‹ L'extirpation du cancer du seinChapitre 46 sur 48 · VIVANTS · texte numérisé non relu

VIVANTS

TOTAL

Bullin (1894- 1898) . . .

Dowd ....

Halsted (1898)

Joerss. . . .

Rotter. . . .

Total . . .

RÉSULTATS ÉLOIGNÉS

Mais les: résultats seront quelque peu variables si on fait encore une distinction entre les chirurgiens qui enlèvent la totalité des pectoraux et ceux qui les respectent.

Soit, comme exemples des premiers : Halsted, Rotter, Ilelfericli (Joerss) et, comme exemples des seconds : Carie, Bennett-May, W. Chcyne. Les premiers sur un total de 123 cas ont :

1° Guéries sans récidive locale... 56, soit 45,52 p. 100.

2° Mortes — 42 — 34,14 p. 100.

et 23 récidives locales soit : 18,69 p. 100.

Au contraire, le 2e groupe d’opérateurs sur 128 cas observent :

1° Guéries sans récidive locale... 55 soit 42,96 p. 100.

2° Mortes — 27 — 21,87 p. 100.

et 46 récidives localisées soit : 5,93 p. 100.

L' avantage reste donc aux opérations ultra-complètes.

Parvenu au terme de ce long exposé statistique, je me garderai d’additionner les cas de mort, de survie, de guérisons, de récidives qui viennent d’être présentés. La technique de chaque opérateur, les cas auxquels on s’adresse sont autant d’éléments différents qui ne peuvent donner à un chiffre global l’exactitude requise. Je préfère laisser aux statisLiques leur indépendance, en faisant remarquer combien est complète et claire celle de Halsted. Au point de vue des résultats également, elle représente l’apogée de la méthode, et si nous embrassons, du regard, la route parcourue par la chirurgie du cancer dans le xix° siècle, nous voyons :

1° La mortalité opératoire qui était avec l’ancienne

L’EXTIRPATION DU CANCER DU SEIN technique de 17 p. 100 tomber avec IIalstedà2,40 p. 100 (tumeurs favorables) et 7 p. 100 (mauvais cas).

2° La récidive locale qui était jadis de GO p. 100 n’est plus que de 10,5 p. 100 ;

3° La guérison durable s’affirme par 42,8 p. 100;

4° La survie est de plus de 50 p. 100, alors qu’elle atteignait péniblement 10 p. 100 dans l’ancienne chirurgie.

Sans doute, l’ancienne technique a eu quelques cas assez nombreux de guérison, tout au moins de survie prolongée: mais était-ce bien réellement des cancers? c’est toujours la même objection et, le cas échéant, n’était-ce pas de ces tumeurs à virulence atténuée, chez lesquelles la récidive locale a sommeillé pendant des années?

Je suis loin de nier la guérison définitive dans certains cas, où l’adénopathie nulle, le peu de tendance à la généralisation, par phagocytose ou disposition réfractaire du sujet, et il est même probable que la proposition en est plus grande qu’on ne pense. Si les malades, surtout dans la clientèle hospitalière, avaient vu reparaître leur tumeur, il est bien certain qu’elles seraient revenues se présenter au -chirurgien ; or, si on les perd de vue, c’est qu’elles devaient être complètement guéries, c’est que « chez tous les chirurgiens, la proportion des cancéreux guéris est plus forte qu’ils ne le croient eux-mêmes ». (J. L. Faure.)

Quoi qu’il en soit, les chiffres de Halsted donnent encore plus d’espoir que ceux des chirurgiens de jadis dans cette lutte contre le cancer. Pour expliquer cette

RESULTATS KLOIGNIÎS amélioration de la statistique des récidives, certains contradicteurs ont prétendu que les nouvelles méthodes donnaient des récidives plus profondes et moins accessibles au couteau du chirurgien que celles qu’on rencontre avec les anciennes. « Seul l'examen des faits pouvait venir affirmer ou infirmer cette opinion, mais alors même qu’il en serait ainsi, le pourcentage des guérisons définitives est tellement supérieur avec les nouveaux procédés, (jue nous ne pensons pas trop nous avancer en disant que leur supériorité peut être affirmée déjà comme pleine et entière » (Chavannaz).

Traitement de la récidive locale. — « Les reproductions de carcinome et de sarcome ne compromettront pas la guérison radicale si on les extirpe largement à leur apparition. » Cette phrase de Gross 1 dicte son devoir au chirurgien : dès qu’un nodule suspect aura pris naissance dans ou au pourtour de la cicatrice, sans plus attendre, il faudra exciser, en le dépassant largement, le nouveau foyer de repullulation. L’expérience a montré que ces petites opérations secondaires donnaient souvent de très bons résultats, et tout récemment encore Iialsted proclame la nécessité d’une large ablation. Il y a des cas où une seconde opération n’a eu que de bons et durable effets.

Mais, pour bien faire, il faudra être le moins économe possible de peau humaine, en retournant le mot de Ver- 11 eu il ; mais cette large exérèse cutanée va créer une plaie difficile à combler, attendu que le lambeau cutané qu’on

1 Gross. Congres de Londres , 3° conclusion.

a ulilisé pour la première opération est encore fortement tendu, et résistera à un nouveau décollement pour permettre la réunion. On pourra à la rigueur se contenter comme Verneuil du pansement ouvert, et de la réunion secondaire; mais elle a ses inconvénients, et l’on peut fermer plus avantageusement la plaie par des greffes de Tliiersch. A celles-ci toutefois, je préférerais utiliser un lambeau pris, à la méthode italienne, sur le bras voisin, ainsi que je l’ai vu faire à M. B'auby. Cet expédient a l’avantage d’emprunter autant de peau qu'il est nécessaire, de donner un lambeau bien nourri, non tiraillé et, finalement, l’attitude imposée à la malade étant très naturelle, est supportable.

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