‹ L'Hellénisation du monde antiqueChapitre 4 sur 157 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

n'est pas seulement l'expression des revendications des Grecs d'aujourd'hui ; c'est un des éléments de la conscience politique de l'Europe ; l'hellénisme, comme force intellectuelle — ai-je à dire ici tout ce qui, sans l'hellénisme, n'existerait pas dans la pensée contemporaine ? Elle s'est élevée tout entière sur les impérissables assises déraison et de beauté que l'hellénisme a édifiées pour le mondée

Ces faits sont bien connus ; si nous nous bornions à en apporter un nouvel exposé, notre entreprise pourrait être intéressante; elle ne serait guère originale. Aussi ne prendrons-nous pas l'hellénisme comme un fait dont il n'y aurait plus qu'à décomposer les éléments et qu'à suivre l'action en ses modalités. C'est à la formation même de l'hellénisme que nous nous attacherons. Comment et pourquoi l'hellénisme est apparu dans la Méditerranée? Pourquoi il a pu s'étendre ici et a du s'arrêter là? Comment il a agi sur les cultures étrangères qui l'entouraient et comment elles ont réagi sur lui? Pourquoi il est parvenu à assimiler celles-ci et a du reculer devant celles-là? D'où viennent tous les éléments qui constituent l'hellénisme? Comment se sont-ils rencontrés et comment fondus ensemble?

Telles sont les questions que nous aurons à nous poser. Et, pour chercher à les résoudre, il a semblé qu'il n'y avait pas de moyen plus sûr que de les placer dans leur cadre même : celui de l'histoire grecque. Nous la prendrons, non dans sa continuité, mais dans

d. Signalons deux ouvrages où l'on a trop bien esquisé ce que la civilisation moderne doit aux Grecs pour qu'il ait paru nécessaire d'y revenir ici : J.-P. Mahafïy, What haix tlte Greeks donc for modem civilisation (Londres, 1909): Zielinski, Die Aiil^^en und Wir (dans une collection intitulée Bas Erbe der Alten : trad. française à Louvain, 190'J).

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