‹ L'Hellénisme en FranceChapitre 196 sur 216 · ÉDITIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

ÉDITIONS DIVERSES

maux, une récension qui atteste à la fois l'expérience du médecin et celle du philologue; en i865, la veille même de sa mort, il achevait une élégante récension de la Pastorale de Longus.

Plus complet encore est le travail de M. C. Alexandre sur les Oracles sibj llins (i 841-1 856). Collection de tous ces textes, revus et corrigés d'après les variantes des manuscrits ou par d'heureuses conjectures, traduction en vers d'une latinité exacte et élégante, dissertations où l'histoire des Sibylles et de leurs oracles est discutée à fond : tout fait de ces deux volumes un modèle d'érudition et de bonne critique (1). Les Études de M. Th. -H. Martin sur le Timce de Platon (i8',i) renferment, avec le texte et la traduction de ce célèbre dialogue, un ensemble de recherches approfondies sur toutes les questions qu'il soulève : l'auteur a jeté là les bases d'un livre important, dont il a, depuis, rédigé et publié plusieurs parties, et qui sera l'Histoire des sciences physiques dans i antiquité .

L'édition, grecque- française, avec commentaire, des Caractères de Théophraste, par M. Stié venait (1842) , appartient à la même classe d"estimables travaux. ISous pouvons citer aussi avec honneur la nouvelle récension (1858-1867) des tragédies d'Eschyle, par M. H. Weil, savant d'origine allemande, depuis longtemps adopté par la France, où il enseigne les lettres anciennes dans une chaire de faculté. 11 est seulement regrettable que cette œuvre de critique pénétrante ét de bon goût n'ait pas trouvé d'éditeur dans notre pays, et que l'habile philologue ait dù la faire imprimer en Allemagne. Heureuse-

(1) M. Alexandre vient de réimprimer, avec de scrupuleuses corrections, le texte, la traduction latine et les notes des Oracula sifnlïuta.

ment, voici que M. Weil vient d'obtenir le concours d'une librairie française, celle de MM. Hachette et O, pour sa nouvelle édition de sept tragédies d'Euripide. La même librairie, par un choix judicieux, a confié à M. Tournier, docteur ès lettres, le soin de publier les tragédies de Sophocle. Ces livres offrent aux connaisseurs les qualités d'une saine philologie unies à la beauté de l'exécution typographique. La collection ainsi inaugurée s'est augmentée récemment d'un premier volume de 17liade, d'après la récension d'Aristarque, avec introduction et commentaire, par M. Alexis Pierron.

C'est aussi sur la collation des manuscrits, et de manuscrits dont plusieurs n'avaient pas encore été consultés, que se fonde l'édition nouvelle de Dion Cassius, avec notes et traduction française , par E. Gros, qui, antérieurement, avait traduit, pour la première fois, en français, les Mémoires de critique de Denys d'Halicarnasse. Incertaine d'abord dans ses procédés, la science de M. Gros s'affermissait de volume en volume (i8{5-i85 j), quand la mort a interrompu l'auteur au commencement du volume Ve. La continuation de l'ouvrage a été confiée à M. Val. Boissée, qui l'a déjà conduite heureusement jusqu'au IXe ( 1 867) et qui promet de l'achever avec le dixième volume (1).

On ne nous accusera peut-être pas d'annexion indiscrète, si nous rattachons à ces divers travaux les Études critiques sur le Traité du sublime et sur les écrits de Longin (18S4), par M. Vaucher, de Genève. Ce volume renferme assurément le recueil le plus complet des textes

(I) Le Sophocle de M. Tournier a obtenu, en 1868, le prix foudé par Y Association pour l'encouragement des éludes grecques en France; les cinq volumes de Dion Cassius publics par M. Boissée ont obtenu la mention honorable.

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