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TRANSITION ENTRE DEUX SIÈCLES

rieux, et quelquefois éminents, ont, à travers les agitations des vingt dernières années de ce siècle, maintenu la tradition du savoir, et ont relié les écoles abolies aux écoles qui allaient renaître : c'est Clavier, le laborieux traducteur d'Apollodore et de Pausanias (I) ; c'est Visconti, qui unissait si heureusement la science des monuments avec celle des textes (2) ; c'est Boissonade (3) et son ami Bast (4), préludant à d'importants travaux de philologie grecque, qui, pour le second, hélas! furent bientôt interrompus par la mort ; c'est J.-F. Gail, cet infatigable grammairien, qui, pendant un demi-siècle, fatigua les presses de ses hâtives et imparfaites productions, qui aima et enseigna le grec toute sa vie, sans avoir jamais mérité le nom d'helléniste. Au nom de Gail se rattache un souvenir précieux pour nous, celui d'une Grammaire grecque publiée à l'usage des écoles

(1) Le premier, publié en 1805; le second, en 1814 et années suivantes, en partie après la mort du traducteur. Dès 1801, Clavier avait débuté par une réimpression utile, quoique peu correcte, du Plutarque d'Amyot.

(2) Né à Rome en 1751, mort à Paris en 1818, adopté par la France depuis 1798. Plusieurs de ses opuscules et sa célèbre Iconographie sont écrits en français.

(3) Les premières publications de cet helléniste remontent à 1798. Ce sont des articles insérés au Magasin encyclopédique et qui montrent une érudition précoce et variée. Voir les Notices de M. Le Bas (1857) et de M. Naudet(l857) sur J.-F. Boissonade. Le Rapport de Dacier nous apprend (p. 33) qu'il préparait alors « une traduction de Dion ».

(4) Dacier, Rapport, p. 33, 34. Bast, né Français, attaché alors à la légation de Hesse, préparait une édition d'Apollonius Dyscolc, que la mort l'empêcha de publier et dont l'honneur fut ainsi réservé à Immanuel Bekker.

centrales (1 ), en vue de seconder les premiers efforts des amis de l'antiquité qui renouent la chaîne des études classiques pour l'instruction de la jeunesse (2). Mais, quels que soient les mérites de cette génération de savants placée sur la limite des deux siècles, nous avons hâte de clore une série de mentions trop sommaires, pour nous arrêter enfin devant un ouvrage considérable et digne d'être spécialement examiné.

Le Voyage d'Ânacharsis, qui parut en 1789, représente à merveille l'état de la science française au moment où la Révolution allait brusquement interrompre ses travaux (3). On avait, depuis la Renaissance, accumulé bien des recherches sur les antiquités de la Grèce. Gronovius en avait formé, de 1697 à 1702, treize volumes in-folio, qui sont loin de tout comprendre. Divers recueils académiques, et au premier rang le recueil de l'Académie des belles-

(1) Ses premières publications remontent à 1780. Sa Nouvelle Grammaire grecque est de Tan VIII; elle fut réimprimée à l'usage des lycées en l'an XIII; puis, avec de plus amples développements, en 1818.

(2) En l'an III, le Programme général des cours des écoles normales dit simplement (« Art de la Parole », cours professé par Sicard), p. 29 : « Nécessité de refaire nous-mêmes cette grammaire, qui, dans les classes secondaires et autres, doit un jour servir de base à celle des langues anciennes, dont la connaissance, au moins pour le latinf est indispensable pour compléter un cours d'éducation. »

(3) L'étude qu'on va lire, sur Barthélémy et le Voyage d*Anacharsis , reproduit surtout la première leçon de mon cours 1854-1855. En 1868, le temps m'avait manqué pour développer cette partie de mon sujet.

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