APPAREILS UTILISÉS EN ART DENTAIRE
On a cherché au cours de ces dernières années à provoquer artificiellement des irradiations au moyen de lampes.
C'est le savant danois Finsen (4), le premier, qui prouva la possibilité d'obtenir avec des sources lumineuses artificielles des résultats semblables à ceux obtenus avec la lumière solaire. C’est à lui que nous devons donc la découverte de l’action curative des rayons ultra-violets. Finsen appliqua l’action des rayons lumineux chimiques au traitement des affections cutanées (méthode de Finsen). On chercha ensuite à améliorer les appareils, encore primitifs, créés par Finsen et son école.
En 1892, Arons, à Berlin, découvrit la lampe à vapeurs de mercure émettant de grandes quantités de radiations ultra-violettes. Plus tarä, le Dr Küch (1905) à Hanau, réussit, après de patientes recherches et de nombreux essais, à fondre le quartz et à en faire des ampoules. (On sait que le quartz ou cristal de roche, contrairement au verre, est perméable aux rayons ultra-violets). Cette nouvelle lampe, avec ampoule de quartz, a la propriété d'émettre des radiations invisibles ultra-violettes en quantité considérable.
Avec la lampe de quartz, on cherche à agir sur les tissus par les seules vertus chimiques des rayons ultra-violets. L'action de ces rayons est comparable et même plus grande que celle des rayons du soleil lui-même; c’est pour cette raison qu'on appelle cette lumière: «Le soleil de quartz ou d’altitude artificielle».
L'emploi de la lampe de quartz est très répandu dans toutes les branches de la médecine, où elle rend de précieux services.
En odontologie, on apprécie ses heureux effets (modèle Kromayer) pour le blanchiment des dents, dans le traitement de la pyorrhée alvéolo-dentaire, etc.
Malgré les résultats appréciables obtenus avec la lampe de quartz, on lui a cependant trouvé théoriquement un défaut, savoir qu’elle ne fournit pas à elle seule assez de rayons calori-
fiques, outre ses rayons ultra-violets. Il parut donc désirable pour les irradiations artificielles d’imiter autant que possible les conditions de l’insolation par le soleil naturel. En 1913, le Prof. Hagemann (5) de la clinique chirurgicale de l'université de Wurzbourg s’exprimait déjà dans ce sens: «Il me paraît cependant douteux que les rayons ultra-violets jouent un rôle aussi considérable en héliothérapie et je me demande si l’on ne doit pas plutôt attribuer une action accessoire importante aussi à d’autres groupes de rayons faisant partie du spectre solaire. C'est pourquoi, j'ai estimé qu’il n’était pas pratique au point de vue thérapeutique d'utiliser seulement un des composants de la lumière solaire, quelque efficace qu'il pût être et j'ai ajouté à la lumière ultra-violette la lumière électrique par incandescence».
Le Prof. Hagemann nous démontre par là la valeur thérapeutique des rayons thermiques, c'est-à-dire à longues ondes qui ont une action en profondeur plus grande que les rayons chimiques à ondes courtes, et, se basant sur les considérations précitées, il combina en 1913, avec la lampe de quartz, sa couronne de lampes à incandescence.
Ce fut, peut-on dire, le début de la mise en pratique de l'action curative des rayons thermiques.
Cette combinaison d'Hagemann fut le point de départ de nombreux essais de la part de médecins-spécialistes que cette question de radiations calorifiques intéressaient tout particulièrement. C’est ainsi que le D' Heusner, de Giessen (7), trouva un système de lampes produisant spécialement des rayons à activité thermique. La construction de ces lampes, très primitives au début, a été notablement perfectionnée en 1922, grâce à la collaboration du D' Oeken de Leipzig. C’est cette lampe que les auteurs ont appellée «Sollux».
Description de la lampe «Sollux». Comme nous l'avons dit, la lampe «Sollux» est une lampe à incandescence, remplie de nitrogène à la pression de ?/; d’atmosphère et fabriquée d’après un procédé patenté appartenant en propre à la «Quartzlampen- Gesellschaït à Hanau». Le corps incandescent est fait d’un bobinage en fil de tungstène-Wolfram à spires nombreuses: on obtient ainsi une forte charge électrique sur ce point, ce qui assure une radiation intense.
La lumière de cette lampe est d’une blancheur éblouissante et émet une quantité considérable de chaleur radiante.
Il existe deux modèles différents de la lampe «Sollux»: la lampe <Sollux» du D' Oeken, avec grande ampoule de 2000 bougies et la petite lampe «Sollux» du D' Cemach (3) de Vienne avec petite ampoule de 600 bougies.
La lampe «Sollux», grand modèle, du D' Oeken. Le tube lumineux de cette lampe est placé dans un réilecteur para-
Figure 2.
GRANDE LAMPE <SOLLUX» DU DR OEKEN.
bolique. Elle est construite de façon à pouvoir projeter la lumière dans toutes les directions et sous l’inclinaison désirée.
Elle est employée par les cliniciens pour des irradiations générales de tout le corps, soit seule, soit comme lampe complémentaire de la lampe à lumière ultra-violette.
La lampe «Sollux», petit modèle, du D" Cemach de Vienne. C'est la petite lampe «Sollux», avec le petit réflecteur conique, qui est employée en odontologie. Elle est utilisée uniquement pour l'irradiation locale des processus inflammatoires circonscrits, en particulier des inflammations aiguës des oreilles, du nez, du cou, de la bouche. Le D: Cemach a voulu réaliser une idée bien précise, savoir qu’une lampe destinée à l'irradiation des afiections aiguës doit être avant tout très facilement transportable, car il
Figure 3.
PETITE LAMPE «SOLLUX» DU DR CEMACH.
arrive fréquemment que les malades atteints d’affections aiguës sont alités et la lampe doit être apportée à leur chevet.
Cette lampe existe sur le marché sous trois formes différentes : la lampe de table, la lampe murale, la lampe montée sur pied démontable. Elle répond ainsi à tous les besoins. Une articulation en iorme de charnière, avec dispositif de freinage, permet de déplacer la lampe en tous sens. Le réflecteur conique porte sur son bord un anneau isolant de liège garantissant contre toute brûlure
accidentelle au contact du métal surchauffé. Construite de cette façon, cette lampe est d’un usage extrêmement pratique pour le stomatologiste.
Technique du traitement par la petite lampe «Sollux». La lampe est dirigée sur la région malade de façon telle que le foyer inflammatoire se trouve au centre de la région éclairée. Sous réserve que le patient ne soit pas incommodé par l'effet de la chaleur radiante, la distance entre la peau et l’anneau de liège doit être aussi réduite que possible; elle sera de 12 à 10 cm. pour la première séance, de 10 à 8 cm. pour les séances ultérieures.
Je me permets de citer en passant un cas de brûlure arrivé à un confrère d'Allemagne et relaté dans un numéro de la «Zahnärztliche Rundschau». Le praticien, par une fausse manipulation de la lampe «Sollux», plaça l’anneau de liège directement sur la peau du patient. Il s’ensuivit fatalement une brülure.
A l'aide de filtres glissés derrière l'anneau, on peut obtenir de la lumière bleue, de la lumière rouge et de la lumière du jour. La lumière non filtrée (sans disque coloré) provoque sur ies tissus des effets hyperémiants.
Durée de l’irradiation. «Il est indispensable, nous dit le Prof. Kieffer, de chercher l'effet à obtenir pour ce qui concerne cette sorte d'irradiation non pas dans l'intensité mais dans la quantité de lumière agissant sur les tissus et cette quantité est dans ce cas en proportion directe avec la durée de l’irradiation. Cet eïtet est dosable selon la distance à laquelle nous plaçons les tissus à traiter. En pratique, nous avons besoin pour l'effet thérapeutique cherché d’une température de 45 à 50 degrés.»
Tandis qu'avec la lampe de quartz on ne laisse agir les rayons que durant de courtes séances (quelques minutes), les irradiations sont de plus longue durée avec la lampe «Sollux». Le traitement par l’irradiation se fera progressivement. Une séance de 30 minutes sera suffisante pour le début; on pourra ensuite prolonger l'irradiation jusqu’à 1 heure et même au-delà, sans qu'il en résulte d’inconvénient. Toutefois, il est recommandable de ne pas dépasser cette norme d’une heure, eu égard à la fatigue éprouvée généralement par le patient, fatigue provenant, d’une part, de la chaleur développée et, d'autre part, de la position immobile*que doit observer le patient pendant la durée de l'irradiation.
Les réactions subjectives du patient ont une grande importance. En principe, le malade ne doit pas éprouver de malaise ni de sensation désagréable pendant toute la durée de l'irradiation; il devra néanmoins avoir la sensation d’un fort efiet calorifique du côté irradié.
La durée de l'irradiation et le nombre de séances dépendent de l'état plus ou moins grave du mal à traiter. Dans les cas graves, on îera plusieurs séances, à raison de deux par jour au début.
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