‹ L'Hellénisation du monde antique [microform]; leçons faites à l'École des hautes études socialesChapitre 69 sur 140 · LA FORMATION DE LA MACÉDOINE · texte numérisé non relu

LA FORMATION DE LA MACÉDOINE

La période qui s'étend de la guerre du Péloponnèse à la

mort de Philippe marque sinon un recul, du moins un temps d'arrêt dans l'expansion de l'hellénisme. Il faut en chercher la cause dans les divisions et les guerres que suscite la politique jalouse des cités grecques. La lutte contre la

Perse n'avait pas encore pris fm que déjà les Athéniens et les Spartiates étaient aux prises. Les hostilités, momentané-

BiBLiOGRAPHiE. — Lcs liistoires générales citées aux chapitres précédents donneront, en même temps (jue le récit des faits, les indications nécessaires sur les sources et sur les ouvraf?es de seconde main. Nous n'indiquerons que quelques livres ou articles à consulter : pour la Sicile, Holm, Geschichte Siciliens im Altertum, t. II : Niese, Dîon?/505 dans le Pauly-Wissowa: — pour rionie, Judeich, Kleinasiatiscke Sludien (1892), Dugas, la campagne d'Agésilas en Asie Mineure (^9.5) ; Xénophon et l'anonyme d'O.ryrynchos dans Bull. corr. hell.,\\\\\ (1910), p. 58-95: — pour le Pont, Antiquités du Bosphore Cimmérien. éd. 8al. Reinach; Brandis, Bosporos, dans le Pauly- Wissowa, t. m, p. 741 et suiv. : EUis H. Minns. Greeks and Scy/hians (191H) ; G. Perrot, le commerce des blés en Attiqiie au IV^ siècle avant notre ère, dans Rev. /tis/or., IV, (1877) Gernct, l' approvisionnement d' A t/iènes en blé au r« et au IV' siècles, dans Bibl. de la faculté des Lettres de de Paris, XXV, p. 2G9-391 ; — pour la Thrace, Hœck, de rébus ab Altieniensibus in Tfiracia et in Ponto ab anno 378 usque ad annum S3S gestis: Hœck, das Odrysenreich in Thrakien im fUnf'ten und vierten Ja/irhundert v. C/ir. dans Hermès, XXVI (1891), p. 76 et suiv. ; Foucart, les Athéniens dans la Chersonèse de Thrace au IV" siècle, dans Mém. de l'Académie des Insc. et Belles-Lettres XXXVIll. 2, p. 83 et suiv. : — pour la politiijue athénienne, Busolt, das Ztreite athenische Bund und die auf der Autonomie beruhende hellenisclie /'olitik von der Schlacht bei Knidos bis zum Frieden des Euboutos, dans Jahrb. /'. cl. PhiloL, VII. Suppl. band, p. 641-866; J. Beloch, Die attische Polilik sait Perikles (1884) : SchaCer, IJemosffienes und seine Zeit (3 vols, 1856-8).

l'hki.lênisation du monde antique

ment suspendues en 445, reprenaient en 431 et ne devaient cesser en 404 qu'avec la ruine d'Athènes. Les villes limitent au monde grec leurs préoccupations et oublient les Barbares : Alcibiade sans doute, pour entraîner les Athéniens en Sicile, leur laisse entrevoir dans un avenir éloigné la conquête de Carthage \ mais l'attaque est dirigée d'abord et surtout contre Syracuse, alliée de Sparte. Les ennemis de l'hellénisme, à l'ouest comme à Test, peuvent reprendre l'offensive. En Sicile, les Carthaginois, appelés par les Ségestains, s'emparent de Sélinonte (409), d'Himère, d'Agrigente (406) ; l'île est menacée à nouveau de devenir tout entière carthaginoise. En Orient, la Perse rentre en scène; Alcibiade, en sollicitant les secours des satrapes

d'Asie Mineure, leur permet d'intervenir dans les affaires

de la Grèce ; dès lors, le Grand Roi va se poser en arbitre entre des adversaires qui se disputent son alliance et plus encore ses subsides ; s'il ne prétend plus conquérir la Grèce, il travaille du moins, par une savante politique de bascule, à maintenir toutes les cités dans un état d'égale impuissance. Ainsi la guerre du Péloponnèse arrête les progrès de l'hellénisme. Pendant la première moitié du quatrième siècle, les Grecs, malgré de brillants épisodes, restent sur leurs positions ; il y a peu de points où nous puissions voir reculer devant eux le monde barbare.

I. - LE SECOND EMPIRE SYRACUSAIN ET LA FIN DE L'HÉGÉMONIE GRECQUE EN OCCIDENT

Syracuse avait, avec Gélon et Hiéron, fait triompher l'hellénisme en Sicile ; c'est elle encore qui organise la défense contre Carthage, et, en assumant cette tâche, elle

mérite de redevenir la capitale du monde grec occidental. En face de l'ennemi, les Syracusains sentent la nécessite de se donner un chef : Denys se fait accepter comme

tvran (405 à 367).

" Denys arrête les progrès de Carthage, mais sans jamais

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