‹ L'habitation byzantineChapitre 19 sur 58 · STRUCTURE DES MAISONS · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES MAISONS

C'est encore le type syrien que nous retrouvons dans le plan même des maisons isolées.

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Caravansérail de Salonique. — Un exemple remarquable nous est fourni par le caravansérail relevé par Texier, à Salonique, lequel, malgré certains détails de style arabe, résultat d'un remaniement , pourrait bien être byzantin. Du temps des empereurs, il yavait,de 5Gen 50 milles, des caravansérails de ce genre qui servaient en même temps de relais de poste. Dans l'exemple que nous donnons, l'écurie est voûtée et sert aussi d'entrepôt pour les marchandises.

M. Chesnay, qui a bien voulu, sur notre demande, se rendre à Salonique pour taire une étude spéciale de cet édifice, n'a pu. malgré un séjour

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Caravansérail de Salonique (Plan, d'après Texier, Achitecture by::iantinej

Caravansérail de Salonique (Coupe, d'après Te.xier. Architecture byzantine

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Maison seigneuriale de Melnic, x= ou xi= siècle (D'après une photographie de M. Chesnay)

DU Vl" AU XV° SIÈCLE 73

de plusieurs Jours et le concours précieux de M. Perdrizet, trouver trace dudit caravansérail. M. Texier, dont la bonne foi ne saurait être mise en doute a dû commettre une erreur de lieu; peut-être aussi l'édifice a-t-il été détruit depuis 1850.

Maison de Melnic. — Le plan syrien se retrouve dans la seule maison privée qui nous soit connue de l'époque byzantine, c'est la maison seigneuriale de Melnic.

La maison de Melnic, la grande maison, comme on dit dans le pa}fs, a été construite peut-être au xn'= siècle, mais plus probablement, à en juger par la décoration de sa façade, au xiv" siècle, au milieu de la ville de Melnic et sur une sorte de promontoire qui la domine. C'est une maison carrée de 17 m. 60 de côté, flanquée d'une tour et disposée pour la défense, bien qu'elle soit essentiellement une maison d'habitation.

La ville de Melnic, située sur la frontière de Bulgarie et de Macédoine, est restée grecque. Elle servait au temps de Bj^zance de lieu d'exil pour les dignitaires disgraciés, et les habitants du manoir actuel, bien délabré, prétendent descendre de l'un de ces grands personnages. Laissons de côté la légende et prenons la maison pour ce qu'elle est effectivement, c'est-à-dire pour le château d'anciens seigneurs du pays.

C'est M. Perdrizet qui, en explorant la Macédoine au nom de l'École d'Athènes, a découvert ce monument précieux. Sur notre demande, M. Chesna3^ au printemps de 1901, a été le rejoindre et a levé le plan que nous publions.

La maison est en petits moellons et en briques, formant des dessins géométriques fort simples. La tour, qui servait pour le guet et pour le flanquement est en bois, et en partie moderne ; le rez-de-chaussée seul est en pierre et en briques, et date de la même époque que le reste de l'édifice.

La maison a un rez-de-chaussée et deux étages sur la façade ; la partie opposée à la façade n'a que deux étages. Cette disposition était commandée par le terrain qui est en pente. Les fenêtres sont cintrées et ont i m. 10 à I m. 15 de large. Leur nombre n'est pas égal sur chaque face; la quatrième face n'a pas d'ouvertures.

L'intérieur comprend une grande salle centrale, carrelée', tenant toute la hauteur de l'édifice, et dix pièces, dont cinq à chaque étage, communiquant entre elles et ayant également une porte sur la pièce centrale. Le premier étage est seul habité. A gauche en entrant se trouve une pièce

* Les carreaux sont hexagonaux et ont o m. 30 de côté.

relativement élégante avec un plafond moderne lambrissé à la turque, puis viennent des chambres à coucher et à droite une cuisine. Tout cela est lamentable et misérable. Le deuxième étage est inhabité et sert de débarras. On y monte par une échelle qui s'appuie sur une soupente en bois soutenue par deux poutres en bois. Les cloisons et les murs de séparation ont été

Echelle de 3 millim. par mètre

Maison seigneuriale de Melnic, xii" ou xiv" siècle (D'après un croquis de M. Chesnay)

remaniés depuis l'époque de la construction, de même que le bas du mur de façade, lequel a été repris en sous-œuvre, mais les dispositions générales n'ont probablement pas varié. Un escalier en pierres, dont les amorces sont encore visibles, permettait d'accéder à ce qui est aujourd'hui le grenier.

En somme, nous nous trouvons en présence de la maison orientale typique de Syrie, d'Afrique et du sud de l'Espagne, composée de pièces entourant sur trois côtés une cour intérieure nommée patio. Les rigueurs du climat de la ville de Melnic, qui est située en plein pays de montagne, ont forcé l'architecte à recouvrir la cour d'un toit.

Le deuxième étage donnait-il sur une galerie intérieure en bois, par analogie avec les maisons mauresques ? L'état actuel de la masure ne nous

DU VI^ AU XV" SIÈCLE

permet pas d'en juger. Peut-être était-il consacré en partie au harem et aux magasins et ateliers. ''\'- ij " j"/"

Un escalier de quelques marches précédait la porte principale de la maison, laquelle était flanquée par la tour.

La maison de Melnic qui, jusqu'à nouvel ordre, est unique, ne saurait, dans sa pauvreté, nous donner une idée bien haute du luxe de l'époque, mais elle n'en est pas moins intéressante, car elle nous offre le type jusqu'ici inconnu d'un château seigneurial de province ou de la demeure d'un bourgeois riche d'une petite ville frontière.

croquis de M. Chesnay)

Maison à Trébizonde.

ment antérieure au xiv'' siècle, que l'on peut rapprocher de la précédente, a été signalée par M. Millet, àTrébizonde.

C'est une maison rectangulaire couverte par une toiture en charpente à quatre inclinaisons.

Elle ne comporte qu'une grande salle, laquelle a été divisée ultérieurement en deux pièces à

Une maison grecque assez curieuse, probable-

Melnic de -M. Chesnay)

la suite d'un partage entre frères. Chaque salle est munie d'une cheminée en pierre de forme prismatique à sept faces, terminée en accolade. De petites niches avec arc en accolade sont creusées dans les murs. Le sol est pavé

d'un ciment jaune très dur. Le long des murs sont des parties surélevées de G m. 75 pour les lits. L'une des deux salles a été coupée à peu près à mihauteur par un plafond en bois et forme deux étages. Les fenêtres sont carrées, leurs vitres sont enchâssées dans une décoration en stuc. A l'intérieur, on distingue des gonds pour deux volets en bois. La porte est ogivale à l'extérieur et à plein cintre à l'intérieur.

Les ruines de Mistra. — La citadelle escarpée de Mistra, près de Sparte, fortifiée par les Villehardouin, devint, après leur départ, la capitale du Péloponnèse b5'zantin et la résidence des Despotes. Peu à peu abandonnée sous la domination turque, surtout à la fin du xviii" siècle, à la suite d'une révolte du Magne et après la résurrection de Sparte, par la Grèce libre, la vieille capitale est devenue un simple village qui a achevé de descendre hors des anciens remparts au pied du haut contrefort couvert de ruines désertes. Monemvasie nous offre aujourd'hui l'image de ce que pouvait être, au xvii'' siècle, Mistra encore à demi habité, car cette vieille ville se dépeuple, mais ses habitants, blottis dans leurs nids de hibous, ont refusé la cité neuve qu'on proposait de leur construire sur la côte voisine et préféré relier au rivage leur île pittoresque par un pont coûteux.

M. Millet, qui prépare avec la collaboration de M. Eustache, architecte, une monographie complète de Mistra, nous a fourni quelques exemples de maisons choisies parmi les plus intéressantes. Ce sont des maisons à pignon, à un ou deux étages au-dessus du rez-de-chaussée, tantôt simples, tantôt avec balcons ou étages en encorbellement.

La construction civile la plus importante est le palais des Despotes que nous étudierons à la suite des palais impériaux.

Miniatures, mosaïques et fresques. — A ces renseignements assez pauvres les miniatures et les mosaïques nous permettent d'ajouter quelques particularités intéressantes.

Les croquis que nous donnons plus loin sont extraits des monuments suivants :

1° Le célèbre manuscrit de Grégoire de Naziance (Bibl. Nat., 510) composé pour Basile I à la fin du ix" siècle; 2° Le ménologe du Vatican, compilé et illustré par les ordres de Basile II à la fin du x'' ou au commencement du xi° siècle; 3° L'évangéliaire de Paris, n° 74, et les Homélies de Jacques, œuvres du xii'' siècle ; 4° Les mosaïques de Grotta-Ferrata, de Saint-Marc, de la Palatine, les fresques de Barletta (xi"-xii= siècles) ; 5° Les mosaïques de Kahriè-Djami refaites au début du xiv' siècle, les fresques de

Collection des ILuttes Etude

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