‹ L'Hellénisme en FranceChapitre 185 sur 216 · LE DOCTORAT ES LETTRES · texte numérisé non relu

LE DOCTORAT ES LETTRES

caise, qui, grâce à l'heureuse libéralité dos fondations Montyon, peut, chaque année, récompenser par dos prix tout ouvrage écrit sur un sujet relatif à quelqu'une des sciences morales, pourvu qu'il unisse le mérite du Loti langage à celui de la doctrine.

On ne saurait énumérer ici toutes ces thèses. F ne bibliographie spéciale eu a été dressée, en 1 8 î» > , par M. A. Mouricr, et complétée, en i8(>tj, par l'auteur, avec le concours de M. F. Dcltour (i) ; elle aidera, du moins pour la période où elle se renferme, à compléter l'esquisse que nous traçons, et dans laquelle d'ailleurs les thèses les plus importantes seront citées selon l'ordre de* matières. On remarquera que plusieurs ont pour auteurs des gens du monde ou de futurs jurisconsultes, qui ne cherchaient dans les épreuves du doctorat qu'une occasion d'exercer leur esprit à des études difficiles et méritoires. Deux fois même de laborieux candidats se sont gratuitement imposé la tâche d'écrire en grec la thèse que le règlement leur demande d'écrire en latin. La thèse grecque de M. Mervoyersur Apollonius de Tyane (i 80',) n'a pas paru moins estimable pour l'élégance et la correction du style que pour les qualités de l'érudition.

L'honneur du progrès que nous signalons revient, po:ir une large part, à M. Victor Le Clerc, doyen de la Faculté des lettres de Paris de i H 5 i à i80j, qui, durant ce long décanat , a constamment donné au doctorat ès lettres l'impulsion la plus \i\e et la plus féconde. Helléniste luimême autant que latiniste, au commencement de sa carrière, il savait mieux que personne diriger les jeunes esprits vers les parties inexplorées de la littérature grecque. De Paris, ses exemples et ses conseils ont étendu leurjuste et utile influence jusque dans les Facultés de pro-

(I) Chez Delalain, un vol. in-8*.

vince, et ont ainsi accru partout l'importance du doctorat.

II faut aussi noter la part d'action utile exercée par les maîtres de l'Ecole normale supérieure et par les jeunes professeurs qui en sortent chaque année pour répandre dans toute la France les traditions de ce riche enseignement.

Les Facultés de théologie, que nous n'avons pas à juger ici pour leurs travaux dogmatiques, méritent du moins d'être signalées pour leur zèle à seconder les études d'antiquité ecclésiastique, spécialement en ce qui concerne les Pères de l'Eglise grecque. C'est ainsi que dans la liste des thèses de la Faculté de Paris, imprimée en 1864, à l'occasion de l'ouverture des cours, on relève celles de l'abbé Cruice (i855) sur les Philosophumena d'Origène; de l'abbé Lagrange (i856) sur la Controverse entre Celse et Origine ; de l'abbé Jallabert (i858) sur le Pasteur d'Hermas, etc.

D 'ailleurs, plusieurs sujets du même genre ont été .traités soit par des laïques, soit par des ecclésiastiques, en vue du doctorat ès lettres : les écrits du faux Denys l'Aréopagite, par M. Montet (1848); la prétendue Correspondance de Sénèquc et de saint Paul, par M. Aubertin(i8j>7) ; Saint Justin par M. Aubé, et Saint Basile ^at M. Fialon (1861); Synésius, par M. Druon (1859); Y Influence des Pères de l'Église sur V éducation chrétienne au quatrième siècle, par l'abbé Lalanne (18 ji) ; les Philosophumena, par l'abbé Jallabert ( 1 853) ; Philon le Juif et V École juive d'Alexandrie, par l'abbé Biet (1854), etc.

4° Une création récente a surtout développé cette ambition, un peu neuve dans le clergé français, pour nos grades universitaires : nous parlons de l'École des hautes études ecclésiastiques établie, en i8',G, par M»' Affre, archevêque de Paris, dans l'ancienne maison des Carmes,

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