Diod.. XIV
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l'hellénisation du mondk antique
Que les Grecs aient tiré profit de la politique et des guerres de Denys, la chose n'est pas douteuse, mais il ne
faut pas pour cela faire du tyran un champion de l'hellénisme. Denys n'hésite nullement à attaquer et à ruiner des cités grecques, aussi bien en Sicile qu'en Grande Grèce. Sa politique est dictée par des motifs tout personnels. S'il attaque Rhégion, c'est que la ville sert de refuge aux émigrés syracusains qui conspirent contre lui ; s'il menace les côtes étrusques, c'est qu'il a besoin d'argent et compte sur le butin; son expédition contre le port de Caere et le pillage du temple d'Eileithyia sont d'un corsaire plus que d'un chef d'état; de même, si son attention se porte sur Dodone, c'est qu'il convoite les richesses accumulées dans un grand sanctuaire panhellénique. D'autre part ; Denys pactise avec les ennemis de l'hellénisme. Il ménage les Carthaginois : les traités maintiennent toujours le statu quo et, après la campagne de 398, on renvoie à Carthage le général et les citoyens prisonniers, moyennant une faible rançon. Il semble que Denys veuille maintenir Syracuse sous la menace carthaginoise pour rendre nécessaire sa tyrannie ; peut-être même songe-t-il en cas de révolution à demander asile à Carthage comme Thémistocle au Grand Roi. Denys s'entend également avec les populations itahotes ; il s'aUie avec les Lucaniens contre les cités de Grande Grèce, il installe des Campaniens à Entella, à Catane, après en avoir expulsé ou massacré la population. Il cherche à se concilier les villes sicules. L'état qu'il crée, autour de Syracuse comme capitale, n'est pas un état hellénique, mais un état gréco-barbare, comme le seront les royaumes hellénistiques. On comprend qu'aux yeux des Athéniens surtout, pour qui Denys était de plus un allié de Sparte, le tyran de Syracuse ait pu passer pour un ennemi des Grecs et un émule du Grand Roi ^.
Les successeurs de Denys poursuivent sa politique. Denys le jeune fonde des colonies en Apuhe. Mais les luttes intérieures et les révolutions ruinent la puissance syracu-