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à leurs maigres ressources. Le point essentiel dans cette réunion de personnes de même condition est d’y appliquer le règlement d’une main ferme, d'apprendre aux familles à se respecter mutuellement et à vivre en bonne harmonie. Terminons en citant ces quelques lignes contenues dans L'Est républicain (1) à propos d’une visite à la « Teulotte » : « Voici la Teulotte dans un cadre charmant sur lequel l’automne jette sa teinte grise et mélancolique. Nous visitons plusieurs des logements ; ils ont tous comme caractéristique d’être absolument séparés les uns des autres. Chacun y est bien dans sa « chascunière », comme dit Rabelais. Tout le monde a la mine gaie, florissante. On ne voit pas ces pauvres gamins au teint plombé, aux membres grêles, ainsi qu’on en rencontre dans certaines rues de Nancy... Les chambres sont d’une minutieuse propreté. Un air pur y entre à flots. »
Nous devons maintenant parler d’une troisième entreprise, commencée en 1909, la Société anonyme des habitations à bon marché de Nancy, au capital de 600.000 fr., dont le but généreux a été bien précisé par M. A. Daum, maître verrier, dans une réunion préparatoire tenue à la Chambre de commerce de Nancy le 27 novembre 1909. C’est à M. Senn, professeur de droit romain à la Faculté de droit, que l’on doit l’heureuse initiative de cette œuvre philanthropique. Nous tenons à lui témoigner ici toute notre admiration pour l'effort accompli par lui et ses collaborateurs.
« La Société que nous formons se donne pour objet la création d'habitations à bon marché, non pas pour l’em-
(1) Est républicain, 17 octobre 1905,
ployé ou l’ouvrier aisé qui trouve en général un logement, et à qui est réservé ce bonheur assurément souhaitable de posséder un jour en propre une maison. Mais il s'agit, d’abord et avant tout, de loger l’ouvrier moins heureux, chargé de famille, qui n’a pas de crédit, qui gagne peu.
« C’est celui-ci que lPhabitation doit chercher à puissamment aider et qui, pourchassé par les propriétaires, ne trouve actuellement à Nancy, à des prix scandaleux, que bouges infects et infâmes taudis. Ils pullulent autour de nous. C’est à cet ouvrier particulièrement intéressant que nous devons penser dans la construction, en ville ou hors ville, de maisons réalisant les conditions essentielles de l'hygiène à défaut de ses derniers et coûteux perfectionnements : habitations isolées et collectives, peu importe le système, s’il s’en trouve assez et de suffisamment saines (1). »
Le but de la Société est donc, en principe, la construction de maisons collectives salubres, pour familles nom- breuses, c’est-à-dire maisons à plusieurs logements destinés à être loués. La construction de maisons individuelles n’est entreprise que quand des industriels ou toutes autres personnes, s'intéressant particulièrement à des ouvriers déterminés, demandent à la Société la construction de semblables logements, assurant ainsi, par avance, le paiement des loyers.
A l'heure actuelle, la Société a déjà fait construire, d’après les plans établis par M. Weissemburger, architecte
(d) A. Daum. — Supplément à ja circulaire financière de la Société Nancéienne, n° du 25 décembre 1909,
Etre
à Nancy, un groupe de quatre maisons situé rue de Solignac. Bâti sur un type unique comprenant quatre étages, avec caves et greniers, ce groupe compte quarante logements de trois pièces donnant une surface respective de 41 mq à 45 mq. Chaque pièce a une fenêtre de 1m.10 de largeur et chaque logement est muni d’eau de Moselle et de W. C. De plus, les locataires ont la jouissance d’une vaste cour et, un jour par semaine, d’une buanderie modèle. Ils disposent en outre de séchoirs à air libre et de garages pour voitures d’enfants et bicyclettes. La moitié environ des logements est occupée actuellement et tout prochainement l’immeuble sera complet. Le type uniforme d'appartement, avec ses trois pièces, ne peut, malheureusement, échapper à l’inconvénient fatal d’un léger surpeuplement. Théoriquement, chaque logement ne devrait admettre que six habitants : certaias en abritent sept ou huit. Cela est dû à l'obligation où on se trouve d’aider d’abord les familles nombreuses qui sont les plus malheureuses au point de vue de la difficulté de trouver un logement. Le surpeuplement relatif, bien moindre cepen-— dant que celui des vieilles habitations du centre de la ville, est largement compensé par la disposition des locaux qui en rend l’aération très facile par les conditions d’installation des dégagements, buanderies, W. C., etc... La construction a coûté 220.000 fr. et les loyers varient entre 25 fr. et 27 fr.; de pius, les locataires paient l’eau qu’ils emploient dans le ménage au prix de revient. Certaines immunités fiscales provisoires, dont bénéficient les bâtiments, permettent de constituer un fonds de réserve qui servira à payer plus tard les impôts et effectuer les réparations indispensables.
Un autre groupe de maisons va prochainement sortir de terre au coin de la rue en Z et du boulevard Lobau. Il. comprendra 100 logements dans les mêmes conditions. |
$ 2. — Œuvres s’adressant à l’ouvrier pouvant devenir propriétaire.
« Mon verre n’est pas grand, mais je bois dans mon verre. »