‹ L'Hellénisme en FranceChapitre 144 sur 216 · M" DE STAËL JUÔE DU THÉÂTRE GREC · texte numérisé non relu

M" DE STAËL JUÔE DU THÉÂTRE GREC

que les Grecs se perfectionnassent dans la comédie. Les auteurs^ n'ayant aucun motif pour rien ménager, rien voiler, rien sous-entendre, la grâce et la finesse devaient nécessairement manquer à leur gaieté. » Que les femmes fussent exclues des représentations comiques, c'est, en effet, ce que tout me semble démontrer, au moins pour le siècle de Périclès (I) . Là comme ailleurs Mme de Staël affirme sans donner de preuves ; mais elle n'était pas mal informée. Sur d'autres points il serait trop facile de la prendre en défaut, par exemple sur ce qu'elle dit de la condition des femmes grecques, de l'idée que les Grecs se faisaient du bonheur, de l'amour, etc. Il ne faut pas demander à ces brillantes esquisses plus de précision qu'elles n'en comportent. Elles attirent, elles éclairent, elles font penser ; elles donnent le goût de la beauté antique, et cela en dehors des règles de l'école, en dehors des mesquines disputes où nos critiques du dix -septième et du dix-huitième siècle avaient dépensé tant de savoir et d'esprit. Il est fâcheux qu'elles aient, comme il semble, si peu contribué à la direction des esprits, lorsque se rouvrirent nos écoles publiques, et que le grec y reprit sa juste place. Le Cours de littérature de La Harpe, au con-

(1) C'est ce que je crois avoir montré, d'accord avec plusieurs historiens, dans une note à la suite de mon Essai sur l'histoire de la critique chez les Grecs (1S49). Mon ami, M. Édel. Du Méril {Histoire de la Comédie, période primitive, Paris, I8G4, p. 465 et suiv.) a combattu cette opinion avec un grand savoir; mais qu'il me soit permis de remarquer ici qu'il ne démontre sa thèse qu'en faisant valoir pour le siècle de Périclès des témoignages qui se rapportent à d'autres dates.

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traire y devint bientôt un livre classique. La régularité des divisions, la forme dogmatique des jugements, l'intérêt qui s'attache aux analyses littéraires, l'utilité pratique de ces exercices, tout donnait à La Harpe une sorte de prise sur l'attention publique. Son livre fut beaucoup lu, souvent réimprimé. A vrai dire pourtant, il clôt une période de la critique française ; B. Constant et Mme de Staël ouvrent pour elle l'ère du dix-neuvième siècle : ils annoncent Chateaubriand, dans la littérature militante, et, dans l'enseignement public, la mémorable rénovation des méthodes que caractérisent les noms illustres de M. Guizot, de M. Villemain et de Victor Cousin.

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