TRADUCTIONS DIVERSES EN PROSE
de sa carrière en traduisant les Ennèades de Plotin (3 vol. in-8°, 1857-1861), et en les éclairant, autant qu'il est possible, par un ample et judicieux commentaire.
Les épreuves du doctorat ès lettres ont suscité aussi quelques versions d'auteurs grecs qui n'avaient pas encore passé dans notre langue. Ainsi M. Caffiaux était amené, par ses recherches sur l'oraison funèbre (1861;, à traduire un ouvrage du sophiste Choricius ; M. Petit, par ses recherches sur Libanius, à traduire l'autobiographie de cet auteur; M. E. Monnier, par des études historiques sur le même sujet, à préparer un volume de discours choisis de ce célèbre sophiste, texte grec soigneusement revu, avec une traduction en regard.
Parmi les ouvrages en vers, l'anthologie, recueil d'environ cinq mille petites pièces de toute date et de tout caractère, n'avait pas encore été traduite, dans son ensemble, en français. M. Herbert avait seul tenté naguère (18 ',2) cette œuvre laborieuse, sans pouvoir la mener à bonne Un ; il n'y a peut-être pas renoncé, mais il est devancé maintenant, auprès du public, par M. Dehèque, qui vient de nous donner (1 863), en deux volumes, la traduction française (et quelquefois, quand le français se refuse à reproduire les impuretés de l'original, une traduction latine) de toutes les pièces dont se compose cet intéressant recueil. M. Dehèque y avait en quelque sorte préludé par une version, également en prose, avec commentaire, de X Alexandra de Lycophron (i853), de ce long poëme énigmatique, où sont ù dessein réunies par l'auteur toutes les difficultés qui pouvaient mettre à la torture ses futurs interprètes. Un autre poëte, Monnus, l'auteur des Dionysiaques , en 48 chants, a tenté Je courage de M. de Marcel lus, qui l'a mis tout entier en notre langue et l'a publié, avec le texte en regard, dans la Bibliothèque Firmin-Didot (i856).
Les historiens grecs de l'empire byzantin et les Pères de l'Eglise grecque ne sont guère connus, dans leur ensemble, par des versions dignes de confiance. Il y a là beaucoup à faire pour le zèle qui saura se dévouer. L'exemple du moins est donné dans la traduction de Procope que nous devons à M. Isambert (i85G) ; dans celle de la Préparation évangélique d'Eusèbe, par M. Séguier de Saint-Brisson (1846) ; dans celle du traité de Némésius sur la Nature de l'homme, par M. Thibault (184',). On estime aussi la traduction des Évangiles apocryphes, par M. G. Brunet (1849).
Beaucoup d'autres versions en prose des auteurs grecs pourraient être rappelées ici, parmi lesquelles nous signalerons seulement : celle de Pindare, par M. Boissonadc, qui vient d'être publiée d'après le manuscrit inédit du célèbre helléniste, par son fils, M. G. Boissonade et par M. Egger (Grenoble et Paris, 1867); celles d'Aristophane et d'Euripide, par M. Artaud, plusieurs fois améliorées dans des réimpressions qui en attestent la popularité ; la traduction d'Aristopbane par M. Poyard, qui s'inspire plus heureusement que celle de M. Artaud du génie du comique athénien. Celles d'Homère par M. Giguet et par M. Pessonneaux, la dernière surtout, témoignent d'un effort honorable pour reproduire en français la couleur du style particulier à la vieille épopée grecque, sans tomber dans l'abus d'exactitude presque matérielle dont ne se défend pas M. Leconte de Lis]e, auteur de la plus récente traduction de Y Iliade (186G) et de l'Odyssée (18GS). Le même éloge s'applique à la traduction d'Hérodote par M. Giguet et aux Récits extraits d'Hérodote par M. Bouchot (1860). La traduction de Polybe par M. Bouchot, publiée en 1847, était la première complète de cet auteur; elle devra s'accroître de plusieurs pages récemment retrouvées du texte original et qui ont pris