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ACTION BIOLOGIQUE DES RAYONS SOLAIRES

Dans l'étude de ce chapitre, et pour ne pas sortir des limites du travail que je me suis assigné, je ne parlerai que des efiets locaux des radiations, en m'abstenant de toucher à l'importante question des phénomènes généraux. Je ne donnerai, d'autre part, qu'un bref aperçu sur la valeur actinique des rayons ultra-violets, dont l’action est si précieuse dans la thérapie moderne; par contre, je traiterai plus spécialement des rayons thermiques.

Lorsqu'on veut utiliser un agent thérapeutique, il importe d'en bien connaître le degré de puissance, afin de doser convenablement ses effets. (A. Aismes).

Par analogie, il est donc de toute utilité de bien connaître les propriétés des radiations du spectre si l'on veut se rendre exactement compte du rôle que jouent ces radiations dans la pratique de l'héliothérapie et de l'héliothermie.

L'exposition d’une partie plus ou moins étendue du corps humain aux rayons solaires ou aux rayons émanant de sources lumineuses artificielles est suivie de l'apparition de phénomènes à la fois physiques, biologiques et thérapeutiques.

Comme nous le verrons, ces phénomènes peuvent être tout à fait différents suivant la nature des rayons qui les produisent. On sait qu’on a réussi à obtenir des rayons ultra-violets au moyen de la lampe à mercure de quartz et des rayons infra-rouges au moyen de la lampe :Sollux:; la description détaillée de cette dernière est donnée plus loin.

«La différence entre tous ces groupes de rayons en restera néanmoins très grande au point de vue clinique et très importante pour des effets thérapeutiques à obtenir; selon l’emplacement d'un groupe de rayons dans le spectre, nous aurons avec leur longueur d'ondes très différente des qualités curatives et des effets thérapeutiques très différents également». (J. Kieffer) (8).

Il est évident qu'un rayon, quel que soit son emplacement dans le spectre, produira toujours une action chimique, si faible soit-elle et ne sera en même temps jamais totalement dépourvu d'action thermique.

Parmi les modifications locales objectives et subjectives qui accompagnent l’action des radiations solaires sur le tégument,

notons l’érythème, c'est-à-dire le classique «coup de soleil» (erythema solare), qui est différent de l’insolation ou coup de chaleur, ainsi que la pigmentation, processus de défense des tissus sous-jacents contre l’action nocive des rayons lumineux.

On attribue aujourd'hui, à l’appui de preuves expérimentales, l'apparition de ces accidents uniquement à l’action des rayons chimiques (violets, ultra-violets); or, les rayons calorifiques (rouges) y sont totalement étrangers.

Action bactéricide. C’est un fait connu que la lumière solaire est microbicide et que les rayons chimiques (bleus, violets, ultraviolets) sont les plus actifs dans cette destruction microbienne. Miquel a pu tuer presque instantanément, grâce aux rayons ultraviolets des spores du Bacillus mesentericus ruber, capables de résister pendant plusieurs heures à la température de l’ébullition de l’eau.

il est prouvé, par contre, que les rayons à ondes longues (rouges et infra-rouges) n’ont pas d'action bactéricide, qu’au contraire, ils semblent favoriser le développement des micro-organismes. Remarquons, à ce propos, que si on ne reconnaît pas en général de pouvoir bactéricide direct aux rayons infra-rouges, on doit leur reconnaître, par contre, une action bactéricide indirecte par la congestion qu'ils produisent, favorable à la réparation des tissus (phagocytose).

Action excitatrice locale. Nous savons que la lumière solaire produit une excitation locale des plus efficaces, qui se traduit par une hyperémie plus ou moins intense de la peau et par une activité plus grande des échanges cellulaires. Ceux-ci résulteraient pour Miramond de Laroquette de l'absorption et de l’assimilation de l'énergie rayonnante par le protoplasma. Celui-ci, adapté à cette forme d’énergie, subirait ainsi une recharge dynamique augmentant la vitalité et les réactions propres des tissus (nutrition, secrétion, motricité, etc). Cette hyperactivité locale aurait une action générale sur l'organisme tout entier par l'intermédiaire de la circulation. Les réactions locales: érythème ou hyperémie, pigmentation, sudation ne sont que des phénomènes particuliers traduisant l’excitation des tissus superficiels. Revillet rapporte cette suractivité locale aux rayons rouges etinfra-rouges, c'està-dire aux rayons calorifiques comme Miramond de Laroquette. Ces

radiations agiraient à la manière de la méthode de Bier. La chaleur détermine localement une hyperémie: fluxion avec dilatation vasculaire, irrigation sanguine et activité circulatoire plus considérable, d’où activité tissulaire augmentée.

On conçoit, par l'apport intense des hématies et des leucocytes, par l’activité nouvelle des cellules et des échanges, l’action favorable d’une pareille influence.

Il y a donc, sous l'influence des rayons rouges et infra-rouges deux processus, l’un réparateur et l'autre phagocytaire et indirectement microbicide. (A. Aismes) (1).

Action résolutrice et cicatrisante. La suractivité des échanges, l'hyperémie locale, l’accroissement de la phagocytose expliquent facilement la résolution des exsudats, la disparition des infiltrations séreuses, œdèmes, la cicatrisation des plaies, des fistules. (A. Aismes).

Cette action résolutrice par l’action des rayons thermiques est très efficace. Pour ma part, l’occasion m'a été donnée de me servir de ces rayons thermiques pour produire la résolution d’adénites sous-maxillaires d’origine dentaire dans des conditions tout à fait excellentes. Par l'effet de l’insolation on a pu obtenir l’élimination de séquestres même volumineux et la réparation rapide des tissus malades.

De Quervain, parlant de l’action éliminatrice des rayons solaires, s'exprime comme il suit: «Ce mode de réparation que nous ne voyons survenir dans aucune autre circonstance et sous l'effet d'aucun autre traitement nous prouve d’une manière évidente que l’héliothérapie locale constitue un stimulant des plus efficaces des moyens de défense de l'organisme».

M. Rollier rapporte de remarquables observations d'élimination de ganglions tuberculeux, soignés par la cure solaire «qui sortent de leur coque fibreuse comme une noix de son brou et tombent spontanément comme un fruit mûr, sans douleur aucune et en laissant une cicatrice à peine visible».

Actions tonique et sédative. L'action tonique et sédative des rayons solaires est mise en évidence par le bien-être qu'éprouve chaque patient soumis à l’action bienfaisante de ces rayons.

On obtient dans presque toutes les inflammations aiguës la suppression et la diminution rapide des processus inflammatoires.

L'explication de ce phénomène repose dans l’active vasodilatation que produit l’action irradiante lumineuse. Sous l’effet de cette action irradiante, les tissus sont remis dans la possibilité d’une défense qu'ils avaient perdue dès le moment où la circulation ne se faisait plus normalement.

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