pu suivre, exposé les malades à des accidents du côté des vaisseaux et des nerfs. Ce rôle de protection me semble par suite un peu théorique.

Botter, depuis un an, est venu à ce sacifice du petit pectoral.

Page 1