III. — Traductions
Dans ce qui précède on a eu déjà l'occasion de citer plusieurs traductions fort estimables. II en reste bien d'autres à mentionner, même sans tenir compte des nombreux travaux en ce genre que la librairie suscite souvent avec plus d'ardeur que de prudence, tantôt par esprit de concurrence purement commerciale, tantôt par simple oubli des conditions que doit remplir un bon traducteur.
Les traductions les plus méritoires sont assurément celles qui font passer pour la première fois en français quelque ouvrage considérable, et cela surtout quand le texte grec est publié en regard de la traduction. Tel est le haut mérite que l'on s'accorde à reconnaître dans l'Hippocrate grec-français de M. Littré (18^9 et années suivantes), qui a de beaucoup surpassé toutes les éditions antérieures et les traductions partielles du grand recueil hippocratique. Nous y rattacherons les œuvres choisies d'Hippocrate et de Galien (i85'f-i8j6) par M. Ch. Daremberg, disciple de M. Littré; la Chirurgie de Pauld'Egine, par le docteur R. Briau (i856), et nous n'en sépa-
rerons pas une monographie de M. Daremberg sur la médecine et sur la chirurgie homériques (i865), car ce mémoire a pour objet de guider les traducteurs d'Homère dans la traduction de tous les termes de la langue homérique qui se rapportent à ces deux sciences.
La traduction complète, souvent éloquente, mais inégalement originale, de Platon, par Victor Cousin, attendait une réimpression que préparait l'habile écrivain, lorsqu'elle a provoqué le zèle d'un concurrent estimable : un jeune professeur, M. A. Saisset, avec le concours de M. Chauvet, nous a donné Platon en français sous un format commode (i 86 i-i 863, 6 vol. in- 12), et qui répond mieux aux besoins du plus grand nombre de lecteurs.
L'immense labeur d'une traduction des œuvres d'Aristote, commencé, il y a trente ans, par M. Barthélémy Saint-Hilaire, est encore loin de sa fin ; mais quinze volumes déjà publiés, quelques-uns avec le texte grec, sont le gage d'une volonté qui ne pliera pas sous le poids de ses promesses; la réimpression de plusieurs volumes prouve que le public les a reçus avec faveur et que le nom d'Aristote n'a rien perdu de sa légitime autorité parmi les esprits sérieux.
A côté du travail de M. Barthélémy Saint-Hilaire ont paru: la Métaphysique d'Aristote, traduite intégralement, pour la première fois, par MM. Pierron etZévort (1841); puis une traduction nouvelle de la Poétique (i8',y), par M. Egger, autour de laquelle le traducteur a réuni, avec des notes, quelques dissertations d'histoire littéraire et un Essai sur l'histoire de la critique chez les Grecs; la traduction de la Rhétorique par M. Bonafous (i856), bien supérieure à celles de Cassandre, de M. Gros et de M. Mynas.
Un ancien professeur de philosophie dans nos lycées, M. Bouillet, connu par d'autres travaux, a honoré la fin