IlOrod., VI, IL'U
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oublier que, par doux fois, l'Attique avait été envahie, les oliviers coupés, et qu'Athènes, vidée de ses habitants, avait été pillée et incendiée ; six siècles après les guerres médiques, on y montrait encore à Pausanias des statues à demi consumées; et l'on voit encore aujourd'hui, sur le stylobate du Parthénon, les traces de l'incendie que les Perses allumèrent avec les bois des chantiers de construction. D'autre part, les guerres médiques ont révélé au monde grec, jusqu'ici persuadé de la supériorité militaire de Sparte, les ressources guerrières d'Athènes. Le fameux pas de charge de Marathon a inspiré à la Grèce entière un étonnement naïf qu'Hérodote a exprimé avec candeur. Mais cette infanterie vigoureuse avait encore un autre mérite, qui n'aurait rien eu de surprenant pour les Orientaux, habitués à ce genre d'opérations, mais qui était rare en Grèce ; elle savait faire de la guerre de siège et prendre d'assaut des fortifications : à Platées, les Spartiates furent arrêtés par les retranchements de Mardonios et durent attendre, avant d'entrer dans le camp, que les Athéniens vinssent s'emparer des travaux de défense élevés par le général perse. Enfin, sur mer, les batailles de Salamine et de Mycale affirmaient les mérites et la vitalité de la flotte d'Athènes, toujours victorieuse et toujours renaissante. Et cette supériorité se manifesta peut-être mieux encore dans les âpres luttes qui, à peine le danger médique écarté, ensanglantèrent la Grèce. On a dit avec raison i que le plus beau moment de l'histoire militaire d'Athènes est peut-être la période voisine de l'année 460 où cette ville tient tête à elle seule aux Eginètes révoltés, aux Spartiates qui veulent intervenir en Phocide, pendant qu'elle envoie des troupes dans toute la Méditerranée : une inscription de cette époque (459/8), émouvante en sa simplicité, commence par ces mots : « Voici ceux qui sont morts à la guerre à Chypre, en Egypte, en Phénicie, à Haliai, à Egine, à Mégare - ». Suivant 168 noms ; et la stèle funéraire ne se rapporte qu'à une seule des dix tribus !