AISONS A ETAGES ES PROBABLEMENT
(D'après un sarcophage du iv* siècle, au Musée Chrétien de Saint-Jean-de-Latran)
Juvénal se plaint de leur chute fréquente. Nous donnons ici, d'après les Antiquités expliquées, de Montfaucon, le dessin d'une maison romaine,
JUSQU AU iV SIECLE
caserne défensive ou magasin militaire qui existait encore à Metz au commencement du xvni' siècle. Elle avait six étages au-dessus du rez-dechaussée et ses pignons à redans sont absolument semblables à ceux du palais de Constantin Porphyrogénèle à B3'zance.
Les textes du code théodosien, nous dit Choizy, impliquaient des maisons à étages et des étages qui s'avançaient, comme ceux de Pompeï, au-dessus de la voie publique, par encorbellements successifs.
Les maisons formaient des ilôts réguliers entourés de rues sur les quatre faces. Ces dispositions avaient été prises à la suite du grand incendie de Rome, sous Néron, mais ces règlements tombèrent vite en désuétude. Un même propriétaire
bas-relief du i
(D'après un bas-relief de la colonne Trajane)
possédait en général tout l'îlot. 11 y avait cependant des exceptions : « Entre les pauvres citovens et les riches », écrit Dezobr}', « il y a une classe
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« moyenne qui tient à n'habiter que « dans un logement à soi, qu'elle pos- « sède en propriété, regardant comme « une honte ce qu'on appelle inquilinus, « locataire. Afin d'éviter cette note, les « demi-riches se réunissent trois ou qua- <( tre ensemble, plus ou moins, pour « simuler les opulents; ils bâtissent ou « ils achètent à frais communs une mai- « son dont ils se divisent la propriété : « l'un a le rez-de-chaussée, l'autre le « premier étage, un autre le deuxième « et ainsi de suite. » Nous devons remarquer, toutefois, que les textes du Digeste et du Code auxquels renvoie cet auteur semblent uniquement se rapporter aux maisons appartenant par héritage à plusieurs propriétaires. Actuellement, le mêîne système est encore en usage dans quelques villes de France, notamment à Grenoble, vieille cité romaine.
Le rez-de-chaussée des maisons romaines était généralement occupé par des boutiques; les appartements situés au-dessus se composaient d'une ou deux chambres, d'une cuisine et de latrines, et chaque appartement était desservi par des escaliers assez semblables aux nôtres. Il en existe encore de toutes sortes depuis l'escalier singulièrement étroit des colonnes Trajane et Antonine, les escaliers en zig-zag avec cinq paliers des thermes de Caracalla aux cages bien déterminées, jusqu'aux larges escaliers du Colysée allant du rez-de-chaussée au deuxième étage et ayant absolument l'aspect du bel escalier du pavillon de Sully, au Louvre. Les escaliers étaient en pierre, un peu raides, avec des repos entre chaque palier, mais ceux des faubourgs étaient souvent en bois et desservaient chaque étage au moyen d'une galerie découverte donnant sur une cour intérieure. Nombre de fourmilières de ce genre existent encore à Rome, à Naples et en France, les mêmes causes engendrant nécessairement les mêmes effets. Toujours est-il que certains de ces escaliers étaient fort larges,