GALATA
Le faubourg de Galata était peu important avant le xiii' siècle ; il était surtout connu par l'ouvrage de fortification défendant le point d'attache de la fameuse chaîne qui fermait le port. En 1261, l'empereur Michel Paléologue, pour remercier les Génois de l'avoir aidé à reconquérir Constantihople sur les Latins, leur donna en toute propriété le faubourg de Galata. Le quartier de Péra, que l'on confondait parfois avec Galata, faisait partie de la banlieue de Galata et n'avait pas de fortifications. On y rencontrait surtout les villas des riches négociants latins.
Les Génois s'administraient eux-mêmes sous les ordres d'un podestat nommé annuellement par la République de Gênes. Au commencement du xiv= siècle, en 1303, ils obtinrent d'Andronic le Vieux l'autorisation de limiter la ville de Galata par un fossé de défense qu'ils ne tardèrent pas à renforcer d'un mur; en 1341, à la mort d'Andronic III le Jeune, après bien des difficultés et des luttes, ce modeste mur se trouva transformé en rempart respectable, appuj'é de tours en maçonnerie. B3'Zance avait désormais à côté d'elle une rivale commerciale fortifiée qui aurait fini, à la longue, par l'égaler en splendeur et en population si l'Empire avait duré.
En 145 1, c'est-à-dire deux ans avant la prise de Constantinople, les Galatiotes signèrent un traité particulier d'alliance avec Mehemed II, qui voulut bien, au moment du pillage de 1453, ménager leurs vies et leurs propriétés. Toutefois, leurs anciens privilèges furent en partie abolis et la ville fut régie par une sorte de conseil municipal'. A partir de cette époque. Turcs et Latins vinrent petit à petit s'installer dans ce faubourg et, en 1634, au moment de la transformation, par ordre du sultan, de l'église Sainte- Marie de Constantinople en mosquée, les derniers Latins du Phanar transportèrent, ainsi que nous l'avons dit, leur domicile à Galata.
Le quartier de Galata compte environ une douzaine de maisons imitant le stjde byzantin et deux couvents du xiv^ siècle : Saint-Pierre et Saint-
' Il n'y eut plus de podestat; ce fonctionnaire s'était, du reste, refusé à reconnaître le nouvel état de choses.
Planche V
PHANAR : ANCIENNE LEGATION VÉNITIENNE iMaisons 272, 270
PHANAR : ANClExNNE LEGATION VENITIENNE Maisons 272, 270
Planche VI