QUELQUES OBSERVATIONS PERSONNELLES
Ne désirant pas me répéter, je ne citerai, parmi les nombreux cas traités jusqu’à ce jour dans ma clientèle, que les plus caractéristiques d’entre eux.
1er cas. Madame S$., se présentait à la consultation souffrant d’une pulpite aiguë de la première bicuspide supérieure gauche. Je lui fis une injection sous-muqueuse para-apicale pour lui extraire le nerf et j'obturai la dent dans la même séance. Le lendemain matin de très bonne heure, cette personne vint me trouver, souffrant beaucoup; elle n’avait pu dormir de toute la nuit, me ditelle. Je diagnostiquai une périostite traumatique au niveau de l'apex à la suite de l’obturation radiculaire. Une légère fluxion
n’était imputable qu’à l’action du liquide anesthésique; la dent était très douloureuse à l’attouchement.
A cette occasion, j’eus recours pour la première fois à la lampe «Sollux». Je fis une irradiation d’une durée de 30 minutes. Résultat: soulagement immédiat, disparition de la douleur et, à mon étonnement, la sensibilité de la dent avait beaucoup diminué. Je priai ma cliente de revenir l'après-midi, curieux de constater de combien serait la durée de l’effet favorable de cette première irradiation. L'action sédative avait persisté, la fluxion avait disparu, mais la dent était encore un peu sensible. Je fis une seconde irradiation, d'une durée un peu plus longue cette fois-ci (45 minutes).
Je revis le lendemain Madame S$. qui me déclara ne ressentir plus aucune douleur. Ce premier succès m'encouragea beaucoup et je fis dans la suite presque journellement usage de cette lampe.
2e cas. Mademoiselle B., vint me trouver, se plaignant de violentes douleurs sur tout le côté gauche, les douleurs s'irradiant jusqu’au niveau de l'oreille. A l'examen, je remarque que la 1re mollaire supérieure est excessivement sensible à la percussion. Cette dent porte un gros amalgame sur la face disto-triturante. Tous les symptômes objectifs et subjectifs sont phathognomoniques de l’arthrite aiguë de cause infectieuse par gangrène pulpaire. Il fallait désobturer la dent au plus tôt pour enrayer la marche de l’arthrite et son évolution vers la suppuration. Vu l’état de nervosité excessif de ma cliente, tenter un forage était chose tout à fait impossible; j'eus recours alors à l’irradiation «Sollux». Je fis une première séance d’une durée de 30 minutes. L'état général de la patiente s’améliora à tel point que j'osai tenter la désobturation de la dent et du canal; tout alla pour le mieux. J'eus ensuite la grande satisfaction de voir l’arthrite régresser rapidement et se terminer par simple résolution. J'estime que dans ce cas également, la lampe «Sollux» m'a été très utile et a grandement soulagé ma cliente.
3e cas. Monsieur G. portait depuis 5 ans une couronne Richmond sur la racine de la canine supérieure droite. Une arthrite phlegmoneuse se déclara subitement. Quant il vint me consulter, une Îluxion énorme allant jusqu’à la paupière le ren-
dait tout à fait méconnaissable. Il ne pouvait ouvrir la bouche, même légèrement, qu'avec beaucoup de peine. Il avait de la fièvre (38 degrés). La dent était très mobile. La palpation de la joue, très douloureuse, ne révélait aucune trace de fluctuation: la fluxion était à sa période d'état. Cette fois encore, le traitement par l'irradiation me donna des résultats inattendus. Le premier effet constaté après la première séance de 40 minutes fut la disparition immédiate des phénomènes douloureux; la tension des muscles avait disparu. Tout indiquait que l’action fortement hyperémiante de la chaleur radiante lumineuse avait déjà influencé la résolution de la fluxion. Le même jour, je procédai à une seconde irradiation de 50 minutes. L'état de mon client était devenu très satisfaisant; la fièvre était tombée et je découvrais déja des traces de fluctuation au niveau de la région vestibulaire, Le lendemain matin, après la troisième séance, d’une durée de 60 minutes, je pus percer à l’aide du cautère et dans les meilleures conditions l’abcès sous périostite vestibulaire très bien formé. La guérison suivit rapidement. Je puis dire que jamais le traitement symptomatique de l’arthrite suppurée aiguë ne m'avait donné des résultats aussi efficaces et aussi rapides.
me cas. Mademoiselle F., fillette de 8 ans qui, à la suite d’une chute, avait les deux incisives médianes supérieures passablement ébranlées. L'examen radiographique ne décelait aucune trace de fracture. Ce traumatisme avait occasionné de la périostite aux deux dents. Tout d’abord j’eus recours à la lampe «Sollux». Une première irradiation de 20 minutes calma la petite malade. L'état douloureux de la lèvre supérieure, fortement tumélfiée diminua. Je pus alors facilement, à l’aide d’un fil d'argent, ligaturer les dents lésées avec les voisines saines. Grâce à cette irradiation, dont l'effet moral s’ajouta à l’action sédative, je réussis à gagner toute la confiance de cette enfant, très timorée, qui ne demanda qu’à revenir au plus tôt chez moi pour continuer le traitement. Je fis régulièrement 6 séances successives d’une durée de 30 à 35 minutes, à raison de 2 par jour pour les deux premiers jours. Le résultat fut très concluant; j'obtins, en peu de temps, la fixation définitive de ces 2 dents.
5me cas. Madame Z., 40 ans, soufîfre d'accidents de l’éruption tardive de la dent de sagesse inférieure droite: signes patho-
gnomoniques, trismus (l'écartement des mâchoires est à peine de 2 mm.) fluxion prononcée de tout le côté droit, gêne à la déglutition, douleurs assez fortes à la pression au niveau de la région sous-angulo-maxillaire. Vu l’état de constriction des mâchoires, un examen de la cavité buccale est rendu tout à fait impossible. J'employai la lampe «<Sollux», impatient de constater le résultat de cette première irradiation de 30 minutes. Ils furent surprenants: ma cliente put écarter les mâchoires jusqu’à 1 cm.; je forçai cet écartement sans provoquer beaucoup de douleurs. Je répétai le même jour une deuxième irradiation de plus longue durée (60 minutes) en plaçant le rebord isolant du réflecteur à une distance de 8—10 cm. de la joue. A la fin de cette séance, je pus, à ma grande satisfaction, explorer facilement la bouche; j'aperçus derrière la 2me molaire le capuchon muqueux fortement enîflé qui recouvrait la dent de sagesse. Je l'incisai à l’aide du bistouri pour permettre l'écoulement de la collection purulente. Je procédai à la désinfection buccale en prescrivant à ma cliente des bains de bouche antiseptiques fréquents avec une solution de chloral à 1°%; la résolution des phénomènes inflammatoires suivit rapidement.
ôme cas. Monsieur T., 35 ans, a un commencement de pyorrhée alvéolaire au niveau des incisives inférieures. J'essayai pour la première fois le traitement héliothermique combiné avec le traitement médicamenteux au stovarsol, à raison de 3 grammes pris en 6 jours. Le résultat fut très bon. Après le sixième jour du traitement combiné héliothermie-stovarsol, les traces de pyorrhée avaient totalement disparu. La gencive de couleur saine s'est resserrée autour des collets des dents malades; les légères traces d'écoulement purulent du début cessèrent. J'attribuai naturellement une grande part de l'effet curatif au traitement par le stovarsol, qui m'a déjà donné dans d’autres occasions des résultats très satisfaisants, mais il est d'autre part indéniable que l'action de l'irradiation aux rayons thermiques a été dans ce cas un adjuvant utile.
7me cas. Monsieur G., se présente à la consultation pour se faire extraire la dent de sagesse inférieure droite qui le fait souffrir depuis longtemps. Cas typique d'arthrite chronique. L'accès relativement difficile, à cause des 2 molaires antérieures très
développées et la dentition très forte de cette personne me font prévoir une extraction pénible. Avant de la tenter, je fis une irradiation de 20 minutes pour éviter l'apparition de douleurs post-opératoires qui me semblent inévitables en pareil cas. Je pratiquai l’anesthésie régionale et j'irradiai encore la région pendant 10 minutes en attendant l'effet de l’anesthésie. J’arrivai à extraire cette dent non sans beaucoup de peine. Je revis cette personne le jour suivant qui me déclara n'avoir pas du tout souffert à la suite de l'opération. Le même phénomène constaté dans plusieurs autres cas analogues, me permet d'attribuer l’absence de douleurs post-opératoires à l’action bienfaisante des rayons thermiques.