‹ L'Hellénisation du monde antique [microform]; leçons faites à l'École des hautes études socialesChapitre 29 sur 140 · II. - LA MIGRATION IONIENNE ET LE GÉNIE IONIEN · texte numérisé non relu

II. - LA MIGRATION IONIENNE ET LE GÉNIE IONIEN

l^e génie dorien est venu d'autant plus à son heure pour l'attacher définitivement l'hellénisme à l'Europe que l'épo- 'liH' où, triomphant en Grèce, il va essaimer vers l'Asie,

1; La théorie, longtemps en vogue, de Curtius qui voulait que les

oiiUHis originaires delà Côte d'Asie, y fussent reye/* m* au x- siècle et cme

'ur colonisation y eut été aidée par les populations pélasgiques appa-

•;n»t.es contre les Caricns et les Lydiens, cette théorie a lait son temps;ce

" «^lait (juune hypothèse destinée à rendre compte du caractère à la fois

i"u> eijeeii et plus oviental de la civilisalion ionienne (iathéorie de Curtius

•■l" surtout ruinée par Ed. Meyer). Sur la façon dont on explique aujour-

'u. ce double caractère, voir Wilamovvitz-Moellendorff, Panionion et '^er die lomsche Wanderunrj (Académie de Berlin, 11>06) etD. G. Hcarth ^'»na and Ike Eusl (Oxford, 19011). °

52 l'hellénisaïion du monde antique

est précisément celle où les Eoliens se laissent gagner par les influences asiatiques qui, dans ce fécond terrain, donneront cette fleur exquise — mais à tige si fragile et parfum si grisant — Vionisme,

L'ionisme semble, en effet, comme une réaction de Téolisme talonné, stimulé, menacé par le dorisme, réaction qui a dû certaines de ses couleurs propres à ce royaume Ivdien dont l'Ionie occupait la côte, faisait le commerce et alimentait Tindustrie et Fart. Nous n'avons pas ici à brosser le tableau de tout ce qui caractérise Fart et l'esprit ionien; le prochain chapitre le fera en le montrant dans son plein essor. Nous devons nous borner à indiquer comment il s'est

dégagé de l'éolisme.

Nous avons vu les Achéens, mélangés d'autres peuplades, qui semblent leur avoir valu le nom d' Eoliens, « les sangmêlés», partant des côtes grecques sous la pression de l'invasion dorienne et, après avoir, pendant deux siècles, écume la . mer et la côte d'Asie , du golfe de Chypre au fond du Pont Euxin, se tailler une nouvelle patrie, l'Eolide, des Dardanelles au golfe de Smyrne. Si, jusqu'au viii^ siècle, ils ne paraissent avoir pu implanter aucun établissement durable au sud de l'Hermos, c'est que la côte était occupée d'abord par les Tyrsènes et Lydiens, puis, au sud du Méandre, par les Lélèges et Cariens qui surent leur opposer plus de résistance que les Troyens de Priam et les Mysiens de Téléphos. Ce n'est que dans la deuxième moitié du viii^ siècle, lorsque le royaume méonien des Héraklides s'affaiblit, que les bandes ioniennes qui, fuyant l'invasion dorienne, s'étaient emparées au ix^ siècle des Cyclades, puis des îles côtières — Chioset Samos restèrent lesterres ioniennes entre toutes — purent passer sur le continent, s'installant d'abord à Clazomènes, Téos, Colophon, Ephèse, Priène et Milet sur la côte, puis aux deux Magnésie dans l'intérieur. Si les EoHens ne descendirent guère au sud de Milet, c'est sans doute qu'à la même époque les Doriens, maîtres depuis un siècle au moins des îles du Sud, Rhodes, Karpathos, Kasos, Kos, Astypalée, Théra, avaient réussi à fonder une nouvelle

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