COUPOLES OU TOITS CONIQUES
Miniatures de Shylitzès. — Nous avons réservé les miniatures de Skylitzès parce qu'elles offrent des architectures d'un caractère très différent. Ce précieux manuscrit a été étudié sur place et sera publié par M. Millet; nous résumons ici le résultat des entretiens que nous avons eus avec lui au retour de la mission amicale qu'il avait bien voulu accepter à Madrid. Skylitzès, dans cette rédaction, raconte l'histoire byzantine depuis l'avènement de Michel Rhangabé (8i i) jusque vers le milieu du xf siècle. Les miniatures intercalées dans toute la largeur du texte, qu'elles débordent parfois, sont au nombre de 575, encore en manque-t-il, car les artistes ont laissé des places blanches et des feuillets ont disparu. Plusieurs artistes ont collaboré à cette œuvre de patience ; mais on peut distinguer en somme trois manières. La première illustre le ix' siècle jusqu'au début du règne de Basile I ; la seconde le x' jusqu'à l'assassinat de Nicéphore Phocas ; la troisième va jusqu'au milieu des luttes contre les Bulgares, vers l'an 1000. Le reste se partage entre les trois.
La première est sobre, d'un dessin ferme, remarquable par la vérité des figures et des attitudes. Les architectures 3' tiennent peu de place, mais elles sont pour nous très intéressantes par leur caractère de vérité. Les monuments sont, en général, il est vrai, extrêmement simplifiés : c'est ainsi, par exemple, qu'un édifice carré à coupole aveugle sur pendentifs figure tantôt sainte Sophie, tantôt saint Jean Stoudite, tantôt le Palais;
go L HABITATION BYZANTINE
une haute tour, terminée par une sorte de niche où paraît un ascète, représente le monastère du Philomilion. Mais ce sont des formes bien byzantines, très éloignées des fonds architecturaux de Pompeï. Aussi méritent-elles toute notre attention. On en trouvera des exemples dans notre description du Palais. Ici, nous nous contenterons de signaler une maison de campagne où le rebelle Bardanios, exilé, eut les yeux crevés par des soldats.