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terre quiprivent le cultivateur d’une partie de son déjà maigre revenu, et, partant, dépeuplent nos campagnes. D'ailleurs, l’organisation actuelle de limpôt, en grevant les contribuables dans une proportion croissante avec le nombre des enfants, est profondément défectueuse.
Alors interviennent les causes que nous appellerons « nancérennes » du mal qui nous occupe.
En premier lieu, il convient de citer lextension trop grande prise par la ville de Nancy et l’augmentahon trop rapide de sa population. En 1901, il ÿ avait 94.460 habitants civils ; en 1909, le chiffre s’élève à 104.259 : c’està-dire près de 10.000 habitants en plus, soit une moyenne de 1.250 par an. Le nombre des maisons qui était en 1901 de 8.199 dépasse aujourd’hui 9.000 (si nous cherchons le nombre moyen d'habitants par maison, les chiffres maximum correspondent aux quartiers ou sections dits insalubres : 17,77 et 14,44 pour les 4 et 5° sections, tandis que la 6e n’accuse que 9,45). Cette augmentation rapide est due surtout aux immigrations. Après la guerre de 1870-71, dans un espace de 10 ans, le chiffre de la population s’est élevé de 48.478 à 68.521. Le croît physiologique est peu élevé, puisque, certaines années, et tout spécialement en 1909, le chiffre des décès dépasse de 103 le chiffre des naissances. L’accroissement se fait surtout en élément ouvrier : nombre d’ouvriers de Frouard, de Pompey viennent habiter Nancy et surpeupler les logements déjà malsains. Au 1% janvier 1909, le nombre d'ouvriers de Nancy travaillant en atelier s'élevait à 29.481 répartis dans 1.948 établissements. Il faut ajouter en plus 2.300 ouvriers et 700 ouvrières en chaussures, 600 brodeuses, de nombreuses couturières et tail-
leuses, 518 employés de chemins de fer, un nombre inconnu d'ouvriers de la métallurgie et du vêtement, 790 ouvrières en tabac et 100 apprenties, sans compter journaliers et journalières, soit un nombre total et approximatif de 35.000 ouvriers et ouvrières, soit un fers de la population nancéienne (1).
L'importance commerciale et industrielle, sans cesse grandissante de la ville de Nancy, favorise aussi Paugmentation du prix du terrain, du coût des immeubles qui s’ensuit et du prix de la main-d'œuvre qui est inévitable. La cherté de la vie, résultante de toutes ces forces réunies, rend critique au suprême degré la situation de louvrier à Nancy.
(1) Chifires dus à l’obligeance du docteur Gournet.