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IL. Traitement prophylactique avant toutes ces opérations

Périostites ou arthrites alvéolo-dentaires. Les arthrites alvéolodentaires, sous leurs différentes formes aiguës, suppurées et chroniques, dont les causes sont multiples, sont cas fréquents dans la pratique dentaire. Le dentiste se trouve souvent très embarrassé en face de telles affections; il essaye différents moyens pour chercher à atténuer les fortes douleurs, parfois intolérables qui se produisent au cours de l’arthrite et de ses complications, sans toutefois par-

venir dans la plupart des cas à couper ces douleurs d’une façon immédiate et durable. S'il doit extraire la dent, il se heurte à de grandes difficultés de la part du patient qui ne peut supporter le moindre attouchement de la dent et encore moins le contact du davier, et qui presque toujours ne se résout pas volontiers à se laisser faire l'extraction sans anesthésie locale, contre-indiquée en pareil cas.

Dans tous ces cas difficiles, l’irradiation par la lampe «Sollux» donne desrésultats inattendus qu'aucun autre moyen ne permet d’'obtenir. Dans presque chaque cas, après la première irradiation déjà, la cessation du phénomène douloureux se produit. La dent devientbeaucoup moins sensible, et le forage est rendu parfaitement supportable.

Lorsqu'il s’agit d’arthrites aiguës, toujours accompagnées de douleurs violentes et bien que le patient se trouve passablement soulagé dès la première séance, il n’y a pas lieu d'arrêter le traitement, mais il est recommandable de répéter l’irradiation le même jour, si c’est possible, afin de prévenir le retour de toute douleur et résoudre définitivement le processus inflammatoire. Le traitement du canal dentaire se fera naturellement en même temps, selon la méthode habituelle. L'heureuse influence résolutrice des rayons thermiques lumineux est incontestable dans les cas d’arthrites accompagnées de fluxions. Après la première irradiation, le patient se sent immédiatement soulagé; la gêne provoquée par la tension des tissus de la région tuméfiée disparaît après la deuxième irradiation, l’oedème diminue rapidement.

Lorsqu'on se trouve en face de complications graves, telles qu'oedèmes de forme phlegmoneuse, accompagnés de leur cortège de phénomènes généraux, l'irradiation par la lampe «Sollux» est un auxiliaire précieux; son action nettement favorable dans l’évolution de l’abcès se manifeste dès la première séance. Après la deuxième irradiation, le ramollissement se produit généralement ; la fluctuation apparaît dès la troisième séance, si bien qu'il est possible d'inciser l’abcès dans les meilleures conditions. On pratiquera encore une ou deux séances d'irradiation supplémentaires, suivant la gravité du cas pour activer la guérison.

Je tiens à faire remarquer ici que le traitement symptomatique local ou à distance, habituellement employé, n’avait jamais amené un soulagement et une guérison aussi rapides.

Accidents de dents de sagesse et leurs complications. Les heureuses modifications locales dues à l’irradiation aux rayons thermiques lumineux sont également constatées dans le traitement des accidents des dents de sagesse, qui, dans leur forme aiguë, revêtent très souvent un caractère très douloureux, accompagné parfois de phénomènes graves (trismus, fluxions, stomatites ulcéro-membraneuses, cachexie buccale, propagation au système lympathique, etc.).

Comme on le sait, les accidents de la dent de sagesse sont inhérents à l’évolution et à l’éruption difficiles de cette dent. Pathogéniquement, ces accidents peuvent résulter, soit d'un manque de place, soit d'une infection péridentaire. Très souvent, il se produit à la suite de l'infection locale une inflammation de l'articulation alvéolo-dentaire, et l’arthrite se déclare, point de départ de complications ultérieures. Le trismus ou constriction des mâchoires se rencontre d’une façon presque constante pendant l’évolution des accidents aigus de la troisième molaire.

Ce sont là des cas désagréables et en présence desquels le dentiste se trouve parfois désarmé; malgré tous les moyens thérapeutiques habituels auxquels il a recours, il ne parvient pas à procurer au malade un soulagement efficace et immédiat. La contracture des muscles masticateurs lui rend impossible toute intervention dentaire; il est obligé en pareil cas, s’il veut pratiquer l’'avulsion, de faire appel à l’anesthésie générale, toujours ennuyeuse.

L'emploi de la lampe «Sollux> est dans ces cas d’un secours particulièrement utile pour le dentiste. Une première irradiation d’une durée de 30 à 45 minutes aura pour eftet de soulager grandement le patient; non seulement il sent les douleurs disparaître, mais il se trouve à son grand étonnement dans la possibilité d’écarter les mâchoires. Il m'est arrivé dans des cas de trismus, même très accentués, de pouvoir après une première irradiation, obtenir un écartement sensible et non douloureux. Aucun autre mode de traitement employé jusqu'ici, soit bains de bouche très chauds, massages de la région massétérine, ouverture progressive de la bouche, ne m'avaient procuré des résultats aussi prompts et aussi durables. Ce genre d'affection demande en général un traitement de plusieurs séances d'irradiation; cela dépend de la gravité du cas. J'ai dû parfois faire jusqu’à 10 séances, à raison de deux par jour. Le traitement doît être régulier et prolongé jusqu'à dis-

parition complète des dernières traces du processus inflammatoire. Il va sans dire que le traitement habituel par la désinfection buccale doit être appliqué simultanément.

Au cours des accidents dus à l’éruption de la dent de sagesse, il arrive fréquemment que l'infection se propage aux troncs lymphatiques (lymphangites) et, par leur intermédiaire, aux ganglions lymphatiques déterminant ainsi des adénites, parfois aussi des adéno-phlegmons dont les plus fréquents sont ceux de la région sous-maxillaire et sous-angulo-maxillaire.

La résolution des ces adénites est facilement obtenue par les rayons thermiques. Dans les cas d’adéno-phlegmons, l'irradiation active et favorise la formation du pus déjà après une deuxième séance de 45 à 60 minutes. Dès la première irradiation, le patient ne ressent déjà plus cette tension des parties molles. Il réagit beaucoup moins à la pression du doigt sur la région malade, la fluctuation apparaît très tôt, permettant l'évacuation du pus et la régression rapide du processus inflammatoire.

Dans les cas extrêmes, c’est-à-dire lorsque l'affection a gagné rapidement les régions voisines, le plancher buccal, par exemple (angine de Ludwig), le traitement relève plutôt du domaine de la chirurgie que de la médecine-dentaire.

Gingivites, stomatites. Le traitement par l’irradiation aux rayons thermiques lumineux peut donner de très bons résultats dans le traitement des gingivites et stomatites. Ayant moi-même peu expérimenté la valeur de ce traitement dans cette sorte d'affection, je me base sur les affirmations des auteurs qui ont fait de nombreuses recherches cliniques à ce sujet et qui ont tiré des con-

clusions tout à fait favorables quant à ce traitement par les rayons thermiques.

Le Prof. J. Kiefter de Strasbourg, parmi d’autres, parlant des effets thérapeutiques de l'irradiation aux rayons thermiques nous dit: «Certaines stomatites aiguës, surtout celles produites par les Spirilles de Vincent sont guéries rapidement par 3 ou 4 séances d'irradiation. Déjà au cours de l’irradiation, les tissus fongueux prennent une couleur rouge intense et apparaissent le lendemain avec des granulations en pleine évolution, tandis que la muqueuse environnante garde un certain temps sa couleur rouge et se pré-

sente lisse, sans irritations et les douleurs existant en certains ces avant l'irradiation ont cessé».

Pyorrhée alvéolaire. Quelques auteurs attribuent à l’action fortement hyperémiante de l'irradiation un effet nettement adjuvant dans le traitement de la pyorrhée alvéolo-dentaire.

Le Prof. Guido Fischer de Hambourg s’exprime dans ce sens: «Dans le traitement des plaies, des affections de tous genres et de la muqueuse buccale, de la pyorrhée alvéolaire, j'ai obtenu des améliorations plus rapidement que sans irradiations. Il est vrai que la chaleur radiante n’est qu’un facteur adjuvant dans le traitement mais qui, à mon avis, possède une très grande valeur. On devrait utiliser alternativement, tantôt la lampe «<Sollux»>, tantôt la lampe Kromayer (rayons ultra-violets) avec les allonges de Seidel, car par ce moyen, on augmente l’action photothéraphique.»

Pour ma part, j'ai pu constater des améliorations importantes dans quelques cas de pyorrhées traités par les irradiations. Après une série de séances (6 à 10), j'ai été étonné de constater le raffermissement sensible des gencives, la consolidation de dents branlantes. J'expérimente en ce moment le traitement combiné héliothermique et Stovarsol (Thèse du Dr Heimbrod [6]), médicament ayant une action spécifique sur les muqueuses buccales et qui m'a déjà donné de très bons résultats. L'action de ce médicament de choix, qui est, comme on le sait, à base d’arsenic, se trouverait renforcé par les effets stimulants que créent au niveau des procès alvéolaires irradiés cet état d’hyperémie intense. Tous deux concourent efficacement dans la lutte contre l'association spirillo-fusillaire.

Névralgies faciales du trijumeau. Le peu de recherches cliniques faites jusqu’à ce jour sur ces affections ne me permet pas de tirer une conclusion définitive sur les résultats du traitement héliothermique. Cependant, des recherches cliniques ont été déjà faites par plusieurs auteurs et ils confirment les excellents effets constatés par ce traitement. Le Prof. J. Kieffer nous déclare avoir obtenu des résultats surprenants dans le traitement des névralgies faciales du trijumeau, quelle que soit leur origine.

Dans les névralgies, dont la cause est due à une irritation locale, nous considérons que la pulpite, l’arthrite alvéolo-dentaire ont une part relative dans l’étiologie de ces névralgies. On s’explique donc facilement l’action calmante de la chaleur radiante

qui élimine rapidement la cause des réactions douloureuses au niveau du nerf lésé.

Douleurs consécutives à des interventions chirurgicales dentaires. L'action bienfaisante des radiations thermiques lumineuses trouve journellement son utilité dans la pratique dentaire pour soulager d’une façon immédiate et durable les patients souffrant de douleurs post-opératoires, après des extractions difficiles et compliquées, après des résections apicales, etc.

Ces douleurs post-opératoires sont les suites naturelles des manœuvres chirurgicales. Elles sont dues au traumatisme, tissus déchirés, fractures osseuses suivies d’inflammation plus ou moins intense, aux alvéolites, fluxions, etc. Dans tous ces cas, nous pouvons déjà obtenir une amélioration immédiate du processus inflammatoire après une seule irradiation. Rien de plus caractéristique que ce sentiment de bien-être et de soulagement qu'éprouve chaque patient soumis à l'irradiation en pareils cas.

Traitement prophylactique par l'irradiation. Il est intéressant de constater que l’on peut se servir de la lampe «Sollux» également dans un but prophylactique. J'ai pu observer, par exemple, après de petites opérations chirurgicales, résections apicales, extractions difficiles des dents de sagesse que, pour chacun de ces cas, une irradiation pratiquée immédiatement après l'intervention chirurgicale a prévenu les douleurs consécutives, accompagnées de iluxions apparaissant quasi inévitablement sans cela. La bonne marche du traitement chirurgical s’est réalisée dans tous ces cas plus rapidement que sans irradiation.

Effets thérapeutiques de la lumière bleue. Il est hors de doute que les applications de l’héliothermie ainsi que de l'emploi de la lampe «Sollux», en odontologie, sont encore plus étendues que celles que je viens d'indiquer. A côté du traitement par l’hyperémie active (hyperémie-thérapie), sujet spécial de ce travail, quelques auteurs ont cherché à mettre à profit dans un but thérapeutique les propriétés actiniques spéciales de la lumière bleue de la lampe «Sollux» produite au moyen d’un filtre de verre bleu. Il y aurait beaucoup à dire sur ce point également, mais c’est une étude qui est plutôt du ressort de la photothérapie; je crois cependant utile d'en dire quelques mots pour ce qui concerne l'emploi de ces rayons bleus en art dentaire.

La lumière bleue de la lampe «Sollux» permet l'application d'un traitement par l’anémie (anémie-thérapie) car en pratiquant par cette lumière des irradiations prolongées, on produit dans les tissus une anémie considérable, au dire des auteurs, soit l'inverse de la forte hyperémie obtenue par la lumière «Sollux> pure (sans disque coloré). Il est notoire que la lumière bleue calme beaucoup. Daniloff et Cemach ont guéri par des irradiations de lumière bleue des névralgies du trijumeau et des articulations maxillaires. Le Dr Roghé de Dresde (12), parlant des effets anémiants produits par la lumière bleue, affirme que l’on obtient ainsi, par la vaso-constriction qui se produit, une anémie qui prépare bien la région à opérer et renforce l’action de la solution de novocaïne et d’adrénaline. Cet auteur préconise dans le traitement de processus inflammatoire, de forme purulente, de combiner l’irradiation aux rayons thermiques lumineux avec l'irradiation à la lumière bleue. Pendant la première partie de la séance, il traite le malade par l'hyperémie pour influencer la formation du pus, et durant la seconde moitié de la séance, il fait l’irradiation à la lumière bleue pour obtenir un effet sédatif.

Etant donné le peu de chaleur développé par le filtre bleu, et en vue des effets recherchés par cette sorte d'irradiation, il faut placer le rebord du réflecteur très près des tissus à irradier.

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