PETITE LAMPE «SOLLUX» DU DR CEMACH MONTÉE SUR PIED LÉGER
Avant de procéder aux irradiations, il importe de prendre certaines précautions; c’est le cas notamment lorsqu'on a affaire à des peaux sensibles, peu pigmentées (enfants, femmes blondes). En de semblables occasions et avant de commencer le traitement, il est recommandable d’enduire avec un Corps gras (vaseline, crème) la partie de la peau qui va être soumise à l'irradiation, ceci afin d'éviter tout coup de soleil artificiel qui pourrait déterminer une pigmentation, par exemple. Avant chaque irradiation, les yeux du patient doivent être protégés contre l'intensité de la lumière très éblouissante (lunettes en étofte du Dr Cemach).
L'âge peut aussi jouer un rôle sur la manière dont le traitement est accepté par l'organisme: théoriquement un coup de chaleur pourrait se produire chez des personnes âgées, très affaiblies.
Ces cas mis à part, l'emploi de la lampe «Sollux» n'offre absolument aucun danger. Depuis près d’une année que je me sers journellement de la lampe «Sollux», je n’ai encore jamais éprouvé d'ennuis vis-à-vis des patients et je n’ai rien trouvé dans la littérature à ce sujet.
D'autre part, il est bien compréhensible qu’un brusque changement de température ne serait pas de nature à influencer favorablement le mal à traiter. C’est pourquoi, la séance terminée, il ne faut pas renvoyer immédiatement le patient chez lui mais il convient de le faire attendre quelques instants dans une chambre à température normale.
Effets produits par la lampe «Sollux». Le premier effet constaté est que les rayons thermiques lumineux exercent sur les tissus soumis à leur action une hyperémie très active qui non seulement a lieu au niveau de la partie irradiée, mais qui se fait sentir profondément et dure longtemps.
Sous l'influence de l’action fortement irritante de l’irradiation les tissus réagissent puissamment; il se produit alors une vasodilatation cutanée très active. C'est là le phénomène apparent que l’on remarque dès les premières minutes de l'irradiation.
Action en profondeur. Un phénomène très important est l’action en profondeur de cette hyperémie active, mais qui s’explique facilement si l’on considère que les rayons thermiques sont des rayons à grandes longueurs d’onde. D’après ses recherches, Freund nous prouve que les rayons thermiques pénètrent de 1'/> à 2 cm. en profondeur dans les tissus, tandis que, par exemple, les rayons à ondes courtes (ultra-violets) n’ont que peu d'action en profondeur, de 0,1 à 1 mm. seulement, d’après les recherches d'Hasselbach.
Nous avons observé qu’un thermomètre placé dans le vestibule buccal s'élève de 1,5° après une irradiation d'une durée de 30 minutes à une distance de 10 cm. de la joue.
Effet durable. Cet état d’hyperémie produit par l'irradiation, ne disparaît pas quand celle-ci cesse d’avoir lieu, mais il persiste ‘et se manifeste encore longtemps après (hyperémie passive). En
effet, chaque personne irradiée ressent encore durant de longs moments cet effet de chaleur pénétrante après l'irradiation.
Le thermomètre buccal montre que cet état d’hyperémie est encore existant une heure après l’irradiation; il n’est pas exclu qu'il ne se prolonge plus longtemps encore.
Le Dr Oeken, parlant de l’action des irradiations de la lampe «Sollux», s'exprime de la façon suivante: «Elles provoquent une hyperémie extraordinaire qui pénètre très profondément et dure longtemps; les régions irradiées rougissent fortement et se regorgent de sang. Je ne connais aucun autre moyen qui puisse produire une pareille hyperémie.»
L'action stimulante que produit une pareille hyperémie sur les tissus est facile à concevoir. Le résultat est que l’on obtient, après une ou quelques irradiations d'assez longue durée, la suppression rapide des phénomènes douloureux dans presque toutes les inflammations aiguës et la diminution des processus inilammatoires. Ainsi la lampe «Sollux» permet d'obtenir, en les graduant, des modifications tissulaires de même ordre que ceux qu’on recherche dans la pratique de la révulsion, soit par des agents chimiques (iode), soit mécaniques (massages) où physiques (pointes de feu, compresses chaudes, etc.)
En médecine générale. On a obtenu d'excellents résultats thérapeutiques chaque fois que l’on a eu recours au traitement par l'hyperémie active. Grâce à l’irradiation aux rayons thermiques, on a pu accélérer la cicatrisation des plaies. On a constaté l’action calmante et curative des rayons thermiques dans les cas de névralgies, dans le traitement des sinusites, des névrites, des épanchements articulaires, des mastoïdites, des adénites, dans les complications de la blennorragie et de certaines affections gynécologiques. L'action bienfaisante par le traitement aux radiations thermiques est mise en évidence dans tous les cas où il s’agit d’influencer la résolution d’exsudats inflammatoires de tous genres.
Je crois utile de citer ici l'opinion de quelques auteurs qui ont étudié tout spécialement l’action des rayons thermiques en les expérimentant dans de nombreuses recherches cliniques.
En Otologie voici ce que nous dit le D' Cemach, de Vienne (3): «L'action sédative sur la douleur se fait sentir, en général, à la première séance déjà; les malades qui souffraient beaucoup au--
paravant n'ont plus de douleurs après l’irradiation. On n'obtient pas, ou du moins dans une mesure moindre, cette disparition de la douleur par la chaleur ordinaire, enveloppements chauds, par exemple. La supériorité de l’action de la lumière doit dépendre d'effets actiniques spéciaux qui se portent sur les extrémités des nerfs sensitifs>.
D'autre part, le D' Oeken de Leipzig (11) nous présente une statistique comprenant 250 cas d’affections douloureuses de l'oreille (otites, furoncles du conduit auditif, etc.) tous traités par l’irradiation «Sollux>. L'auteur affirme que, dans chacun de ces cas, le malade a été complètement guéri. Ils ont tous déclaré que les douleurs diminuèrent déjà après la première irradiation et disparurent au plus tard après la seconde.
En médecine dentaire, on obtient également de très bons résuitats en irradiant les malades au moyen de la petite lampe «Sollux», pour irradiations locales (voir figures 3 et 4). L'action bienfaisante locale due aux rayons thermiques lumineux se manifeste en odontologie principalement dans les cas suivants: