‹ L'Haïtiade: poème épique en huit chantsChapitre 3 sur 14 · VI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT

épiqut que nous rendons à la littérature^ le premier vers de l'invocation ;

Muse, à des chants nouveaux j'ai consacré ma lyre,

nous apprend que l'auteur n'en était pas à son coup d'essai. La poésie, dans /'Haïtiade, a son harmonie particulière qui la caractérise; Vinspitation est toujours heureuse et s'élève souvent jusqu'au sublime; sans cesser d'être originale, l'œuvre est empreinte de réminiscenses à la manière des grands maîtres : la majeure partie du génie se compose de souvenirs.

On ne dira pas de ce poème « qu'il est faible de plan et de conception », ni que l'auteur « commença par le rers ce qu'il faut toujours commencer par la méditation j*. On ne sera pas tenté non plus de le critiquer sur la « médiocrité » du sujet, si l'on considère que l'auteur poursuivait le triomphe dune vérité sociale, religieuse et politique. Qu'a-t^ildonc manqué à ce poème pour conquérir le rang que lui assignaient ses qualités et empêcher qu'il n'ait été offert plus tôt à notre admiration? Un critique passionné ou un panégyriste autorisé et bienveillant : l'un et l'autre peut-^tre.

L'auteur de /'Haïtîade méritait de servir de modèle à son tour. Lamartine, sans imiter sa poétique, lui emprunta des trésors d'harmonie que nous retrouvons

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