L'habitation byzantine
L'auteur, en écrivant ce livre, a eu surtout pour but d'attirer l'attention du public qui s'intéresse aux choses de l'art, sur une question archéologique encore imparfaitement connue : l'Habitation civile b3'zantine.
Autant les monuments religieux ou militaires de la période byzantine sont nombreux et bien conservés, autant les spécimens de l'habitation byzantine sont rares ou peu étudiés.
La nomenclature de ces derniers sera vite faite; ce sont : i° d'impor-. tants groupes d'habitations de la Syrie centrale desIV', V" et VI' siècles, d'un style très spécial, excellemment étudiés et relevés par M. de Vogué; 2° à Constantinople, les ruines de Tekfour-Sérail, que l'on attribue au palais de Constantin Porphyrogénète, et quelques autres vestiges des palais impériaux ; j° à Ravenne, un pavillon du palais de Théodoric ( VL siècle) ; /f une grande maison seigneuriale, du X" ou XL siècle, à Melnic, au nord-est de Salonique, sur la frontière turco-hulgare, maison qui a été découverte par M. Perdrizet et dont l'étude a été faite sur place, sur notre demande, par M. Chesnay, architecte à Paris. Cette maison, attribuée au X' ou XL siècle, appartiendrait plutôt au XIV'.
A ces documents viennent s'ajouter les renseignements fournis par les fonds architecturaux des mosaïques byzantines des églises de Ravenne, Venise, Palerme, Constantinople, Kiev, et les miniatures des manuscrits byzantins des grandes bibliothèques d'Europe : Paris, Rome, Madrid, Vienne, etc.. Nous en avons fait de nombreux- extraits que l'on trouvera dans le cours du présent volume.
Les plus intéressants et les plus nouveaux sont ceux du manuscrit illustré de Skylitzès, de la Bibliothèque nationale de Madrid. Ce précieux
monument, signalé récemment pa?' M. Kondakov, -puis par M. Schluniberger, qui en ont publié quelques m.iniatures, mérite une étude attentive et une publication intégrale. Elle a été entreprise, sur notre demande, par M. Millet ; et, en attendant qu'elle voie le jour, les dessins et photographies pouj-ront être consultés à l'Ecole des Hautes-Etudes. Le manuscrit compte ^j^ miniatures.
Les bas-reliefs de l'obélisque de Théodose, à Constantinople, la fameuse châsse en ivoire de la cathédrale de Trêves, plusieurs sarcophages du Musée de Saini-Jean-de-Latran et du Vatican, d' anciennes gravures, etc., nous ont fourni des silhouettes d'édifices très intéressantes.
Enfin, nous avons tout particulièrement consulté dans notre étude les ouvrages suivants : /'Epopée bj'zantine, de Schlumberger, dont la lecture, soit dit en passant, nous a donné l'idée première du présent livre ; /'Histoire du Bas-Empire, par Lebeau ; Le Palais impérial de Constantinople, par Labarte ; L'Architecture civile et religieuse dans la Syrie centrale, par le comte de Vogtlé; L'Architecture byzantine, par Texier; L'Art byzantin, par Bayet ; Le Monastère de Daphnl, par Millet ; Esquisse topographique de Constantinople, par Mordtmann ; Byzantine Constantinople, ^ar î'a7i Millingen ; les Voyages de Barsky en Asie Mineure, en Grèce et au mont Athos, de i']22 à ly/f.^; les documents recueillis par M. Millet et ses collaborateurs, surtout M. Eustache, architecte, à Mistra et au mont Athos, et qui font partie de la Collection des Hautes-Etudes , les ouvrages de Strzygowsky, Choisy, Viollet-le-Duc, Didron, Salzenberg, Cattaneo, Diehl, Gayet-Errard, etc..
Malgré tout, notre travail est forcément très incomplet, mais nous nous considérerons cependant comme satisfait si nous avons réussi à indiquer aux amateurs d'archéologie une voie nouvelle à suivre.
Il restera à étudier plus profondément les palais et habitations diverses construits aux IX' et XT siècles, à Venise d'abord, puis dans la grande Grèce, c' est-à-dire dans tout le sud de l'Italie et spécialement dans les villes côtières, ainsi que dans l'Istrie, la Dalmatie, la Grèce proprement dite et dans les vieux quartiers de Constantinople. Cela constituera peutêtre notre tâche future .