DEUXIEME APPENDICE
dr l'état des études de langue et de littérature grecques en france, dans les trente dernières an- NÉES (l).
Considérations générales.
C'est un fréquent sujet de plaintes, en France, que le prétendu affaiblissement des études de littérature ancienne, et particulièrement de littérature grecque. Le
(1) Publié dans la Collection des Rapports que M. Duruy, ministre de l'instruction publique, demanda, en 1866, à divers savants sur les derniers progrès et sur l'état actuel des sciences et des lettres. En réimprimant ici ce morceau, nous y avons fait quelques additions nécessaires pour le mettre au courant des publications nouvelles, et aussi quelques suppressions pour ne pas répéter certains renseignements déjà consignés dans le premier Appendice. Dans la longue énumération qu'on va lire figurent bien des ouvrages dont il me suffisait de nommer les auteurs. Quant à mes propres livres, je me suis borné, d'ordinaire, à les mentionner en leur lieu, sauf le cas où l'intérêt général de la science m'autorisait à exprimer avec franchise des opinions et des jugements qui louchent à mes travaux personnels. J'ai cru aussi qu'il était équitable d'accorder au moins une mention à beaucoup de publications modestes, qui, sans marquer un notable progrès de l'érudition , contribueut néanmoins à faciliter les études de littérature ancienne, comme à en répandre le goût dans notre pays.
442 L'HELLÉNISME EN FRANCE. — 2e APPENDICE.
présent exposé fera voir peut-être que, loin de s'affaiblir, l'étude du grec, qui, au dix-huitième siècle, avait presque disparu de l'enseignement universitaire f i) et n'était guère représentée que dans nos Académies, a fait, au contraire, de notables progrès parmi nous depuis cinquante ans.
Plusieurs faits généraux attestent, avant tout, ce progrès :
i° L'augmentation du nombre des chaires publiques attribuées à l'enseignement des lettres grecques, l'extension et la variété croissante des programmes suivis par les maîtres, l'assiduité eflicace d'un nombre relativement considérable d'auditeurs.
2° L'élévation moyenne de niveau constatée, à cet égard, malgré quelques alternatives, dans les épreuves de la licence ès lettres et dans celles de l'agrégation.
3° Le grand nombre de thèses soutenues pour le doctorat, sur des matières d'histoire, de géographie, de philosophie, de littérature et aussi de grammaire grecques. Cela est surtout sensible depuis i8',o, époque où un règlement nouveau a élargi le cadre de cette épreuve universitaire, en accordant formellement aux candidats une liberté dont ils ne jouissaient qu'à titre de tolérance pour le choix des sujets de leurs thèses. De i8',o à i8(nj> sur environ deux cent cinquante candidats reçus, cent quarante ont traité, dans une de leurs deux thèses ou même dans toutes les deux, des matières d'antiquité grecque. Beaucoup de ces thèses offrent un intérêt sérieux à la critique; quelques-unes sont de véritables ouvrages et ont obtenu, après l'épreuve officielle, d'honorables succès soit devant le public, soit devant l'Académie fran-
(1) Voir plus haut, p. 29G, u. 2, 300. Cf. Talleyrand, Rapport sur rinsiruction publique (Paris, 1791, in«4°), p. 131, 132, où le latin est la seule des deux langues classiques que l'on maintienne sur le programme de l'instruction secondaire.