L’'ÉCLAT DE LA VICTOIRE
neur national, ne s’attardèrent pas à demander au volontariat les millions d’hommes qu'ils décidèrent d’envoyer en France. La “selection draft” fut décrétée, mais le fait notoire n’en brilla pas moins que des millions de volontaires de tous ler:
coins de l’immense république se préci.
pitèrent sous le drapeau étoilé sans attendre la lente organisation autorisée par la loi. Sans le service obligatoire, les Etats-Unis eussent certainement transporté cinq millions de volontaires, en moins de deux ans, sur le théâtre européen des opérations militaires.
J'ai demandé à mes amis de Toronto, comme je le demande à tous mes concitoyens du pays : n’êtes-vous pas, comme moi, cent fois heureux de pouvoir dire aujourd’hui que la victoire est l’œuvre, en très grande partie de ces nombreux millions d'hommes libres qui ont été les héros volontaires de la liberté et de la civilisation, et non les esclaves disciplinés ct brutalisés du despotisme allemand !
Mettre fin au militarisme forcé, écrasant, ruineux pour tous, étant l'objectif des Alliés, il était très juste qu’il fût obtenu par le dévouement de soldats volontaires.
Tout l’éclat de la victoire, dans son radieux rayonnement, est là. Et il est très vrai que c’est l’âme humaine, exaltée jusqu’à ia sublimité d’un héroïsme qui n’a jamais eu d’égal, et qui, bravant tous les périls, se redressant, fière et indomptable, sous les coups redoublés de la défaite et, surgissant des décombres amoncelés par les plus terribles revers, se retrempait d’une prodigieuse puissance pour l'effort suprême qui enfin terrassa l’insolent et cruel barbare !
Mais unis librement pour la grande fin, objet de leurs vœux patriotiques et de leurs sacrifices héroïques, les électeurs du Canada étaient restés également libres dans le choix des moyens à prendre pour l’atteindre. Aucun d’eux ne mérite de reproche pour le choix qu’il a cru devoir faire.