‹ L'Hellénisme en FranceChapitre 125 sur 216 · DIVERS OUVRAGES D'ÉRUDITION · texte numérisé non relu

DIVERS OUVRAGES D'ÉRUDITION

toriens d'Alexandre le Grand , par M. de Sainte- Croix ( 1 775 et 1 804) ; que les Recherches de La Porte Du Theil sur les Parasites (1772); que celles du même auteur sur les Thesmophories, insérées au recueil de l'Académie des inscriptions. Au moment où s'arrête ce qu'on appelle l'Ancienne série, ce recueil nous montre la critique éclairant de mieux en mieux les oeuvres littéraires de la Grèce par l'étude des mœurs et des institutions grecques, recrutant des adeptes nombreux parmi les meilleurs esprits et les plus capables d'intéresser le public à leurs travaux. La Révolution allait les interrompre brusquement et congédier l'Académie comme « inutile » (1). Mais, dès que fut calmée la tourmente et qu'un peu de loisir fut rendu aux lettres, on voit, par la date même de plusieurs ouvrages cités plus haut et par celle de plusieurs autres qu'il me serait trop long d'énumérer (2), que les survivants de l'école académique se remirent vite à l'œuvre, soit dans la Compagnie tant bien que mal reconstituée, soit dans des associations librement formées, comme celle qui longtemps rédigea le Magasin encyclopédique sous la direction de Millin, Noël et Varens. Le titre seul des Soirées littéraires, recueil publié de 1795 à 1801 par l'abbé Coupé, caractérise assez bien ce réveil des études

(1) Voir E. de Rozière et E. Chatel, Table générale des Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, etc. (Paris, 1856, in-4°), Avertissement, p. xi.

(2) Par exemple, les travaux de Sainte-Croix, de Mongez, de Millin, etc., relient la science du dix-huitième siècle à celle du dix-neuvième.

savantes (1). Les Mélanges de littérature et de critique, par Chardon de la Rochette (2), le représentent mieux encore ; une érudition solide y soutient des jugements d'un goût délicat. V Anthologie grecque et la collection des romans grecs avaient surtout occupé l'habile helléniste ; mais sa curiosité s'étendait à toutes les matières d'érudition, et ses relations avec les principaux philologues ses contemporains le tenaient au courant de tous leurs travaux. C'est ainsi qu'il a des premiers ou recommandé ou fait connaître aux savants les publications du docteur Coray , qui remontent à 1796 et qui devaient ensuite se continuer rapidement pour l'honneur et le profit commun des Hellènes et des hellénistes (3). Il est à regretter que ces Mélanges, accueillis peut-être avec trop d'indifférence par le public, n'aient pas été

(1) On y trouve diverses traductions, médiocres pour la plupart, de poètes et de moralistes grecs. On trouve aussi la traduction de divers écrits de Lucien dans les Mélanges littéraires de l'abbé Morellet (Paris, 1818).

(2) Recueil formé en 1812 (3 vol. in-8°), mais avec des articles qui remontent à la fin du dix-huitième siècle ou au commencement du dix-newième.

(3) Yoir le touchant récit qu'il avait écrit de sa propre histoire (en grec) et qui fut publié, en 1833, à Paris, aux frais dé ses compatriotes ; la Notice de M. Dehèque dàns l'Encyclopédie des gens du Monde ; la Notice plus développée de M. de Siuner dans le Supplément à la Biographie universelle de Michaud. Les Lettres de Coray, dont deux recueils ont été publiés, l'un en 1838, l'autre en 1839, sont précieuses pour l'histoire littéraire; le volume de 1838 l'est particulièrement pour l'histoire de la révolution française, dont Coray fut un des témoins les plus éclairés et les plus véridiques.

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