‹ L'extraction simpleChapitre 2 sur 7 · L. DE WECKER · texte numérisé non relu

L. DE WECKER

mètres, a été adopté, sous la dénomination de «section de Wecker, » par nombre de confrères, et, à ma grande satisfaction, par l’un des chefs de l’école américaine, M. Knapp. Aussi, sans insister sur des minuties de fractions de chiffres, sans me préoccuper du reproche qui m’a été fait d 'être rétrograde ( Steffan ), je crois fermement que l’on adoptera, en chirurgie oculaire, une section dont la définition est aussi simple que son utilité pratique est indiscutable, c’est-à-dire consistant dans le détachement du tiers supérieur de la cornée, sans y comprendre le limbe conjonctival, et en se conformant exactement à la limite de la partie transparente de la cornée.

Depuis le commencement de 1880 jusque vers la fin de novembre 1884, on a pratiqué, à la Clinique de la rue du Cherche-midi, 1 ,289 extractions, parmi lesquelles les extractions simplesnefigurent, il est vrai, que pour une fraction relativement peu considérable. Sauf la minime modification concernant la formation d’un lambeau conjonctival, et les essais, très-heureux, pour extraire, avec de nouvelles pinces-kystitome (voyez plus loin), un lambeau capsulaire, on était resté fidèle au lambeau périphérique, en se résignant à exciser, dans la majorité des cas, un petit lambeau d’iris, afin d’éviter le contrôle par trop sévère que réclament des malades pour échapper au danger d’un prolapsus iridien ultérieur. Cette pratique, un peu routinière, nous avait même permis, lors d un encombrement trop considérable delà Clinique, de laisser rentrer chez eux quelques opérés, en les faisant panser à domicile par l’un des assistants.

Ce qui avait contribué à nous engager davantage dans la voie des extractions combinées, c’était le danger que nous pensions faire courir à nos opérés par extraction simple au point de vue des complications glaucomateuses, dans les cas où la pupille ne se trouvait pas absolument centrale et ronde, mais présentait une légère déviation que nous devions rapporter à un accollement de l’iris à la plaie, avec suppression consécutive de l’angle iridien dans une étendue variable. En effet, quelques malades ayant présenté simultanément une minime déviation de la pupille et des symptômes de glaucome, nous en avions conclu que c’était au désir de leur conserver une pupille ronde qu’il fallait attribuer cette complication ; mais il nous faut reconnaître que, précisément dans ces derniers temps, nous avons observé plusieurs cas de glaucome chez des opérés

l’extraction simple.

offrant une excision tout à fait correcte de l’iris, sans le moindre enclavement ou accollement du diaphragme iridien à la plaie.

Do semblables faits devaient ébranler quelque peu notre confiance dans la garantie absolue des procédés combinés contre toute complication glaucomateuse, mais il restait encore, pour nous retenir contre toute tendance à un emploi très étendu des procédés simples, trois considérations puissantes :

1° Les réductions de l’iris, si pénibles parfois, chez des malades dont les yeux présentaient une tension élevée, ou qui avaient fait accroître cette tension par leur indocilité pendant l’opération ;

2° L’inquiétude dont on était poursuivi, même si l’on avait réussi à obtenir une exacte et parfaite réduction de l’iris, lorsque ces malades ne conservaient pas un repos absolu et déplaçaient aisément leur pansement;

3° La difficulté, incontestablement plus grande, de faire sortir toutes les masses corticales, principalement pour des cataractes non absolument mûres.

Le seul concours de l’ésérine, instillée immédiatement avant et après l’extraction, ne nous avait pas donné une sécurité complète chez les malades à tension exagérée, ou manquant de docilité, et l’on avait d’autant plus volontiers sacrifié un petit lambeau d’iris, que, non seulement la sécurité semblait être plus grande pour l’opéré, mais encore pour la raison que, si l’on comparait les acuités visuelles rendues après extraction •simple ou combinée, la balance penchait manifestement du côté du second mode opératoire.

Il fallait pourtant bien s’avouer que là ne s’arrêterait pas le progrès, et que ce ne serait pas par la méthode la plus mutilante que l’on procéderait d’une manière générale, si, avec une égale sécurité , l’on arrivait à donner une acuité visuelle aussi parfaite, en laissant l’œil dans une agrparence cl'intégritè complète.

C’est la plus grande confiance que nous donnait le procédé combiné qui, bien que nous n’eussions pas abandonné la méthode simple, nous engageait, sans hésiter, à pratiquer de préférence l’extraction avec excision de l’iris, mais nous étions tout disposé à y renoncer, ou du moins à n’en plus faire qu’un procédé d’exception, du moment où les chances de sécurité, dans

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