‹ L'habitation byzantineChapitre 2 sur 58 · SES CARACTERES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

SES CARACTERES GÉNÉRAUX

L'art byzantin nous apparaît surtout comme un art chrétien. Il succéda, grâce à l'avènement au pouvoir du christianisme et à la fondation de Constantinople, à l'art païen spécial à l'Orient des m'' et iV siècles de notre ère, auquel il emprunta d'abord les colonnades à arcades, les basiliques à abside et les temples circulaires ou octogones à coupole. Puis, après deux siècles de tâtonnements et quelques timides essais de coupoles à pendentifs, surtout en Asie Mineure, et un large emploi de mosaïques murales, il reçut, au vi" siècle, à la suite de la création du tj-pe de Sainte- Sophie, ses règles définitives caractérisées par le plan en forme de croix grecque et l'usage prédominant de la coupole sur pendentifs et des chapiteaux cubiques à dosseret.

Ce stj'le se conserva sans variante essentielle en Orient jusqu'à la prise de Constantinople par lesTurcs, en 1453, et il subsiste encore aujourd'hui, dans son principe et son esprit, en Russie et dans les monastères du mont Athos. Mais, en Italie et dans les régions occidentales de l'Europe, il se modifia avec plus de rapidité et disparut même complètement dès le xif siècle, en laissant toutefois sa forte empreinte dans les divers st3-les locaux qui lui succédèrent.

En d'autres termes, jusqu'au vi" siècle, l'art bj-zantin ne fut pas autre

chose que l'art romain d'Orient mis en honneur par les empereurs des dynasties syriennes et illyriennes, de Septime Sévère à Dioclétien, lesquels abandonnèrent petit à petit le système de la plate-bande, d'origine grecque, pour adopter presque exclusivement l'emploi de l'arcade et des coupoles assyriennes en usage en Perse depuis plus de trois mille ans.

Ce fut sous Dioclétien, à Spalato, que la première application de l'arcade sur colonne à la construction monumentale fut inaugurée. Jusquelà les colonnes n'étaient intervenues qu'à titre d'appliques purement décoratives, l'architecture officielle n'admettant pas l'intermédiaire d'une imposte sur des pieds droits carrés.

L'habitation civile suivit naturellement dans ses formes le mouvement général du goût et, de purement romaine qu'elle était, devint petit à petit byzantine, mais sans revêtir toutefois les formes extérieures absolument précises de l'art religieux. Malheureusement, ainsi que nous l'avons déjà dit, il n'existe rien ou presque rien de l'architecture purement civile de cette époque. Cela tient surtout à ce que les églises et les fondations pieuses ont été entretenues de siècle en siècle par le zèle des fidèles, tandis que les palais ont changé probablement d'affectation, suivant le caprice du maître, et ont cessé d'être entretenus lorsqu'ils ont cessé de plaire. C'est ainsi que, de nos jours encore, les souverains d'Orient abandonnent à leur avènement le palais de leur prédécesseur pour s'en construire un autre entièrement nouveau.

Les auteurs qui ont écrit sur l'art byzantin ont souvent tourné l'écueil de V habitation byzantine en déclarant à priori que, l'art byzantin étant essentiellement religieux, il suffisait de bien déterminer les caractères architecturaux des édifices consacrés au culte pour avoir une idée exacte des constructions ayant eu une autre affectation. Ce principe, vrai dans ses grandes lignes, est peut-être insuffisant comme renseignement.

Nous n'avons, certes, pas la prétention, en ce qui nous concerne, d'avoir résolu le problème, car nous sommes trop pauvre en documents; nous pensons simplement avoir déblayé un peu la voie à suivre.

Si notre étude ne satisfait pas complètement le spécialiste, elle pourra cependant être consultée avec fruit par les romanciers, les auteurs dramatiques et les artistes qui auront ainsi sous la main une mine précieuse et condensée de renseignements peu connus ou inédits.

Avant tout, et pour appuyer notre exposition, nous commencerons par donner quelques détails sur l'habitation civile de l'empire romain, laquelle n'a pas sensiblement varié pendant les cinq premiers siècles de notre ère et d'où est issue en partie la maison byzantine. Cette étude sera

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