‹ L'extrême OrientChapitre 31 sur 132 · SAIGON ET L’INTÉRIEUR · texte numérisé non relu

SAIGON ET L’INTÉRIEUR

Les relations de voyage eu extrême Orient écrites par des Français, savants ou gens dn monde globe-trotters, manquent bien rarement de parler de Saigon avec une certaine admiration. Et cet optimisme, qu’on le partage ou non, s’explique aisément. Depuis vingt-huit ou trente jours, depuis le départ de Marseille, on n’a vu que des pays anglais. Ce sont des mers anglaises qu’on a battues, des navires anglais qu’on a croisés: on est las du drapeau rayé et des casques blancs à pointe allemande ! Nécessairement, la première terre française à laquelle on aborde bénéficie de cet état d’esprit, comme de cette propension à l’anglophobie dont se défendent mal les voyageurs qui profitent de leurs loisirs à bord pour relire lTiistoire de la domination anglaise. Le touriste enfin, s il a déjà visité deux ou trois de nos colonies, doit fatalement être enthousiaste d’un pays relativement riche on notre installation n’a point l’air provisoire, où il trouve un confort inespéré.

Quel joyeux étonnement à notre première arrivée eu Cochinchine! Toujours il

IG

nous souviendra de notre surprise ravie pendant notre première promenade au tour de T Inspection : — nous ne nous croyions pas sur un sol français !

Xotre compagnon, qui n'avait habité aucune de nos autres possessions et à qui manquaient les points de comparaison, n’était pas moins enchanté dans son soulagement de retrouver un peu de la patrie, après tant d’escales chez nos voisins; mais comme nous il en rabattit vite. Tandis que nous lisions les statistiques et faisions causer les vieux fonctionnaires, il interrogeait sur leurs impressions nos passagers anglo-saxons, gens pratiques et colons d’expérience. A notre humble avis, d’ailleurs, c’est là le meilleur procédé pour juger sâns sot chauvinisme notre établissement aux bouches du Mékong.

Aussi bien, si l'on pouvait refouler l’instinctif contentement que donne à l’arrivant la vue d'une terre enfin nôtre, si l’on savait observer dans la fièvre de ce demi-rapatriement, on n’attendrait pas d'être descendu en ville pour trouver exagéré l’enthousiasme de ses devanciers. Au cap Saint-Jacques, d'abord, on remarquerait l’inutilisation d'un point unique, l'abandon où l’on le laisse; puis, le pilote une fois embarqué, l’on s’étonnerait, en remontant la rivière, que la navigation demeure aussi difficile qu'en

Mais ce qu’on n'aperçoit point soi-même, le livre doit le montrer...

Nous dévidons les courbes de la rivière dont les lacis se succèdent durant six heures. L'hélice bat une eau boueuse qui semble charrier une poussière de brique. L’horizon, à droite comme à gauche, s'allonge, plat et monotone. Des palétuviers couvrent les rives, n’ouvrant leur triste rangée, métallisée par un inexorable soleil, qii’aux confluents d’arroyos, grands et petits, se jetant au fleuve et pareillement ocreux. Sur leurs bords, se distinguent des rizières sans fin, puis, çà et là, sous des palmes rares, ou derrière des haies de bananiers, des cases indigènes uniformément grises. Le gris et le jaune sale sont des couleurs essentiellement annamites. Gris et jaunes, les murs en une espèce de pisé; gris et jaunes, les toitures de paillotte, le chaume de l'Annam; gris enfin, à moins qu’ils ne viennent de laver au fleuve leur cuir écorcé de vase sèche, les grands buffles stupides qui regardent passer le navire.

Le ciel cuit ; mais ce n’est pas le ciel de l'Inde. Une vapeur d’eau, l'embuant, atténue sa couleur. Comme les pâles feuillages des maugliers, il luit d’un reflet de plomb, chaud et lourd. Les doubles tentes protégeant le pont du paquebot sont impuissantes contre le soleil : l’air manque ou, du moins, l’oxygène.

Cependant, la rivière serpente toujours, unie comme un miroir, et ses sinuosités à chaque tournant, changent la position des tours de la cathédrale qui, de loin, annoncent Saigon, et qu’on voit tantôt à bâbord, tantôt à tribord. Quelques sampans apparaissent le long du rivage ; ensuite ce sont, ancrés le nez au courant, des bâtiments de commerce, des voiliers allemands ou anglais.

Us chargent des sacs de riz que leur apportent, à grands frais de manipulation, des chalands et des jonques : Saïgon, depuis 1859, n’ayant pas encore de quais auxquels les navires puissent accoster ! Plus loin apparaissent nos navires de guerre, canonnières et transports, avec quelques vapeurs de commerce où flottent encore des pavillons

Saigon. Pont de fer sur l’arroyo chinois.

étrangers. Enfin, le paquebot, après des manœuvres longues, accoste les uniques appontements du port, œuvre et propriété de la Compagnie des Messageries maritimes.

De là, la ville ne se devine qu’à des bouts de toits. L’agence des Messageries et les arbres qui l’entourent la cachent. Pour s’y rendre, il 11e faut pas descendre à terre, à moins de se condamner à faire un long détour avant d’atteindre le quartier central. On préfère sauter dans un des sampans entourant le steamer et dont les rameurs, des Annamites des deux sexes, vous assaillent d’offres bruyantes, en vous appelant : « Capitaine ! » — E11 Annam, comme au Tonkin, c’est là le titre de courtoisie que l’indigène accorde à tous les Européens des classes supérieures. Et à peine êtes-vous descendu dans une de ces gondoles asiatiques que vos étonnements recommencent, en dépit de vos lectures antérieures.

On démarre; vous vous asseyez devant vos bagages empilés sous la voûte de bambou tressé recouvrant une fausse cale au centre de l’embarcation et vous regardez vos nageurs, qui promènent à contre-mesure de très longs avirons. Ils vous tournent le dos, se démènent, cassés comme des pantins, et leur blouse, fendue sur le côté et tombant très longue sur un large pantalon qui dépasse à peine le genou, se colle à leur corps, se plaque sur leur déhanchement, souligne l’ensellure professionnelle des mariniers d’Indo-Chine toujours ramant debout.

Tous deux ont un chignon sous leur salaco, leur grand chapeau de paille, ou sous la serviette dont ils se sont fait un vague turban. Leurs vêtements sont en cotonnade brune et sale, ou en lustrine au noir passé, mais dessinent des ligues assez fines, la demimaigreur d’un sexe indécis. C’est seulement lorsqu’ils se retournent, une fois arrivés au mât de signaux où l’on accoste, cpie les novices parviennent à distinguer l’homme de la femme. Tous deux sont, du reste, également petits et laids avec leurs dents laquées d’un vernis noir, avec la même chique de bétel ensanglantant leurs lèvres saliveuses, l’air également doux, la face écrasée, lui sans un poil, sans rien de mâle, elle femme à peine. Leur voix est gutturale.

Nous payons et gratifions de quelques sous le garçonnet annamite, au crâne ras, sauf une mèche unique plantée au milieu de l’occiput, qui gravement a tenu la barre, tandis que papa et maman nageaient de leur mieux. Alors enfin, nous prenons pied à Saigon, où nous guettent les cochers hindous, dont les voitures, les mêmes que nous avons vues à Singapore, portent ici le nom de malabars.

11 s’agit, à présent, de gagner un des hôtels de Saigon. Il n’en existe que deux, d’acceptables du moins, et, si deux paquebots arrivent à la fois, il est impossible d’y trouver de la place, nombre d’habitants célibataires y vivant à demeure. A nos premiers passages, force nous fut de revenir coucher à bord, et ce détail peint assez l'esprit pratique des capitalistes de la colonie! En revanche, nous longeons force cafés, débits et tavernes. Comme dans tous nos établissements, le vin, l’absinthe et le vermout représentent ici nos principales importations! La rue Catiuat, la plus belle (?) de la ville, et, comme les principales artères, perpendiculaire au boulevard parallèle à la rivière, lui doit eu grande partie son animation. C’est là que nous nous arrêtons, l’expérience nous ayant conseillé de retenir, de Singapore, par le télégraphe, une

L’INDO-CHINE

chambre à l’un des deux hôtels saïgoimais. Ou s’y installe, et, tout de suite, ou s’v sent en France, — moins pour les conversations entendues qu’à cause de l’absence de ce confort qui rend si reposant un séjour dans les hôtels de Hong-Kong.

Ce n’est point un paradoxe : on peut, en défaisant ses malles, si l’on est un tantinet observateur, comprendre à dix petits détails le défaut de uos procédés de colonisation. Il est évident, par exemple, que le propriétaire de notre auberge s’est, comme tous ses compatriotes, fixé une somme à gagner; que, ce résultat obtenu, il regagnera son village ou sa ville, en France, et que, pour atteindre ledit résultat, il n’oserait rien risquer. Se privant de tout confort lui-même, en son espoir de se rattraper chez lui, il n’accorde à ses clients que le minimum indispensable. Son histoire, hélas ! est celle de tous nos colons, gens timides ou ignorants, venus ici sans capitaux, par misère ou par dépit. Sa cuisine est bonne, mais ses chambres déplorables et même, à certains points de vue, anti-hygiéniques, l’endémie des maladies locales étant surtout l’œuvre d'une contagion continue entretenue parle système primitif servant à l'enlèvement de ce qu’on devine.

Quant aux bains, rien de plus malproprement organisé. On trouverait plutôt dans les caves une fiole de vrai vin de Bourgogne qu’une douche dans le réduit abandonné à l’hydrothérapie. Il n’est pas jusqu’au personnel dont la première inspection ne révèle l’incurie française, le manque ou l’aveuglement de Yœil du maître. Les boys chinois qui servent à table sont malpropres et insolents. Pourtant, ils sont de la même provenance que les précieux serviteurs des hôtels de Hong- Ivong, dont la propreté, la prévenance et le style donnent l'illusion de l’appétit aux voyageurs les plus anémiés.

Un globe-trotter, M. Hugues Krafft, croyons-nous, a écrit qu’en débarquant à Saïgou, il s’était cru à Chatou. Eli bien, cette impression fantaisiste semble déplorablement exacte. Saigon, vu de ses quais absents, apparaît comme un Chatou asiatique, dont la traîtresse rivière ne rend point les cadavres. Il a, de Chatou, l'air canaille et coquet à la fois, les caboulots et les bicoques de banlieue, avec plus de respect de la géométrie dans l’alignement de ses rues à angle droit, mais avec une pareille absence de fièvre industrielle et commerciale.

Nous voulons sortir, le visiter ; mais on nous retient : la ville est morte, sous pré-

Enfant annamite.

texte de chaleur, de dix heures du matin à deux heures du soir. Malgré l’avis des médecins, chacun fait la sieste, ou tout au moins repose. Les caisses publiques, le télégraphe lui-même sont clos tout comme les cafés, et l’on pourrait mourir sans secours : la pseudo-capitale, jusqu’à deux et même quatre heures, ressemble au château de la Belle au Bois dormant!

A cette heure pourtant, Hong-Kong et Singapore — et il fait au moins aussi chaud dans ces deux ports ! — sont en pleine activité. Les banques, les offices, la Bourse, les particuliers y brassent des affaires, et au club, entre deux cock-tails bus debout devant le bar , les crayons des courtiers courent sur les carnets de commande.... Décidément, il nous manque beaucoup des qualités dont l’excès rend parfois l’Anglo-Saxon insupportable !

Quatre heures sonnent enfin. Nous revêtons le costume des pays chauds et spécialement de l’extrême Orient : le casque de forme anglaise, en liège ou en feuille de solüj recouvert de toile blanche, le pantalon de piqué et un veston de même étoffe, forme dolman, qui monte haut sur le cou, comme un vêtement militaire et dispense du port de la chemise empesée, remplacée par un gilet de flanelle; ou, si l’on craint les éruptions de boutons de chaleur, — des bourbouilles , — par un tricot de soie, en tissu serré ou en mailles de filet. Un parasol complète l’accoutrement. Le thermomètre marque encore 34°.

Nous suivons la rue Catinat. Des boutiques se succèdent, boutiques chinoises sans apparence dans lesquelles des Célestes manient qui l’aiguille, qui le tire-point. D’autres piquent à la machine à coudre. Ce sont des cordonniers, des tailleurs. En vingtquatre heures et à très bon marché, ils équipent le nouveau débarqué. Plus loin, entre quelques pauvres magasins français, et après les cent gargotes oii s’empoisonnent matelots, soldats et petits employés, nous regardons les étalages de marchands de curiosités.

Le Japon, le Tonkin, la Chine, l’Inde même, apparaissent là dans une collection d’articles généralement bâclés pour l’exportation. Des bazars se succèdent, où l’on vend de tout. Le Chinois est toujours au fond de ces échoppes, accaparant le poetit commerce, comme les Anglais et les Allemands accaparent le grand. Seul, celui-là peut travailler à bas prix et se contenter d’un petit bénéfice, grâce à son esprit d’économie, à l’appui de sa congrégation, à l’absence de frais généraux, à la modicité de son mode de vivre. Seuls, ceux-ci, les étrangers, possèdent des capitaux ou savent s'en servir. Aussi bien, faut-il tout dire : on entrave quiconque débarque, le portefeuille garni, avec l’intention de tenter quelque entreprise sérieuse. On connaît l'histoire de ce planteur qui sollicitait la concession de certains terrains improductifs. Sa demande moisit plus de deux ans dans les cartons. Las à la fin, il se décida à aller demander la même concession au gouverneur anglais des S 'traits settlements , à Singapore. Celui-ci la lui accorda tout de suite, et notre compatriote y créa une plantation superbe, comme notre Cochinchine n’en a pas encore.

Nous passons devant la Direction de l’Intérieur, la Poste, le Trésor, la Cathédrale, pompeux et laid édifice de briques rouges. Ici commencent de larges boulevards plantés d’arbres, bordés çà et là de bandes de pelouses, et d’un effet charmant par le contraste des verdures et des maisons blanches avec -le sol rouge qu’ont toutes les chaussées du

Canal du Marché.

pays. Parvenus au boulevard Norodom, nous admirons à gauche avant d’y entrer le palais du gouverneur, construction banale au point de vue artistique, mais imposante d’aspect, encore que le stuc et le plâtre y jouent trop souvent le marbre et la pierre. La France a compris cette fois que, pour en imposer à des Orientaux, il fallait faire beau, faire grand. Elle y a réussi, et sur le vu de notre dessin, nos lecteurs ne plaindront pas les fonctionnaires qu’abrite ce palais.

A droite, est le cercle militaire et, tout près, l’hôtel du général commandant les troupes de Cochinchine. Mais, justement, voici que la musique du régiment de marche de l'infanterie de marine joue devant le mess , au centre d’un rond-point, ■ — • un simili Longchamp dont les voitures font le tour. Le soleil en déclinant a réveillé paresseux et paresseuses. On croise des dames mises à la dernière mode, des enfants aussi jolis que dans un square parisien, et les équipages ne se comptent pas. Ce n’est pas le luxe de Singapore, plutôt un faux luxe, une manifestation de cette mode de paraître, de ce besoin de représentation, dont souffre tant la Cochinchine; mais, du moins, c’est de la vie, une vie pittoresque, relativement élégante, enfin la preuve formelle donnée aux adversaires des colonies que, de nos jours comme il y a deux siècles, notre race peut s’adapter aux milieux tropicaux.

Après le dernier morceau, on fait le tour de l’inspection de Binh-Hoa, en passant sur les trois ponts de l’Avalanche. Les victorias à deux et trois chevaux de front, conduites par d’adroits sais malais ; des voitures de jeunes gens, dirigées par leurs propriétaires ; des isidores ou voitures de louage découvertes; des malabars, des cavaliers se pressent le long de cette charmante promenade. 11 faut prendre son bain d'air.

Le lendemain, nous allons visiter le Jardin de la Aille, jyuis le Jardin botanique qui, déjà vraiment beau, rendrait des services scientifiques s’il était mieux subventionné. On y admire les animaux captifs, les fauves et particulièrement les tigres qu’il faut voir là, chez eux, où ils paraissent autrement superbes et terribles que dans les prisons occidentales de nos jardins zoologiques. L’hôpital mérite ensuite qu’on s’y arrête. Il est magnifique, bien qu’imparfait encore et manquant de certains perfectionnements dont sont d’ailleurs privés aussi les hôpitaux militaires de la métropole.

A son tour, le marché exige une visite. Il est bordé par les boutiques d’Hindous qui vendent surtout des étoffes, et, le matin, offre un curieux spectacle avec le mélimélo de couleurs et de langues qui y grouillent, llien de plus amusant que d’y étudier les faits et gestes de la domesticité des Européens. Les cuisiniers des gens riches ou des hauts fonctionnaires y trônent avec un air fat très comique, les jours du moins où ils n’ont pas perdu au jeu, au bacouan, leur roulette, les fonds à eux remis pour l’achat des provisions.

Notre guide nous conduit également aux casernes de l’infanterie de marine qui sont assez vastes et assez bien aérées, mais sont loin encore de réaliser l’idéal nécessaire, et de là au Palais de justice, bâtisse neuve et prétentieuse.

Nous aurions voulu voir encore la bouillerie d’opium, la rue Mac-Mahon où habitent les Hindous et leur marché.

« Le soir, dit V Indo-Chine contemporaine, — à qui nous devons emprunter ses descriptions pour les quartiers que nous n’avons pu parcourir, — les abords de cette

L’INDO-CHINE

Halle sont illuminés par des centaines de boutiques clii noises éclairées à giorno, d’une propreté hollandaise, où l’on vous débite à bas prix tous les mets, toutes les boissons de l’extrême Orient. Asseyez-vous et goûtez : cela en vaut la peine. Ces établissements forains sont, la nuit, une des choses les plus curieuses de Saigon. » .

Et maintenant, citons pour mémoire les statues de Rigault de Genouilly, de Francis Garnier, le monument de Doudart de Lagrée, le square Charner, l’arsenal, le Dock, l’orphelinat religieux de la Sainte-Enfance et l’hôpital de Choquan, réservé aux malades indigènes.

Là-dessus, cette courte description de Saigon sera complète lorsque nous aurons

SaïGON. — Palais du gouverneur.

ajouté que la ville couvre 405 hectares et 60 ares. Ses rues, non encore éclairées au gaz. sont larges et se coupent presque toutes à angle droit ; des arbres les ombragent et des fontaines les rafraîchissent.

« Le développement des 5 boulevards, des 39 rues et des 3 quais de Saigon est de 36 kilom. 635 m. Les maisons sont en général entourées de jardins. Construites en bois, avec un toit de paille de riz ou de feuilles de palmier, elles ressemblent souvent à des chaumières ou à des cottages anglais h »

Comme dans toutes les habitations tropicales, des vérandas y entourent les pièces, et le pankah y voltige partout.

Le port est assez animé. S'il était muni de quais permettant l'accostage des

1. «... Sur 1,264 maisons, il n’y en a que 221 à étage, y compris les édifices publics. » (Bouinais et Paulus.)

navires, sa prospérité serait tout autre, car la profondeur de la rivière est de 10 mètres et même 14 mètres aux marées hautes, ce qui en permet l’accès aux plus grands navires.

La population de Saigon1, au 1er janvier 1884, atteignait le chiffre de 13,448 habitants, sans compter la garnison et les équipages de nos navires 2.

1. Cette population se répartit ainsi, d’après une statistique dont on fera Lien d’accepter seulement les chiffres à titre de renseignements sur la proportion entre elles des diverses races :

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