ÉTUDE PHYSIQUE DE LA LUMIÈRE
La thérapie moderne nous entraîne immanquablement dans le domaine de la physique. Je me bornerai à rappeler qu’en dehors du spectre visible, étudié par Newton (1642—1727), il existe deux régions extrêmes invisibles: ce sont les régions de l'infrarouge et de l’ultra-violet.
a) Spectre ultra-violet. À l'extrémité de la partie violette du spectre se trouvent des radiations que l’œil ne perçoit pas et dont l’action est particulièrement importante à connaître dans l'étude de l’héliothérapie.
Sennebier en 1782 avait reconnu que le noircissement des sels d'argent était plus rapidement obtenu dans la partie bleue ou violette du spectre que dans la partie rouge. En 1801, Ritter et Wollaston découvrirent que ce noircissement pouvait être réalisé au-delà des limites du spectre visible. Ces expériences prouvaient donc l'existence à ce niveau de radiations invisibles que l’on désigna sous le nom de rayons chimiques en raison de leur action spéciale (action chimique).
b) Spectre infra-rouge. Si l'on place un thermomètre dans la région située au-delà du rouge, on constate une augmentation de température. Cette région est appelée spectre infra-rouge; elle fut découverte par Herschell en 1801. On comprend combien la connaissance de ce phénomène étonna les savants qui jusque-là croyaient à la localisation identique du maximum lumineux et du maximum thermique.
Contrairement aux rayons chimiques (rayons froids), les rayons rouges et infra-rouges sont dénommés, en vertu de leur action calorifique, rayons thermiques.
Rapports de ces radiations entre elles. I est établi que les radiations calorifiques s'étendent dans le spectre visible (Mouton, Langley) en diminuant d'intensité à mesure que l’on avance vers la région violette du spectre, tandis que les radiations actiniques s'étendent dans le spectre visible en diminuant d'intensité vers le rouge. D'autre part, il est actuellement démontré que les régions les plus lumineuses du spectre (jaune) ne sont pas les plus chaudes.
Vu les effets différents manifestés par ces rayons, on les classa en rayons calorifiques (rouge), rayons lumineux (jaune) et rayons
chimiques (violet). A chaque teinte du spectre correspond un faisceau de rayons de longueurs d'onde déterminées.
La mensuration des longueurs d'onde des divers rayons du spectre visible a permis d'affirmer qu'il ne s'agit en l'espèce que d'une seule forme d'énergie, l'énergie radiante: le soleil nous envoie des vibrations toutes de même nature, chaque radiation possédant les trois propriétés calorifique, lumineuse, chimique, mais les possédant à des degrés variables; le violet, par exemple, agit très peu sur le thermomètre, peu surl'œil, beaucoup surla plaque photographique, alors que c’est l'inverse pour le rouge. (Marquès).
Les longueurs d'onde de ces différentes radiations vont en croissant de l’ultra-violet à l'infra-rouge. Nous empruntons à Chatin et Carle le tableau suivant:
Ultra-violet, longueur d'onde au-dessous de 392 uu Violet . : de 392 à 428 uu Indigo , s de 434 à 449 wu Bleu : : de 457 à 500 uu Vert 4 = de 500 à 533 wu Jaune n 2 de 562 à 583 uu Orangé k : de €CO0 à 660 un Rouge Fe . de 663 à 698 uu Inira-rouge û à au-delà de 698 uu
Dans le spectre solaire:
Le maximum calorique correspond à la longueur d'onde de 600 Lu ; le maximum d'intensité lumineuse correspond à la longueur d'onde de 530 Ut ; le maximum chimique correspond à la longueur d'onde de 400 wu.
La longueur des ondes qui peuvent nous intéresser au point de vue thérapeutique sont celles variant entre 800 uu (rayons infra-rouges ou à ondes longues) et 200 wu (rayons ultra-violets ou à ondes courtes).
La physique nous apprend que si l'on fait passer la totalité des rayons solaires par un filtre, certains d’entre eux se trouvent éliminés, cette élimination étant dépendante de la nature du filtre utilisé.
Nous voyons, par exemple, dans le tableau 1 comment le moindre üiltre en verre ordinaire élimine tous les rayons à ondes courtes.
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