‹ L'habitation ouvrière à NancyChapitre 47 sur 56 · FOYER LORRAIN · texte numérisé non relu

FOYER LORRAIN

La Sociélé coopérative d'habitations à bon marché de Nancy = plus connue sous le nom de Foyer Lorrain — réalise sans contredit, de concert avec ses sœurs de Bouxières-aux-Dames, Frouard et Lunéville, une des plus belles œuvres sociales accomplies en faveur du prolétariat en Meurthe-et-Moselle ; elle résume à merveille tous les efforts accomplis de toutes parts pour permettre aux individus peu fortunés de fonder une maison de famille ; sa prospérité croissante en est une preuve décisive : « S'il nous fallait chercher les causes générales de l'essor rapide des sociétés d'habitations à bon marché — dit M. le professeur agrégé Collin — nous les trouverions sans doute dans ce désir de posséder que les hommes ont toujours éprouvé, dans cet instinct atavique qui pousse les déshérités aussi bien que les riches à s’assurer la possession d’un toit qui abrite leur vie intime, la naissance et la mort, les joies, les souffrances, les espoirs. » Tant il

est vrai que l'ouvrier qui, souvent, a troqué la charrue de ses pères pour le marteau du forgeron d’usine « éprouve plus âprement peut-être que d’autres la nostalgie de la terre, aspire plus fortement à la liberté et à l'indépendance que procurent la propriété personnelle d’un foyer et d’un coin de terre (1) ». ;

Cette Société doit une bonne partie de sa prospérité à l'effort journalier accompli par son dévoué secrétaire, M. l’abbé Thouvenin. Son ardent amour pour le peuple a fait de lui un apôtre. Nous tenons à lui témoigner en passant notre profonde admiration et à lui adresser nos sincères remerciements pour les renseignements qu’il nous à si aimablement fournis.

Comme son nom l'indique, la Société a choisi comme moyén d’action la coopération, car : « la coopération — läissons ici parler M. le professeur Collin — par l'effort moral qu’elle exige, par l’interdépendance où elle place les hommes vis-à-vis des autres, par les sentiments de véritable fraternité qu’elle fait éclore, introduit au sein des démocraties comme un ferment d’idéalisme. Elle est pour nous une réalisation sur le terrain matériel de cette parole auguste : « Aimez-vous les uns les autres », un effort pour l’accomplissement toujours plus parfait de cette loi de l’humanité qui est toute la loi et la seule loi (1) ».

Examinons avec quelques détails le fonctionnement de cette société qui, approuvée par arrêté ministériel du 20

(1) D' agrégé Cocuin. — Rapport sur les sociétés coopératives de Bouxières et Frouard. Exposition internationale de l'Est de la France, Nancy.

(1) PT agrégé Cocuin. — Bulletin trimestriel : Le Foyer Familial, 10 octobre 1910.

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