III. - LIIELLÉNISME APRÈS AUvXANDRE EN ASIE MINEURE
C'est surtout l'Asie Mineure qui fut le théâtre des rivantes greco-onentales, et c'est là principalement qu'on souhaiterait de pouvoir les suivre. Par malheur, nos docu ments sont très insuffisants. On voit néanmoins de façon ssez franche qu'il se fit de bonne heure une sorte de par
tage du pays : l'élément grec s'empara des zones côtiéres ■
pci les verses. Ce plateau se rapprochait, par ses ressources et son climat, de celui de l'Iran, et se prêta notamment à l'élève des chevaux ; le sol y apportenaTà une aristocratie iranienne, mihtaire et féodale, qdubs ta jusqu en pleine époque romaine. En outre, un clergé p se
s était etabh dans la péninsule; il y desservait, jusqu en
Lyd.e, des temples célèbres consacrés aux dieux mazdeens" a.s ces prêtres, dits magusiens, y étaient venus de Mésopotamie ; aussi n'est-ce point l'idiome aryen qu'H -;aienl apporté avec eux, mais un dialecte sémitique lira neen ,„ ^es effets de la conquête macédonien^rfut d'y Mibstituer, vers le me siècle, en Cappadoce et en Arménie le grec comme langue littéraire et liturgique. C'est dans ^
^ Guiiionl, Les religions onenlales, p. 213 sq.
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contrées que se forma le mithriacisme \ mais nous n'avons aucun monument de cette période de son histoire. On constate toutefois, en particulier grâce aux indications de l'onomastique, que « la religion mithriaque fut formée essentiellement d'une combinaison des croyances iraniennes avec
la théologie sémitique, et accessoirement avec certains éléments empruntés aux cultes indigènes de l'Asie Mineure ». Du moins les Grecs furent hostiles à ce dieu de l'ennemi héréditaire ; « Mithra passa directement de l'Asie dans le
monde latin ».■
Parmi les divinités proprement anatoliennes, on peut citer Cybèle comme ayant pénétré de très bonne heure en Grèce, notamment dans le Pél jponèse ; au v® siècle, elle s'installe à Thèbes. Mais notons bien qu'Attis, son compagnon, le dieu mutilé, fut toujours tenu en mépris par les Grecs ; chassé du culte public, il trouva un refuge dans les orgéons qui, au Pirée et ailleurs, célébraient des cérémonies secrètes *. Quant au dieu Mên, les documents épigraphiques qui le concernent proviennent à peu près tous d'Asie Mineure, et surtout de Phrygie. De là, il émigra à Délos, port cosmopolite, et en Attique, amené par les ouvriers, esclaves et affranchis qui débarquaient au Pirée. Son culte est attesté
par des reliefs dédicatoires des iv^-ii® siècles ; mais, vu leur style et l'origine des dévots, on doit reconnaître que. dans ce nouveau milieu, Mên demeura un dieu étranger \ Sabazios '', lui, était d'origine thrace ; mais il passa en Asir Mineure, où fut son vrai domaine, particulièrement en Phrygie. En Grèce, il trouve des adorateurs au v^ siècle, mais on ne voit généralement en lui qu'un barbare, raill des poètes comiques, et dont les bruyants mystères n'ob tiennent guère à Athènes que le mépris. En Asie Mineure,
\. La fréquence est remarquable du nom de Mitliradate dans les dynaslies anatoliennes (Cumont, op. cit., p. 21:2).