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TKXTES INÉDITS DES HISTORIENS

comme de beaucoup d'autres publiés au seizième siècle par Fulvius Ursinus (i) , et au dix-septième siècle par Valois (2), est une compilation, ordonnée jadis par l'empereur Constantin Porphyrogénète , et dont quelques chapitres, aujourd'hui disperses dans les bibliothèques de l'Europe, nous ont successivement rendu beaucoup d'extraits d'histoire ancienne. Les abréviateurs ont souvent causé bien du tort aux lettres, en faisant oublier ou négliger de grands ouvrages une fois réduits à un petit volume. Les compilateurs et les faiseurs d'extraits ont le même défaut ; mais, en revanche, ils ont un mérite, c'est qu'ils sauvent, en partie du moins, quelques-uns des gros livres qui ne trouvaient plus de copistes au moyen âge, parce qu'ils ne trouvaient plus d'acheteurs. La compilation de Constantin a eu ce mérite , et, tout récemment encore, on y a retrouvé, dans un chapitre que contenait un manuscrit de la Bibliothèque de l'Escurial, le récit par Nicolas de Damas, c'est-à-dire par un contemporain, de la conspiration qui mit lin aux jours de Jules César (3). Ainsi, parfois, les plus grands événements de l'histoire reçoivent un jour imprévu par la publication de témoignages qui en complètent et en ravivent pour nous le souvenir.

Durant cette période si féconde en heureuses découvertes, l'exploration de notre Bibliothèque nationale n'a

(1) Excerpta de Legationibus% etc. (Antuerpiae, 1582).

(2) Paris, 1634 et 1G48. Ces divers extraits ont passé depuis dans les éditions respectives des auteurs auxquels ils sont empruntés.

(3) La meilleure édition de ce morceau a pour titre : Nicolas de Damas, Vie de César. Fragment récemment découvert et publié pour la première fois eu 1849, nouvelle édition par N. Piccolos, accompagnée d'uue traduction française par Aflfred] D[idot] (Paris, 1850. Voir le Journal général de l'Instruction publique , vol. XIX, n. 92).

pas été non plus stérile ; c'est de là que sont sortis, en i8i3 et 1816, trois traités d'Apollonius Dyscole, qui ont permis aux philologues d'apprécier mieux dans leur ensemble les théories de ce savant grammairien (1). Or le deuxième siècle de notre ère, où il a vécu, marque vraiment l'apogée des études grammaticales chez les anciens. L'œuvre d'Apollonius a été développée par son fils Hérodien, abrégée et commentée par leurs successeurs ; Priscien en a extrait la substance pour la répandre sous forme latine à travers les écoles de l'Occident. Mais ces derniers travaux n'ont presque rien ajouté ou changé aux solides principes sur lesquels reposait, dès le temps des Antonins, la philosophie du langage. Les modernes euxmêmes, il faut bien le dire, sont restés longtemps fidèles à l'esprit de ces vieilles doctrines (a), qui n'ont été vraiment renouvelées que sous nos yeux par la science comparative des langues et grâce à l'impulsion que cette science elle-même reçut de la découverte des anciens idiomes de l'Inde et de la Perse. Apollonius a donc un rôle de premier ordre dans l'histoire de la grammaire, et l'on peut dire que , soit par leur propre valeur , soit en ramenant l'attention sur des écrits d'Apollonius antérieurement connus, mais un peu oubliés , les trois traités sur

(1) A. D. de Pronomine liber primum éditas ab Imm. Bekkero {Ex Museo antiquitatis studiorum seorsum expressus , Berolini , 1813» in-8°) ; — Jmm. Bekkeri Anecdota grxca , vol. II : Apollonii Alexandrini de Conjunctionibus et de Adverbïis lilri, etc. (Berolini, 1813). 11 en faut rapprocher l'importante édition donnée par le même philologue de la Syntaxe d'Apollonius (Berlin, 1817).

(2) Voir surtout V Hermès de l'Anglais Harris, traduit en français par Thurot, en 1790, et le Mémoire de Lévesque (1802) sur la Formation du langage considérée dans les plus simples éléments de la langue grecque (Mémoires de l'Institut national, Sciences morales et politiques, t. V).

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