PREFACE V
par Corcyre et par Tarente, par Syracuse, Agrigente et Sélinonte. Partant de la base solide ainsi acquise pour un nouvel essor, les Doriens dominent, parCyrène, le commerce de la Libye, les ioniens, par Marseille, celui delà Gaule. De cette apogée première de l'expansion hellénique au vf siècle la crise est proche où elle manquera périr. Pour acquérir ces positions respectives, pour les étendre et pour les défendre, les haines de race, aiguisées par la concurrence économique, vont faire leur désastreuse apparition dans le monde grec et compromettre l'œuvre dliellénisation, plus brillante jusqu'ici que solide.
Dès lors, Thellénisme se serait peut-être scindé en fractions irréconciliables, si, à l'Est comme à l'Ouest, Tassant d'un ennemi commun n'avait obligé les Grecs de toute race et de tout dialecte à se ressaisir pour une guerre de défense nationale dont notre cinquième chapitre retracera les caractères essentiels. Du fond de l'Iran au fond de la Libye et de l'Ibérie, à l'appel du roi de Perse, devenu maître de l'Orient, à l'appel simultané de Carthage, son alliée par les Phéniciens, qui a arrêté l'expansion grecque de la mer de Ligurie au golfe syrtique, les peuples s'ébranlent contre les Grecs, détestés comme le seront toujours les commerçants trop heureux. Dans une première phase, les Hellènes, divisés, laissent tomber leurs colonies de Ligurie et d'Ibérie sous les coups des Carthaginois ; ils laissent la Grèce d'Asie devenir une satrapie du grand roi. Il faut que la guerre soit portée en Sicile et en Grèce même pour que le monde grec se réveille enfin et renonce, pour un moment trop court, à ses luttes intestines. Dans un magnifique effort, en 480, à Salamine et à Minière,