LITTÉRATURE ALEXANDRINE ET BYZANTINE
aident à comprendre ce que fut, sous sa dernière forme et dans ses derniers efforts , la science des héritiers de Plotin. Notre Cabinet des manuscrits grecs aura fourni une grande part des textes nouveaux livrés par ces laborieux érudits aux discussions de la critique.
C'est du même dépôt que sont sortis encore, par les soins d'un helléniste allemand que la France et l'Institut ont de bonne heure adopte, je veux dire de M. Hase, l'Histoire de Léon le Diacre, chroniqueur byzantin, qu'ont suivie, à de longs intervalles, d'autres publications du même genre (i), et le traité beaucoup plus ancien de Laurent Lydus sur les Magistratures romaines, ouvrage unique en son genre et plein de faits puisés aux meilleures sources (2). C'est aussi en exploitant notre dépôt national des manuscrits grecs que Boissonade a formé des volumes entiers d'Anecdota qui appartiennent aux dix siècles de la décadence grecque, et qu'il a comblé mainte
bl'totheca script, class., p. 306, et dans V Avertissement du Recueil publié par M. V. Cousin des Opéra inedita de Proclus (Paris, 1861, in-4°).
(1) Leonis Diaconi Cal oc mis historia scriptoresque alii ad res Bjrzantinas pertinentes (Paris, 1819, in-fol.)t édition devenue d'une extrême rareté, mais qui, heureusement, a été reproduite en un volume in-8° dans la Collection des historiens byzantins, à Bonn, en 1828. On peut signaler parmi les textes historiques dont s'est enriehic la Collection byzantine en ces dernières années : 1° l'ouvrage de Michel Attaliote, publié en 1853, par M. Brunet de Presle; 2° les derniers livres de Nicéphore Grégoras, publiés en 1855, par J. Bekker; 3° la Chronique du moine George dit Hamartole, publiée en 1859, à Saint-Pétersbourg, par E. de Murait.
(2) La première édition fut donnée en 1812, à Paris, par J.-D. Fuss, avec une préface de M. Hase. Celui-ci publiait, douze ans plus tard, le volume qui est resté son chef-d'œuvre : L. Lydi de Ostentis quse supersunt, una cum fragmento ejitsdem Lydi de mensibusy etc. (Paris, Impr. roy., 1824, g. in-84»). — Tous ces textes sont réunis en un volume dans la Collection byzantine de Bonn (1837).
lacune de l'histoire littéraire (i). Je pourrais signaler, d'après ces publications, bien des écrivains et même des écoles où persiste, avec de piquantes variétés de savoir et de goût, la tradition de l'atticisme (2). En dehors même de l'atticisme artificiellement perpétué chez les rhéteurs ou dans les palais des princes, Byzance a toute une école de versificateurs abondants et médiocres qui reflètent fidèlement les misères et le faux éclat de son génie en décadence (3). D'ailleurs, il arrive quelquefois que des rapprochements imprévus augmentent beaucoup l'intérêt qui s'attache à tel médiocre ouvrage publié dans les Anecdota de nos hellénistes. Peu de personnes assurément lisent, dans le recueil de M. Boissonade, le roman grec de Barlaam et Josaphat. Mais s'il est vrai, comme tout récemment on a essayé de le démontrer, que ce
(1) Anecdota grœca e codïcxbus regiis (Paris, 1829-1833), 5 vol. gr. in-8°; Anecdota nova (Paris, 1844), 1 vol. in-8«\ Je ne parle pas des ouvrages publiés séparément par le même érudit et dont on trouvera l'indication dans les notices publiées sur sa vie et ses écrits par M. Ph. Le Bas, en 1857, et par M. Naudet, au nom de l'Académie des belles-lettres, en 1858. On lira aussi une bonne bibliographie des Anecdota greeca de divers hellénistes dans la Bibliotheca scriptorum classicorum d'Engelmann.
(2) Je ne puis que signaler en passant la Correspondance de Nicéphorus Chumnus, publiée par M. Boissonade dans ses Anecdota; en remontant plus haut, celle de Jean Tzetzès, publiée par Pressel (Tubingue, 1851, in-8°); celle de Psellus avec le César Ducas et avec un certain Eustathe, publiées, la première par M. Boissonade (Pselli Opuscula, Paris, 1838); la seconde, par M. Tafel (deuxième Appendice à sa dissertation sur Thessalonique, 1839, in-8°); enfin les Lettres de Photius, depuis longtemps connues, mais dont une splendide édition vient d'être donnée par M. Jean Valetta (Londres, 1864, in-4").
(3) Voir surtout : Manuelis Pltilse Carmina ex codd. Escurialensibtis, F l or en tir us, Parisinis et Vaticanis nunc primum edidit E. Miller (Paris, 1855-1857, 2 vol. in-8*).