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LA PHILOLOGIE GRECQUE EN SUISSE. 4G

publiés sous le nom du célèbre rhéteur Longin ; le paradoxe même que soutient M. Vaucher, en proposant, suides raisons spécieuses, d'attribuer à Plutarque le Traité du sublime, contribuerait à donner au livre du philologue genevois une physionomie toute française, si son langage ne sentait un peu ce que l'on appelait autrefois le style réfugié.

Ayant passé la frontière pour signaler, en Suisse, les travaux d'un helléniste ami de la France, dont il a toujours parlé la langue, nous ne rentrerons pas dans notre pays sans signaler encore, parmi les publications génevoises : i°le Lexicon Thutydideum de M. Bétant (i8',3- 1847), produit d'une exacte analyse du texte de Thucydide, qui donne une autorité particulière à la traduction française et publiée en France de cet historien par le même auteur (Collection Hachette, 186'i); 20 les Scholies inédites sur Théocrite, publiées par M. Adert (18', i) ; 3° les Études sur les Perses d Eschyle y par M. Ch. Prince (1868).

Quelques publications spécialement destinées à l'usage des classes ont pris un rang distingué dans l'estime des savants. Tel est le recueil des harangues d'Hérodote et de Thucydide (1819-18^8), par feu Longueville, auquel on ne peut guère reprocher que l'excès même de qualités excellentes, je veux dire des discussions trop prolixes et trop scrupuleuses, d'où l'auteur ne dégage pas assez nettement la solution des nombreuses difficultés que lui présente le texte grec. C'est aussi le défaut d'une savante édition des deux harangues de Démosthènc et d'Eschinc Sur la Couronne, par M. Landois (i8',3-i8î ',). Mais en ce genre d'éditions nous devons nous borner à des indications très-sommaires. En effet, il y a, depuis i83o ou environ, beaucoup d'émulation entre les libraires éditeurs de livres classiques pour renouveler le fonds des

ouvrages mis au service des professeurs et des élèves. La plus ancienne librairie classique de Paris, celle des Delalain, héritière des Barbou, tout encombrée qu'elle était d'impressions surannées, a senti ce besoin de rénovation et essayé d'y satisfaire. C'est elle, par exemple, qui a publié le travail de Longucville sur les harangues d'Hérodote et de Thucydide, puis le Conciones grec, mieux approprié aux écoliers, par M. Pillon. Elle a maintenant son édition de Pindare, son Choix des Pères grecs , des tragiques grecs, des comédies d'Aristophane, brièvement et utilement annotées par des professeurs de nos établissements universitaires. Mêmes efforts, souvent heureux, chez le libraire Belin pour soutenir une concurrence chaque jour plus difficile; chez le libraire A. Durand, pour contribuer par d'utiles publications à l'avancement des lettres classiques. Entre autres éditions, la librairie Hachette a publié plusieurs tragédies de Sophocle, revues et annotées par de Sinner ; les odes de Pindare, avec traduction et notes de Sommer; un choix de morceaux des Pères grecs par de Sinner ; plusieurs pièces d'Euripide annotées par MM. Fix, Le Bas et Régnier ; les Nuées d'Aristophane, par de Sinner; Y Iliade annotée par M. Quicherat, et Y Odyssée par Sommer, etc. Chez MM. Dezobry et Magdeleine ont été publiées : les éditions des Mémoires de Xénophon sur Socrate, par M. Th. -H. Martin ; de cinq tragédies de Sophocle, par M. Ad. Berger ; de plusieurs biographies de Plutarque, par MM. GaJuski, Grégoire, Legentil; chez M. Lecoffrc Y Iliade, Y Odyssée, YAnabase de Xénophon, les Philippiques de Démosthène, ainsi que le choix classique des Dialogues de Lucien, par Dubner. Cette dernière publication a été même accompagnée d'une polémique que nous ne pouvons analyser ici, mais d'où ressort pour nos professeurs une leçon importante, c'est que les textes les plus élémentaires

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